Dans la série des choix marketing étranges, Sony sort ce mercredi la suite de Tempête de Boulettes Géantes dans les salles. Mais plutôt que d’afficher un gros “2” en gras, la firme a choisi de mettre en avant le sous-titre “L’Ile des Miam-Nimaux”, relayant le nom de la saga au second plan. Certes, il n’y a pas à proprement parler de tempêtes dans ce deuxième film mais est-ce vraiment une raison ?

Quoiqu’il en soit, l’inventeur de la machine qui transforme l’eau en cheeseburger, Flint Lockwood, est de retour dans une nouvelle aventure. Mais sans les réalisateurs et scénaristes du premier volet, partis s’amuser avec des petites briques de couleurs.

La différence se voit-elle ?

 

En 2009 sortait discrètement un film d’animation pas très bien vendu appelé Tempête de Boulettes Géantes. Ce qui semblait être une énième comédie à la Dreamworks dans un univers coloré avec des sidekicks idiots s’est révélé un petit bijou d’inventivité et a permis à Chris Miller et Phil Lord de se faire connaitre. Pour leur premier long métrage, ceux qui ont écrit des épisodes pour la première saison d’How I Met Your Mother ont choisi d’adapter un bouquin de Judi et Ron Barrett. Avec mille idées visuelles et scénaristiques à la minute, complétement loufoque et montant en puissance, Tempête de Boulettes Géantes était un vrai régal, autant pour les yeux que pour les papilles.

Malheureusement pour la branche animation de Sony, les deux bougres ont ensuite enchainé avec du cinéma “live” (21 Jump Street) et sont partis ensuite chez l’ennemi étaler leur indécent talent dans La Grande Aventure Lego.
Malheureusement car cette Île des Miam-Nimaux est une grosse déception.

Le film commence exactement là où le précédent volet s’arrêtait, non sans nous avoir rappelé via une séquence “dans l’épisode précédent” comment on en était arrivé là. Débarque le charismatique boss d’une multinationale très high-tech qui se propose de loger l’inventeur Flint Lockwood et ses petits camarades, espérant que le génie se mette à son service. Le boss, d’une boite appelé Live, propose d’en faire son associé potentiel à l’issu d’un concours d’inventions dont la préparation dure six mois. En fait une ellipse temporelle pour permettre à l’ile du premier film d’évoluer. Et au spectateur de sentir le vent tourner…

En effet, ce concours d’invention ne sert pas à grand chose mais prend quand même un tiers du film. Puis, alors, qu’il ne reste qu’une heure le titre se trouve pleinement justifié. Flint repart sur son île, désormais envahie de nourriture vivante : les fameux miam-nimaux. A travers une séquence qui n’est pas sans rappeler Aliens, on va découvrir que les équipes de Live installés sur place ont disparues, et que les restes de nourriture ont pris leur revanche (comme le dit le titre original, Revenge of the Leftovers).

L’intérêt du spectateur remonte d’un cran : une fraise toute mignonne se joint à l’aventure (et finira par piloter un mecha !), et quelques bonnes trouvailles viennent nous réveiller. Il faut bien admettre que l’univers est bien pensé et qu’on s’amuse à découvrir des poireaux géants et des bananes sur pattes. L’ambiance rappelle Jurassic Park, auquel le film rend régulièrement hommage et les jeux de mots sont drôles. On se demande même comment vont faire les traducteurs tant certains semblent impensables en français.

Mais au-delà il n’y a pas grand chose à sauver : l’intrigue est prévisible de bout en bout et toutes les tentatives de rebondissements sont bien vaines. On voit clairement ce que Phil Lord et Chris Miller avaient apporté au premier volet à la vision de ce second épisode : à peu près tout. Et maintenant qu’ils ne sont plus là, on est face à un produit sans saveur. Pas de quoi vous ouvrir l’appétit.

 

L’île des Miam-nimaux : Tempête de boulettes géantes 2 – Sortie le 5 février 2014
Réalisé par Cody Cameron, Kris Pearn
Avec les voix originales Bill Hader, Anna Faris, James Caan
Après le succès du premier film, L’île des miam-nimaux : Tempête de boulettes géantes 2 nous entraîne dans les nouvelles aventures de Flint Lockwood. Inventeur d’une machine capable de transformer l’eau en nourriture, Flint avait été obligé de la détruire parce que son invention avait déchaîné des pluies torrentielles de cheeseburgers et des tempêtes de spaghettis, menaçant toute la planète…
Pourtant, la machine n’a pas disparu, et elle crée maintenant des croisements entre animaux et aliments, les « miam-nimaux » ! Flint et ses amis s’embarquent dans une périlleuse mission pour affronter des tacodiles affamés, des Cheddaraignées, des Serpent à galettes, des Hippopatates…

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