Pas sûr que vous ayez entendu parler de London Boulevard avant de lire ces lignes tant la promo est absolument inexistante en France. Pourtant, rien que les têtes d’affiche (Colin Farrell et Keira Knightley) pourraient aider à le vendre.

London Boulevard est le premier film réalisé par William Monahan, scénariste des Infiltrés (ce sur quoi insiste bien le peu d’affiches qu’on peut croiser en ville).

Nous sommes allés y jeter un oeil avant sa sortie demain en salles, histoire que vous sachiez de quoi il retourne.

 

 

London Boulevard – Sortie le 8 juin 2011
Réalisé par William Monahan
Avec Colin Farrell, Keira Knightley, David Thewlis
Mitchel sort de prison plein de bonnes intentions. Pourtant, lorsqu’il tombe sur son vieil ami Billy, un petit voyou à la recherche d’un complice, il accepte de l’aider en échange d’un toit. Incapable de rompre avec son passé, Mitchel fait la connaissance de Charlotte, une star de cinéma terrée dans un luxueux hôtel particulier pour échapper aux hordes de paparazzi, dont il devient rapidement le garde personnel. Charlotte et Mitchel se rapprochent, envisageant même ensemble une nouvelle vie à Los Angeles. Mais il a déjà attiré l’attention de Gant, un puissant parrain de la pègre, qui voit en lui un atout précieux pour ses affaires. Quand Mitchel refuse, Gant décide de le faire plier, ne reculant devant rien pour arriver à ses fins…

 

Le nom de William Monahan ne vous dit probablement rien. Peut être même n’avez vous pas entendu parler de London Boulevard tant la promo est inexistante. Pour cause, le film, sorti en novembre 2010 s’est ramassé outre-Manche, que ce soit au niveau du public que de la critique. Pourtant William Monaham est loin d’être un inconnu puisque c’est le scénariste oscarisé des Infiltrés mais également de Kingdom of Heaven, Hors de contrôle et Mensonges d’Etat. Pour la première fois, Monaham décide de passer derrière la caméra pour un petit film, accompagné de rien de moins que Colin Farrell et Keira Knightley.

Adapté d’un bouquin de Ken Bruen, écrivain dublinois, London Boulevard suit les péripéties de Mitchel, ancien gangster sortant de prison. Il décide de refaire sa vie, en repartant et en trouvant un job. Il se retrouve donc garde du corps de Charlotte, une jeune actrice anglaise essayant tant bien que mal d’éviter les flashs des paparazzis. Mais ce que Mitchel semble avoir oublié, c’est qu’on ne sort pas de l’univers des gangsters si facilement. Il se retrouve donc réembarquer dans des histoires avec ce qui semble être le parrain de la pègre de Londres : Gant. De petites affaires il se retrouvera embrigadé dans une sorte de grosse embrouille où il aura du mal à s’en sortir. Parallèlement à ça, évidemment, il va tomber amoureux de Charlotte. Et même en essayant d’enterrer sa vie de malfrat, celle-ci va le rattraper bien plus vite qu’il ne le croit.

Sur le papier, on dirait un mix entre Bodyguard et bon vigilante movie et c’est vendu comme quelque chose d’assez vener. Finalement, rien de ça. Il s’avère en réalité que Monahan a un parti pris assez intéressant. En effet, London Boulevard, qui relève plus du film indépendant, se révèle très posé. Pourtant, le scénario pêche un peu. En effet on sent bien que le réalisateur/scénariste a dû faire des coupes dans le bouquin tant certaines incohérences sont flagrantes. En effet on ne sait strictement rien des protagonistes ni des relations qu’ils ont entre eux (je parle de Mitchel et de Bill notamment, non pas de Mitchel et Charlotte).
De plus certains personnages apparaissent d’on ne sait où (Gant) et la fin est un véritable n’importe quoi. Certains éléments de l’histoire resteront d’ailleurs totalement mystérieux et non résolu. Pourtant quelques rebondissements sont assez bien amené et la relation entre Colin Farrel et Keira Knightley paraît assez naturelle. Enfin on notera l’excellent mais malheureusement trop peu utilisé David -Lupin- Thewlis en baba-bobo-fumeur qui n’est pas sans rappeler le personnage de Michael Caine dans Children of men. On notera d’ailleurs que les acteurs ne font pas grand chose à part leur boulot habituel, Keira Knightley aussi jolie peut-elle être, oublie de manger et n’apparait que très peu à l’écran et Colin Farrel cabotine. Mais Monahan ne décide pas seulement de faire un film de gangster mais bel et bien un mélange de romance, de thriller et de vigilante movie, tout en gardant un regard très calme, limite contemplatif.

Ceci est accentué par une réalisation assez intéressante. En effet on observe dans le scénario deux parties bien distinctes : la partie action et la partie romance. Ceci se retrouve d’autant plus dans la mise en scène. William décide également de couper son film en plusieurs parties. On assiste donc à un mélange d’ambiance au final très agréable : d’un côté, la réalisation sur les scènes d’action ne fait pas dans la dentelle, est assez choc (les effusions de sang sont légions), et d’un autre, il nous plonge réellement dans une ambiance sixties qui n’est pas sans déplaire. Entre belles voitures et costumes taillés, il filme Colin Farrel comme tiré des années 60 américaine. Notons d’ailleurs qu’il a choisi de mettre en image un gangster, mais toujours classe. La BO aide également puisque de nombreux tubes y sont présent. Enfin, la photo accentue le tout et aide l’ambiance à se mettre en place puisque durant certaines scènes (notamment les ballades en voitures) puisque le grain change du tout au tout entre les deux parties.

Sans pour autant révolutionner le cinéma, London Boulevard est un petit film honnête et sympathique avec une réalisation qui s’avère assez intéressante. Cependant, le scénario aurait pu être un peu plus développé, mais on en ressort divertit, et c’est bien le principal.

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