Initialement prévu pour la salle, A Beautiful Day in the Neighborhood (c’est son titre original) arrive en vidéo à la demande ce 22 avril et dans bacs en juin prochain. Le film a valu une nomination à l’Oscar pour Tom Hanks.

 

LA CRITIQUE

It’s a beautiful day in this neighborhood
A beautiful day for a neighbor
Would you be mine?
Could you be mine?

De 1962 à 2001, soit pendant 31 saisons et 912 émissions, Fred Rogers a animé “Mister Rogers’ Neighborhood”, une émission destinée aux plus jeunes dans laquelle s’enchainait séquences avec des marionnettes, chansons et du contenu didactique. L’équivalent français le plus proche serait peut-être Croque Vacances, l’émission de Claude Pierrard diffusée dans les années 80 sur TF1. Immense star aux USA, Rogers méritait bien son biopic. Mais plutôt que de raconter la vie du présentateur, le film va choisir un axe différent.

S’ouvrant sur une reconstitution fidèle de l’émission, le film va nous présenter le journaliste Lloyd Vogel du magazine Esquire. Journaliste d’investigation, il est chargé par sa rédactrice en chef de faire un portrait de la célébrité. Vogel nous est présenté comme un bourreau de travail, peu habitué à l’exercice et en proie à des problèmes familiaux (il se bat avec son père au mariage de sa soeur). Sa rencontre avec Fred Rogers va alors prendre un tournant inattendu.

Si comme moi vous n’aviez jamais entendu parler de Rogers, peu populaire de ce coté de l’Atlantique, vous allez découvrir une personnalité incroyable de gentillesse et de bienveillance. Tom Hanks est évidemment éblouissant dans le rôle d’un monsieur âgé, qui parle doucement et prend le temps avec chaque personne qu’il croise. Il y a presque quelque chose de magique dans le personnage décrit par le film de Marielle Heller, comme si l’homme était une Mary Poppins au masculin. Le plus incroyable étant résumé par un échange entre les deux personnages, le journaliste étant persuadé que Rogers joue un rôle quand il est face caméra. Ce qui n’est évidemment pas le cas.

La rencontre va faire des étincelles, toute proportion gardée, le film étant aussi doux que le héros de son titre. Le comportement du journaliste et ses problèmes du quotidien nous le présentent comme quelqu’un de torturé, presque “une mauvaise personne” qui va trouver son salut dans les interviews qu’il mène pour le magasine. Avec lui le spectateur se laisse emporter par la magie de Rogers et l’incarnation de Hanks, jusqu’à des scènes pourtant simples (au final, la vie “compliquée” du journaliste est bien classique et pourrait être la nôtre) mais résolument émouvante. A l’instar du passage dans le métro new yorkais.

Si le personnage du journaliste est partiellement fictif, l’article est bel et bien paru dans Esquire (mais ne le lisez qu’après avoir vu le film). Marielle Heller fait, elle, un boulot de reconstitution assez remarquable, reprenant les maquettes de la série animée pour situer ses scènes et jouant avec les formats d’image selon ce qu’on a à l’écran.

Même s’il passe par des scènes de drame, L’Extraordinaire Mr. Rogers est le feel good movie dont vous avez besoin en cette période compliquée, celui qui rappelle qu’il y a encore du bon en ce monde. Et qui vous donnera envie d’avoir Tom Hanks comme grand-père.

L’Extraordinaire Mr Rogers, de Marielle Heller – Disponible en VOD le 22 avril 2020

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.