Vous ne le savez surement pas tant sa promo frôle le zéro absolu mais le nouveau film du réalisateur des Autres, Alejandro Amenábar, avec Emma Watson dans le rôle principal est sorti ce mercredi en France.

On pourrait se dire qu’il est loupé, et que ça justifie la discrète sortie. Ce serait oublier un nombre incroyable de mauvais films pour lesquels nous sommes assommés de promo (coucou Le Dernier Chasseur de Sorcières). On pourrait …

 

LA CRITIQUE

Six ans après la grande fresque Agora pour laquelle il est reparti avec sept Goyas, le réalisateur espagnol Alejandro Amenábar revient avec un thriller tourné aux Etats Unis, plus proche de ce qu’il faisait à l’époque des Autres ou de Mar Adentro que du film se déroulant en Egypte. Six longues années. Mais le metteur en scène n’a rien perdu de son talent de conteur, même si ce nouveau film n’est pas sans défauts.

Le film s’ouvre cash sur l’arrestation d’un père qui aurait abusé sexuellement de sa fille au coeur du Minnesota dans les années 90. Elle a écrit une lettre à la police et est partie se réfugier dans une église. Mais le père ne se souvient pas l’avoir fait. Un policier aidé d’un psy vont donc chercher à lui faire retrouver la mémoire en utilisant l’hypnose régressive. Et ils vont plonger dans l’univers du culte sataniste et de messes noires.

Cette ouverture si rapide a un défaut : celle de nous empêcher d’avoir de l’empathie pour une victime, admirablement portée par Emma Watson, qui n’apparait que tard à l’écran, l’histoire se focalisant d’abord sur l’enquête et les faits. Difficile donc d’accorder une crédibilité à ce qui se déroule à l’écran, puisque le flic aussi bien incarné qu’il soit par Ethan Hawke, n’a pas grand chose de plus à apporter. Néanmoins l’évolution de ce thriller policier se suit sans déplaisir jusqu’au moment où les deux principaux protagonistes vont se rapprocher. Là, enfin, on aura d’avantage envie de savoir ce qui se passe.

A travers cette histoire, Amenábar -qui fait un boulot formel réussi- évoque deux choses : des évènements qui se sont déroulés pour de vrais dans les années 90 aux Etats Unis et une méthode -depuis discréditée pour différentes raisons- d’hypnose dite régressive qui est censée vous permettre de vous remémorer des souvenirs passés qu’on évoque pour vous. On en dira pas d’avantage pour ne pas déflorer une intrigue qui se veut à rebondissements.
Le résultat donne quand même quelque chose de cousu de fil blanc mais qui n’est pas un mauvais film pour autant. On se doute juste de certains éléments se voulant préservés, le reste se suivant avec plaisir comme on le ferait devant un bon petit thriller du dimanche soir.

Le plus intéressant, en fait, vient de l’utilisation de l’image que fait Amenábar. Une fois que vous aurez vu le film, peut-être aurez-vous envie d’en voir d’avantage pour vous repasser certaines scènes. Dans Shutter Island, Martin Scorsese glissait des éléments du twist final sans son montage. Dans Régression, le réalisateur tente une approche plus ou moins similaire (pour éviter de spoiler le film, la comparaison est volontairement bancale) glissant dans ses images -qui ne font que montrer la vérité- des petits éléments destinés à nous mettre la puce à l’oreille. Pas forcément de faux raccords ou d’objets changeant de place d’un plan à l’autre comme c’était le cas dans le film avec Leonardo di Caprio mais vous avez saisi l’idée…

Au final, Régression est un film imparfait, évoquant un sujet intéressant mais qui a du mal à intéresser de prime abord mais qui en cache quand même plus sous le capot que ce qu’on peut croire. A voir néanmoins pour deux acteurs impeccables, dont Emma Watson qui change un peu de registre, et une ambiance à tendance satanique particulièrement réussie.

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