Metallica était à Paris ce 8 octobre au Grand Rex, dignement représenté par Kirk Hammett et Lars Ulrich. Dans une salle plutôt habituée à recevoir des geeks hurlants devant le générique d’un film Marvel, ils ont été accueilli par leurs fans venus en masse découvrir Through the Never et répondre à quelques questions.

L’évènement était de taille : il n’est pas courant de voir les membres du groupe se donner à ce genre de promo. Les petits plats dans les grands ont donc été mis et la rencontre a été retransmise en direct dans de nombreuses salles de cinéma belges et françaises, ce qui a donné l’occasion à votre serviteur de se replonger dans la musique du groupe.

Mais Through the Never n’est pas seulement un concert. Le film nous est vendu comme teinté de fiction, puisque Dan de Haan y évolue dans le rôle d’un roadie…

 

“Fortune, fame. Mirror vain. Gone insane. But the memory remains.”

Rares sont les concerts diffusés au cinéma. Même si les exploitants cherchent depuis peu des solutions pour remplir leurs salles (et leurs tiroirs caisse) en diffusant des évènements comme de l’opéra, le concert reste une denrée rare sur grand écran. Et pour cause : tout le monde sait qu’un concert, ça se vit avant tout en direct sur place, si possible en dépensant autant d’énergie que le chanteur s’égosillant sur scène. Dans le cadre feutré d’un cinéma, là où le silence est de rigueur, ce n’est pas forcément évident de se tenir en place. Néanmoins, quelques artistes ont déjà essayé. Led Zeppelin avait tenté l’aventure en 1976 avec The Song Remains The Same, concert entrecoupé de scènes de fiction imaginées par Robert Plant et ses acolytes. Des années plus tard, Jonathan Demme (le réalisateur de Philadelphia et du Silence des Agneaux) sortira Heart of Gold, concert-documentaire sur son idole Neil Young. U2 sortira aussi un concert issu de la tournée Vertigo et tourné en 3D. Même Martin Scorsese s’est plié à l’exercice en filmant dans Shine a Light les légendaires Rolling Stones.

Le petit dernier de la bande est donc Metallica. Through The Never est bel et bien d’abord un concert filmé, auquel viennent se mêler des images de pure fiction. Une idée pas forcément réussie, sauvée par la performance du groupe.

La partie fiction aurait pu être une bonne idée si elle avait été correctement gérée par Nimrod Antal semble vite dépassé par la situation. On suit Trip, un roadie incarné par Dan de Haan, le futur Harry Osborne. Alors que le concert de Metallica démarre et que les notes d’Ectasy of Gold résonnent, le gamin est envoyé à l’autre bout de la ville pour récupérer un objet mystérieux indispensable pour finir le concert. Il se met donc en chemin et commence à croiser des phénomènes étranges : du sang sur un mur, des mecs encagoulés tabassant du flic et même un boss de fin de niveau sur un cheval armé d’un marteau de guerre. Et il va devoir se frayer un chemin dans ces différents tableaux pour retrouver le McGuffin. L’histoire va vite virer au grand n’importe quoi à tendance surnaturel. Ca aurait pu être intéressant mais Antal ne sait pas quoi faire de son histoire et la bâcle. Habitué aux gros sabots comme on a pu le voir dans Predators, il arme le gamin de différents symboles censés rappeler les chansons du groupe, comme un bidon d’essence (Fuel) ou une marionnette (Master of Puppets). On a pourtant bien compris qu’on était dans un film pour les fans, pas besoin d’en faire autant. Le réalisateur tente également des parallèles et des transitions entre l’extérieur et la salle de concert et si c’est parfois réussi, il lâche parfois l’affaire pour nous balancer de vulgaires fondus au noir.

Heureusement pour vous spectateurs cette histoire dont on n’a que faire ne dure en réalité et tout mis bout à bout qu’un gros quart d’heure. L’essentiel de Through the Never est en effet ce pour quoi vous avez payé un ticket de cinéma : la musique.
Pendant 1h30 moins les séquences extérieurs, Metallica rappelle qu’en matière de trash metal ils se positionnent au sommet encore près de trente ans après la sortie de Kill ‘Em All. Les seize titres qui composent le concert s’enchainent avec une facilité déconcertante et rappellera aux vieux fans comment nous étions bien dans les années 90. La setlist va piocher dans l’ancien et le plus récent et le groupe se déchaine littéralement sur scène. Les moyens techniques sont à la hauteur de ce qu’on pouvait imaginer, entre une fausse chaise électrique et ses véritables éclairs et une statue montée sur scène pour être ensuite abattue. On en prend plein les yeux et les oreilles et il est difficile de rester calme sur son siège tant James Hetfield et ses copains rappellent qu’ils sont encore dans une forme éblouissante.

Filmé en 3D et mixé en Dolby Atmos (autant vous dire qu’il est conseillé d’aller le voir dans une bonne salle), le film est à la fois un best of pour les vieux fans, rappelant la puissance scénique du groupe et un moyen pour les plus jeunes d’y jeter une oreille ou deux. Sachant qu’on n’est pas près de revoir Kirk, James, Lars et Robert sur scène en France d’ici 2015 au moins, Metallica Through the Never est une bonne occasion de profiter d’un concert pour le prix d’un ticket de cinéma. Et de ressortir ses vieux disques.

 

Metallica Through the Never – Sortie le 9 octobre 2013
Réalisé par Nimrod Antal
Avec Dane DeHaan, James Hetfield, Lars Ulrich
Alors que Metallica joue plusieurs de ses tubes devant des milliers de fans, Trip est envoyé récupérer un objet mystérieux qu’il doit absolument rapporter pour le spectacle. La tâche apparemment simple prend la tournure d’une aventure surréaliste quand sa camionnette est violemment heurtée par une voiture. Trip, sonné, s’extrait du van pour se retrouver au milieu d’un imminent affrontement entre casseurs en colère et escouades de police anti-émeute. Dans ce chaos, un chevalier masqué, doté des pires intentions pose son regard meurtrier sur Trip. Seul et désarmé dans un paysage urbain post-apocalyptique, Trip ne peut compter que sur lui-même pour combattre le chevalier et protéger le précieux sac de cuir qu’il doit remettre au groupe.

1 commentaire

  • Disque Rayé jeudi 17 octobre 2013 1 h 09 min

    Ça s’écrit “thrash metal” et pas “trash metal”.
    C’est pas les poubelles, ça défonce.
    Bien amicalement,

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