Trois ans après le très moyen Red, Bruce Willis et sa bande de retraités reviennent sur grand écran.

Toujours accompagné de John Malkovich, Helen Mirren et Mary-Louise Parker, il est rejoint par Catherine Zeta-Jones et Anthony Hopkins. Au commande, Dean Parisot, réalisateur du film Galaxy Quest.

Si on n’évoquera même plus ici l’adaptation du comics tant le premier était déjà à des années lumières de l’oeuvre de Warren Ellis et Cully Hammer, on ose quand même espérer, sans trop y croire, que la suite relève un tant soit peu le niveau du premier film.

Jean-Victor l’a-t-il subi ou apprécié ?

 

Il y a des suites comme ça dont on se serait bien passé. 3 ans après le fadasse Red, les retraités de la gâchette n’ont toujours pas passé l’arme à gauche et semblent loin de vouloir le faire : une mise en garde d’un vieux pote et hop, toute la bande rempile dans une aventure qui se veut une fois de plus aussi explosive que fun, combinant humour, évasion et action avec un soupçon de romantisme. Le premier film était assez gênant dans son manque d’implication total vis-à-vis de son sujet (tout le monde semblait s’en foutre royalement) et à part quelques nouveaux venus, est-ce que cette suite réalisée par Dean Parisot (Galaxy Quest, c’était lui) saura montrer un peu plus d’intérêt dedans comme dehors ?

RED 2

L’avantage avec l’univers de Red, c’est qu’il n’y a pas besoin de grand-chose pour justifier un film. L’exposition de ce second opus voit Bruce Willis & Mary Louise-Parker en pleine session shopping du dimanche, soudain compromise par l’arrivée du personnage de Malkovich qui leur annonce qu’une vieille affaire va refaire surface pour justifier les 2 heures de film qui vont suivre. Comme on a des retraités à la carrière visiblement riche et mouvementée par le passé, il suffit de sortir de vieux dossiers de son chapeau de magicien et paf, ça fait un nouveau film ! Outre le prétexte facile mais qui tient debout (on est qu’au deuxième épisode alors pourquoi pas après tout ?), cette intro montre surtout qu’on va une nouvelle fois être devant une œuvre à la fabrication pour le moins jem’enfoutiste : cette séquence d’intro compte des faux raccords assez dingues, gros comme un cadis blindé à ras que les protagonistes ne trainent plus en sortant de leurs courses sur le parking.
Bon, après tout c’est des vieux, ils ont sûrement demandé à se faire livrer à domicile…

RED 2

Cette image de livraison colle bien au film qui s’impose comme un bon gros plateau tout compris pour ménagères et spectateurs en manque de sensations fortes.
Véritable film carte postale, Red 2 tord son intrigue dans tous les sens sans qu’on ait vraiment le temps ni l’envie de comprendre pourquoi, afin d’emmener ses personnages aux quatre coins du globe. Tout ça est rarement justifié autrement que par une pauvre réplique (« bon les mecs, le prochain type qui peut nous aider est à Paris. OK ON Y VA ») et du coup, vous aurez le droit à des beaux panneaux photoshop pour vous afficher en gros la destination. Heureusement d’ailleurs, parce qu’on doute que vous auriez compris où on est tant le cliché est poussé à outrance. Par exemple, lorsqu’on est à Paris, non seulement avons-nous le droit aux éternels plans d’hélicoptères sur la Tour Eiffel et j’en passe, mais le film met un point d’honneur à ce que tout soit bien français. Une course poursuite dans la ville ? Faisons là avec une bonne vieille 2CV ! Un contact à retrouver absolument pour la suite de l’intrigue ? Donnons lui d’abord comme surnom « la Grenouille » et outre sa panoplie de parfait dandy à écharpes, faites que sa passion première dans la vie soit le vin ! C’est très pratique, ça permet à ses gros bourrins d’américains d’exploser des bouteilles très très chères et précieuses devant lui histoire de le faire parler. On ne va pas aller plus loin, vous avez compris le niveau de l’entreprise niveau scénario et humour, et excepté une toute petite réplique un peu cinglante de Malkovich, il ne se passe rien de très excitant durant les 2 heures de film.
Remarquez, un sourire arraché sur 2 heures, c’est déjà pas mal.

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Dans cette entreprise bordélique et sans queue ni tête, tout est donc pensé pour enquiller les clichés et rameuter le plus de monde possible. Du coup, Lee Byung-Hun fait l’asiatique pas content de service, qui peut tuer avec une simple feuille de papier, tire tout le temps la gueule, montre ses biscotaux pour ses mesdames et fait un peu de karaté parce que c’est quand même son job de bridé.
Catherine Zeta-Jones se la joue femme cougar irrésistible qui fait tourner la tête de ses messieurs sans se rendre compte qu’elle a pris un coup de vieux, Malkovich continue d’enfiler des fringues atroces pour avoir l’air le plus débile possible, et Bruce Willis traîne sa tête de chauve cool sans vraiment savoir ce qu’il fait là. Au fond, seul Helen Mirren arrive à tirer quelque chose de son personnage tant sa classe naturelle jure avec sa capacité à flinguer à tout va. Et ce n’est pas Anthony Hopkins qui relèvera le niveau, lui qui joue un mec un peu fou mais en fait pas trop, personnage auquel on n’accorde vite plus aucun crédit pour essayer d’oublier le cabotin qui cache ce grand acteur.
Le renoncement auquel fait face le film se targue en plus d’un cynisme fièrement affiché puisque le générique et les transitions entre chaque pays reprennent l’esthétique de la bande dessinée originale de Warren Ellis, qu’on avait oublié en rentrant dans la salle avant de voir le logo DC Comics. BD qui, on le rappelle, voyait un ancien retraité de la CIA remonter la hiérarchie de l’organisation en flinguant tout le monde sur son chemin pour qu’on arrête de le faire suer. C’était violent, c’était bourrin et c’était un peu gratuit il est vrai, mais ça avait le mérite d’être méchant. Red 2 lui rend hommage en étant mollasson, filmé sans aucun style ni panache, avec une intrigue à tiroirs tarabiscotée, une bande son tout aussi générique et une galerie d’acteurs qui a sûrement dû s’amuser sur le tournage mais qui n’a pas l’air d’avoir envie une seconde de raconter cette histoire. Forcément, ça se voit vite…

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Enième film Hollywoodien financé pour les mauvaises raisons, Red 2 est une extension mollassonne du premier qui ne fait qu’enchainer les décors prestigieux et des acteurs qui le sont tout autant pour meubler 2 heures de divertissement jamais concerné et passionné parce qu’il raconte. Ceux qui attendent une comédie un peu bourrine et folle peuvent passer leur chemin et pour les autres, on n’imagine sans mal que le film fera exactement le même effet en salle ou à la TV un dimanche soir pluvieux. Car sans parler de la concurrence cet été, Red 2 est ce qu’on appelle dans le jargon un bidon de lessive.

Red 2– Sortie le 28 août 2013
Réalisé par Dean Parisot
Avec Bruce Willis, Mary-Louise Parker, John Malkovich
Lorsque l’agent retraité de la CIA Franck Moses apprend la mort de son ancien collègue Marvin, il se rend à son enterrement avec sa compagne Sarah, sans se douter qu’il va au-devant de gros problèmes… Arrêté et interrogé par le FBI au sujet d’un mystérieux “Projet Nightshade”, il ne doit son salut qu’à l’intervention de Marvin qui avait simulé sa mort. Ils se lancent alors dans une course poursuite à travers le monde pour découvrir le secret du “Projet Nightshade”.

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