L’autre film d’animation sortant cette semaine est signé de Naoko Yamada, la réalisatrice nippone dont le Silent Voice était sorti dans les salles françaises il y a moins d’un an : Liz et l’Oiseau Bleu.

Mais il n’y a pas de concurrence entre celui-ci et Monsieur Link tant les sujets et les publics visés sont bien différents.

 

LA CRITIQUE

Liz et l’Oiseau Bleu (リズと青い鳥, Rizu to aoi tori) est le nouveau long-métrage de la réalisatrice Naoko Yamada. C’est aussi le spin off en long-métrage d’une série animée japonaise inédite en France “Sound! Euphonium”, elle-même adaptée d’une série de light novels de l’auteur Ayano Takeda. Mais pas de panique, le film se regarde sans avoir vu la série. C’est même l’effet inverse qui se produit : si vous avez aimé le long métrage (et vous l’aimerez tant il déborde de qualités), peut-être aurez-vous envie de vous tourner vers la série, et même si les deux héroïnes n’y sont que des personnages secondaires.

Le film de Naoko Yamada s’ouvre sur une scène très colorée dans une forêt où une jeune fille est entourée d’animaux. On a l’impression d’être devant Blanche Neige, avec ses couleurs chatoyantes et ses décors peints. Puis on va découvrir la réalité, le lycée et ses décors photo-réalistes, et suivre deux jeunes filles qui participent à un concours de musique, une adaptation d’un conte de fée allemand. Bien qu’ayant des caractères très opposés, les deux jeunes filles vont se rapprocher.

L’histoire est donc simple mais belle : celle de la rencontre entre deux jeunes filles autour de la musique. L’une est extravertie et l’autre à l’opposé, timide et réservée. Une plume bleue va les rapprocher et l’une d’elle va faire le rapprochement entre le petit morceau d’aile et le conte de fée sur lesquelles elle travaille. On va donc basculer d’un univers à l’autre et mettre en parallèle les deux histoires. Celle du conte, se déroulant dans un environnement qui nous a rappelé Heidi, est très colorée, lumineuse et l’animation lorgne vers le Miyazaki des débuts. Les rares séquences sont très librement inspirées de L’Oiseau Bleu de l’écrivain belge Maurice Maeterlinck, une histoire déjà adaptée en série animée dans les années 80. Puis dans la réalité, avec une animation, détaillée au possible et absolument sublime. Citons aussi la musique, qui a un rôle à part entière dans cette histoire où la moindre attitude peut tout faire basculer.

Mais ce n’est pas tant le propos. Le sujet qui nous intéresse, c’est la très belle relation entre les deux jeunes filles. Des détails, des regards, des rêves même parfois (et on revient au conte) font qu’elles vont se trouver, s’apprécier, se déchirer… Il y a énormément de douceur dans le film, des moments de contemplation plaisante. On prend plaisir à les voir ensemble. On se prend même à se demander s’il ne s’agit que d’une amitié ou d’un peu plus que cela.

Si vous cherchez un grand drame flamboyant à la Your Name ou même quelque chose dans l’esprit du conte évoqué, vous serez pris au dépourvu. Liz et l’Oiseau Bleu est un très joli petit film d’animation, se déroulant presque à huis clos et qui doit sa réussite au charme et aux personnalités de ses héroïnes.

Liz et l’Oiseau Bleu, de Naoko Yamada – Sortie le 17 avril 2019

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