A l’heure qu’il est en ce 24 décembre, vous êtes sûrement dans les derniers préparatifs du réveillon, en train d’emballer les derniers cadeaux ou de cuisiner le repas du soir.

Nous, on va vous parler amour mais aussi sexe et dépendances puisque mercredi prochain sortira le nouveau film d’Edward Zwick avec Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway intitulé Love et Autres Drogues.

Voici la critique…

Love et Autres Drogues – Sortie le 29 décembre 2010
Réalisé par Edward Zwick
Avec Jake Gyllenhaal, Anne Hathaway, Oliver Platt
New York, les années 90. Jamie est un jeune commercial redoutable dont l’assurance – et le physique avantageux – sévissent aussi bien auprès des femmes que dans l’univers implacable de l’industrie pharmaceutique où, entre antidépresseurs et dopants sexuels, il parvient finalement à tout vendre.
Mais il y a une personne qui semble insensible aux charmes de Jamie : Maggie. Une jeune femme très séduisante et furieusement indépendante qui, comme Jamie, fuit l’engagement émotionnel, mais pour des raisons très différentes. Elle est atteinte d’une maladie chronique et a décidé de vivre uniquement au jour le jour.
Malgré eux, ce qui devait être une histoire sans lendemain va alors s’intensifier. Tous deux vont bientôt voir leurs principes respectifs malmenés et devenir accros à la plus puissante des drogues qui soit : l’amour.

Avec Love & Other Drugs, on pourrait penser aborder une énième comédie romantique un tant soit peu dramatique mais surtout fondant complètement dans la masse de ce genre surexploité qui nous livre sa fournée de manière quasi hebdomadaire. Et pourtant, le film est réalisé par Edward Zwick, dont on se demande bien ce qui a pu intéresser le bonhomme sur un tel style de long métrage.
Pour ceux qui ne comprennent pas notre étonnement, on rappellera que le monsieur est connu pour ses longs métrages d’action/aventure, avec en tête de liste Le Dernier SamouraÏ avec Tom Cruise, Blood Diamond ou encore son plus récents Les Insurgés avec Daniel Craig.

C’est donc le genre de mec à mettre en scène des histoires où ça pète et sujets à un minimum de souffle quand tout cela est fait dans les règles de l’art. Sans porter de jugement sur les dits films, il est étonnant de voir un homme habitué à ce genre de films faire un tel grand écart dans sa carrière puisqu’ici, on parle bel et bien d’un virage à 180°. Zwick a sûrement ses raisons, et le visionnage de ce Love & Other Drugs était l’occasion de découvrir ces dernières, en espérant qu’on aller les partager en sortant…

L’étonnement pointe vite le bout de son nez devant le dernier Zwick tant la sensation d’avoir à faire à deux films en un est forte lors du visionnage. Pour faire simple, Love & Other Drugs, qui porte plutôt bien son titre, parle de deux choses : le sexe et la maladie. Et autant dire qu’en ce qui concerne le premier point, le film n’y va pas à moitié.

Si vous étiez tout émoustillé à la vision de l’affiche du film ou de la bande annonce, attendez-vous à jubiler devant l’œuvre complète tant le long métrage se lâche sans complexe et en n’ayant quasiment peur de rien. Si évidemment, parce qu’on est à Hollywood et qu’il ne faudrait pas trop déconner non plus, vous ne verrez pas à proprement parler les appareils génitaux de nos deux comédiens, ceci se font quand même un grand plaisir à apparaître dans le plus simple appareil durant une bonne partie du film et quitte à le faire, pourquoi ne pas être collés/serrés ?
Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway l’ont bien compris et s’envoient en l’air dans la joie et la bonne humeur, sans hésiter une seconde à parler du sujet dans les grandes largeurs, quitte à casser certains tabous. D’ailleurs, il est drôle de voir combien le sujet ne se résume pas à notre couple de héros et aux discussions du personnage de Jake avec son frère à propos de masturbation et autres pratiques puisque l’intrigue se situe à la fin des années 90.

