Critique : L’Ile aux Chiens

Wes Anderson aurait choisi lui-même les voix de ses animaux pour son nouveau film. Ainsi en version française Vincent Lindon, Isabelle Huppert, Romain Duris, Louis Garrel, Mathieu Amalric, Léa Seydoux, Daniel Auteuil, Hippolyte Girardot, Yvan Attal ou encore Jean-Pierre Léaud se donnent la réplique. Quand vous pouvez entendre en anglais Bryan Cranston, Frances McDormand, Edward Norton, Jeff Goldblum, Bill Murray ou encore Scarlett Johansson.

Alors, rien que pour un tel casting…

 

LA CRITIQUE

Huit ans après l’incroyable Fantastic Mr Fox, Wes Anderson revient à l’animation en stop motion avec L’Ile aux Chiens. Le réalisateur a bien compris que l’animation était un moyen, pas un genre, et que certaines histoires nécessitait d’autres techniques que la prise de vue réelle. Grand bien lui en a pris puisque l’Ile aux Chiens est une jolie réussite.

L’histoire se déroule dans un Japon fantasmé. Les chiens ont été mis en quarantaine sur une île-poubelle, suite à un virus porté par les animaux qui peut s’attaquer à la population. Le premier chien banni appartient à celui du neveu du mère, un jeune orphelin que ce mini dictateur a recueilli. Le gamin décide donc de braver tous les interdits pour partir à sa recherche, de là à s’attirer les foudres de son oncle. En chemin, il rencontrera une bande de chiens bien plus dégourdis que les humains.

Il faut saluer en premier lieu l’incroyable travail de mise en scène et d’animation. Et créditer Mark Waring, directeur de l’animation sur le film qui avait travaillé par le passé avec Tim Burton. La patte de Wes Anderson se sent dans chaque plan parfait, chaque cadre millimétré au possible. Rien n’est jamais laissé au hasard ni à l’improvisation. Et les effets visuels sont totalement bluffants de réalisme. Souligné par la musique efficace d’Alexandre Desplat -dont des tambours japonais qui rythment pratiquement l’intégralité du film- L’Ile aux Chiens est une belle prouesse technique.

Mais peut-être le film est-il trop carré ? Cette mise en scène impeccable peut décontenancer et laisser le spectateur sur le carreau. C’est d’autant plus dommage que des petits détails d’écriture viennent rajouter une couche, notamment en terme de point de vue. On commence par suivre un groupe de plusieurs chiens, tous très attachants, mais qui seront mis de coté pour ne plus se focaliser que sur la relation entre le jeune garçon et l’un d’entre eux. Ils finissent par faire de la figuration dans les dernières scènes. Dommage de ne pas avoir chercher à mieux encadrer la narration qui est pourtant brillante par d’autres aspects, notamment grâce à l’utilisation d’ingénieux flashbacks venant donner des explications utiles.

Wes Anderson le dit : n’abandonnez pas vos animaux de compagnie quand vous devenez des adultes. Ou gardez votre regard et votre âme d’enfant sur le monde, ça pourra vous servir. Un peu d’optimisme face au totalitarisme du maire du film, vrai despote, qui se fera bousculer par un groupe de jeunes notamment une étudiante américaine, qui vient jouer les troubles fêtes. Détail étrange et inexpliqué du film, elle parle anglais comme tous les chiens, quand le reste des humains s’expriment dans leur propre langue.

Moins flamboyant que l’était Fantastic Mr Fox, mais diaboliquement “Wes-Andersonien” au point de pouvoir décontenancer par sa mise en scène pyscho-rigide, Isle of Dogs reste un très bon film à voir au moins pour la qualité bluffante de son animation. Et même si vous préférez les chats.

L’île aux Chiens, de Wes Anderson – Sortie le 11 avril 2018



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