Après 45 000 bandes annonces et autres extraits destinés à rassurer (évitez d’ailleurs le tout dernier trailer, il raconte le film dans son intégralité), Les Quatre Fantastiques de Josh Trank envahissent les salles dès aujourd’hui et peut-être avez-vous l’intention de vous y réfugier pour pofiter de 90 minutes climatisées.

Premier gros blockbuster aoutien, le film s’offre un boulevard vers le succès qui ne devrait être bloqué que par Mission Impossible Rogue Nation. Mais que vaut réellement le travail de Josh Trank ?

 

LA CRITIQUE

Créés en 1961 par les légendaires Stan Lee et Jack Kirby, les Quatre Fantastiques ont eu droit à plusieurs adaptations toutes aussi désastreuses les unes que les autres au cinéma et il a fallu se tourner vers la télévision pour avoir droit à des aventures animées plus ou moins correctes (dont une série par les Français de chez Moonscoop en 2006).
Après les deux insultes de Tim Story en 2005 et 2007, il semblait normal que la Fox veuille relancer ses personnages au cinéma, surtout s’il y a une possibilité de les croiser avec les mutants de Bryan Singer.

Arrive donc sur les écrans la nouvelle version signée Josh Trank, réalisateur de Chronicles. La production et ses nombreux reshots puis la promo n’avaient rien d’encourageant. On peut aujourd’hui dire que le réalisateur livre un film honnête, avec de vraies bonnes idées et d’autres beaucoup plus foireuses, finalement assez loin de la bouse immonde qu’on s’attendait à voir.

Cette nouvelle version des Quatre Fantastiques diffère de l’original, et pas seulement parce que Sue Storm est adoptée. Il fallait trouver autre chose que le voyage spatial pour justifier les pouvoirs des héros, la solution se trouvant dans la téléportation vers d’autres dimensions. L’idée n’est pas idiote : on n’en est plus au même point en matière de voyage spatiaux qu’à l’époque de Jack Kirby et la communautée scientifique n’est plus vue comme dans les années 60. De fait, le point de départ est différent et ceux qui deviendront les Fantastiques ne sont plus des spationautes trentenaires mais une bande de geeks fraichement sortis de l’école. Toute la première partie du film, qui donne le pouvoir aux scientifiques nerds pour en faire des héros, est en cela réussie. Même si on ne comprend pas vraiment ce que font Red Richards et ses petits camarades, le traitement se veut réaliste et moderne et fonctionne. Pas question pour autant de nous montrer des héros pleurant sous la douche. Non, il est juste ici question de trouver une manière de rendre la science énoncée crédible pour le spectateur.

L’ensemble fonctionne d’autant plus que le casting est correct, que les acteurs semblent trouver leur place et que Josh Trank livre de belles images. Certes, elles sont magnifiées par l’excellente bande originale de Philip Glass mais Fantastic Four s’offre de très jolis plans. Malheureusement, ce joli chateau de carte va vite s’effondrer une fois que les quatre scientifiques auront trouvé leur pouvoir. On va commencer à sentir les effets d’une production calamiteuse, qui se traduit à l’écran par un saut dans le temps (un panneau annonce d’un coup “un an plus tard” sans crier gare) et par quelques faux raccords, à commencer par les cheveux de Kate Mara qui changent de couleur (et de perruque) selon les plans.

Là encore ça pourrait plus ou moins se tenir (après tout, on est face à du super héros à l’écran, on a déjà vu pire en matière de production aléatoire) mais il ne fallait pas oublier le Docteur Doom. Le personnage est à l’image du film : il part d’une bonne idée novatrice puis se casse la gueule dans son développement. On se retrouve avec la sensation que Josh Trank et les équipes de la Fox ne savent pas quoi faire de leurs personnages au délà du film de nerd scientifique. Ou plutôt : il avait sans aucun doute un producteur exigeant un méchant et une grosse scène d’action finale, tombant comme un cheveu dans la soupe. Ca ne vous rappelle rien ? On est dans le même ordre idée que pour Avengers l’Ere d’Ultron : des envies qui sont prêtes à bourgeonner mais qui sont vite rattrapées par la réalité et les billets verts, et la nécessité de finir dans l’action. Ou pour faire plus court : Les Quatre Fantastiques se termine n’importe comment, notamment à cause d’un méchant totalement foiré.

Mais il ne faut pas oublier de citer quelques pistes abandonnées en court de route : des plans présents dans les différentes bandes-annonces ne sont pas dans le film, et certains concepts abordés (à un moment donné, Red Richards se contruit un téléporteur pour lui seul et on ne saura jamais pourquoi) sont vite lâchés.
On ne saura jamais si le problème vient de la Fox qui a gentiment tapé sur l’épaule de ses équipes pour rappeler que c’était un film de super héros, ce qui n’était pas le cas jusque là fin ou de Josh Trank dont le comportement sur le plateau avait été l’objet de toutes les rumeurs, justifiant notamment son éjection du prochain Star Wars Anthology.

Quoiqu’il en soit, Les Quatre Fantastiques n’est pas complétement le désastre annoncé. C’est un long métrage qui commence très correctement, se révèle même sympathique et qui finit par se vautrer. Peut-être qu’une suite viendra sauver l’univers. Mais on n’en est pas encore là et le film en tant que tel avait un potentiel pour être beaucoup plus réussi.
C’est triste à dire mais, si le film se vautre, peut-être que les personnages seront mieux traités dans l’univers cinématographique de Marvel Studios aux cotés des Avengers et consorts ?
Tout cela est bien dommage.

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