A priori rien de transcendant, sauf que ce cher Gyllenhaal incarne un commercial pour une célèbre agence pharmaceutique, qui lança durant cette même période une petite pilule magique qui allait enchanter bon nombre d’impuissants et autres hommes en difficulté : le viagra !
On suit donc aussi la carrière du personnage en pleine expansion puisque celui-ci vendra cette petite révolution comme des petits pains et fera des heureux tout en faisant les frais de son produit…
On en dira pas plus mais comme vous pouvez sûrement le remarquer en ce moment même en lisant cette critique, tout cela sonne certes très alléchant, le sexe étant un vendeur démoniaque, mais quelque vain. Vous n’inquiétez pas, ils ont pensé à tout…

Et oui, on a beau forniquer comme des lapins durant une bonne partie du film, ça n’apporte aucun enjeu cette histoire ! C’est pour cela qu’arrive l’autre partie sur la maladie du personnage d’Anne Hathaway qui plus précisément est atteinte de Parkinson et est donc obliger de se shooter de pilules tout en sachant qu’irrémédiablement son état finira par s’altérer.
Son statut de personnage indépendant et cherchant des histoires sans lendemain va donc se voir ébranler par la belle gueule de notre Jake Gyllenhaal, qui sera prêt à tous les sacrifices pour sauver sa belle. Non parce que c’est bien gentil de la faire grimper aux rideaux mais bon, quitte à toucher le 7ème ciel, autant que ça dure un peu non ?

Si tout cela vous semble quelque peu cliché ou garni en guimauve, là encore vous êtes très bons !
On n’ira pas cracher gratuitement sur l’intrigue globale du film qui par ailleurs se laisse suivre sans déplaisir grâce à l’humour général du tout mais cette partie dramatique se révèle très conventionnelle et académique, pour ne pas dire un peu trop.
Si cela ressemble quelque peu à du déjà vu donc (Sweet November parmi les nombreux exemples…), les acteurs rattrapent le tout et se révèlent assez excellents. Ils avaient déjà faits les préparatifs ensemble dans Brokeback Mountain mais pour le coup (Oh oh !), l’alchimie a lieu et on peut sentir un vrai plaisir de jeu chez l’un comme chez l’autre. Anne Hathaway est en même temps dans le parfait type de rôle destiné à être nominé dans diverses cérémonies, tant que Jake Gyllenhaal nous rappelle combien il peut être sympathique et bon acteur, nous faisant oublier sa piètre performance persienne du début d’année par son tact, même si on ira pas jusqu’à dire qu’il est aussi bon qu’il a pu l’être par la passé, dans Zodiac pour ne citer que lui.
Deux bons acteurs entourés par un casting à peu près bon, dans un film mis en scène de manière académique donc mais qui a le mérite de baigner dans une ambiance très 90’s (c’est quelque peu normal vu que c’est l’époque à laquelle tout ça se déroule…), avec une bande son qui reprend pas mal de bons tubes d’alors. Ce qui m’a personnellement réjouit, je dois bien l’avouer, même si sur ce point précis, les avis divergeront forcément. En revanche pour le film, il n’y aura pas tellement de quoi tergiverser…

Love & Other Drugs, dans l’esprit, c’est un peu comme un coup d’un soir.
C’est excitant, agréable sur le moment mais ça s’oublie aussitôt et surtout, c’était assez fade.
Si on ne manquera pas de signaler l’excellente performance d’un couple séduisant et au summum de son sex appeal (il y en aura pour tout le monde !) et la certaine drôlerie du long métrage par moment, l’histoire ne vous tirera pas la moindre émotion tant elle ne sort pas du lot des drames un peu tristes mais pas trop non plus.
Ceci dit, le film tombe comme un avertissement pour les futurs Sex Friends et Friends With Benefits : en 2011, Hollywood aura les hormones en folie.

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