Histoire de rappeler que les histoires de piraterie ne se limitent pas à la nonchalance de Johnny Depp, un film d’animation avec des pirates sort mercredi prochain dans les salles.

Comme le rappelle si bien l’affiche, Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout est la dernière création du studio derrière Chicken Run, Wallace et Gromit ou encore Shaun le Mouton. L’histoire se déroule à une époque où la flotte de la reine d’Angleterre domine les océans. Ou presque puisqu’un petit coin des Caraïbes est aux mains de Capitaine Pirate et de ses acolytes.

A l’abordage, voici la critique !

 

Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout – Sortie le 28 mars 2012
Réalisé par Peter Lord
Avec les voix originales de Hugh Grant, Salma Hayek, Russell Tovey
Malgré son enthousiasme, le Capitaine Pirate a beaucoup de mal à se faire passer pour une terreur des mers. Secondé par un équipage aussi peu doué que lui, le Capitaine rêve pourtant de battre ses rivaux, Black Bellamy et Liz Lafaucheuse, en remportant le prestigieux Prix du Pirate de l’Année.
Pour le Capitaine et son drôle d’équipage, c’est le début d’une incroyable odyssée qui, des rivages de Blood Island jusqu’aux rues embrumées de Londres, va les conduire d’épreuves en rencontres. S’ils vont faire équipe avec un jeune scientifique du nom de Charles Darwin, ils vont aussi devoir affronter mille dangers et tenter de survivre à la reine Victoria, qui voue une haine absolue aux pirates… En avant pour l’aventure !

 

Après avoir réalisé trois long-métrages co-produit par Dreamworks Animation (dont le premier -Chicken Run- remonte à 2000), les studios Aardman se sont débarrassés de l’influence de Jeffrey Katzenberg pour aller voler de leurs propres ailes du coté de chez Sony, là où ils sont sans doute plus libres de laisser court à leur imagination.
Il en a résulté un premier film sorti discrètement l’année dernière, Mission Noël, réalisé en images de synthèse. Cette fois, les créateurs de Wallace et Gromit reviennent à ce qu’ils font de mieux : l’animation en claymotion (à base de pâte à modeler).

Et avec un formidable film de pirates.

A la base, Les Pirates est une série de bouquins écrits par l’Anglais Gideon Defoe. Avec l’aide de l’auteur, Peter Lord s’est emparé des deux premiers romans et de l’univers pour le faire sien. On va donc faire la connaissance du Capitaine Pirate (c’est son nom) dont les capacités sont bien décrites dans le titre du film. Il va vouloir s’emparer du titre de Pirate de l’Année, sorte d’Oscar de la Piraterie. Mais pour cela, lui qui n’est pas capable de résultats, il va devoir amasser un trésor. Il le trouvera grâce à … Charles Darwin qui lui expliquera bien gentiment que son perroquet n’en est pas un mais qu’il est en possession d’un fameux dodo. Ensemble, ils iront le présenter en Angleterre à la Reine en espérant repartir avec un prix.

Cette aventure avec un scientifique sera l’occasion de multiples péripéties dans l’univers de la piraterie. Lord a d’ailleurs tout compris aux pirates puisqu’il parvient à s’éloigner de ce qui a été fait dans le genre récemment pour créer un univers propre et à la fois un peu différent. Ces pirates-là n’ont pas de nom et sont uniquement désignés par certains attributs (un foulard, une cicatrice, le fait d’être albinos) et ils aiment particulièrement le jambon. C’est d’ailleurs lors de la scène d’introduction de la bande, une “soirée-jambon” qu’on découvrira qu’il ne faut pas grand chose au réalisateur pour poser les bases de son univers et rendre ses personnages attachants.

L’histoire se suit avec plaisir tant les situations sont drôles (avec un coup de coeur particulier pour les voyages “sur la carte” – vous comprendrez) et les dialogues affutés. On rigole vraiment très régulièrement à haute voix, sans que les vannes ne tombent trop dans la caricature ou la référence. Peter Lord s’offre néanmoins le luxe des anachronismes, rappelant d’avantage le jeu vidéo Monkey Island qu’autre chose. On regrettera néanmoins que l’histoire rame (ah ah !) vers la fin, un comble pour un film ne durant qu’une petite heure et demi.

Mais peu importe. Si l’intrigue peine à se conclure, c’est tellement techniquement bluffant qu’on se laisse emporter par la vague.
Il ne faut pas oublier que l’utilisation de claymotion impose de réaliser des dizaines de versions de chacune des figurines pour illustrer chacune des poses et les mouvements des personnages. Ça parait relativement banal en 2012 d’autant qu’on peut être aidé par les nouvelles technologies aussi bien dans la création des personnages que dans l’utilisation succincte d’images de synthèses pour certaines choses (comme la baleine visible dans la bande annonce ou tout simplement l’eau autour du bateau). Mais chez Aardmann on aime manifestement se compliquer la vie. D’abord le film est pensé et tourné en 3D, ce qui va nécessiter de doubler les prises de vue (pour chaque pose, une photo est prise puis une seconde légèrement décalée pour le relief) mais surtout les concepteurs ont créé un univers incroyablement détaillé. Il y a des dizaines de choses à l’écran : des panneaux, des affiches, des décors ultra soignés, des petites détails qu’on ne peut voir qu’en prêtant attention aux arrières plans… Bref, c’est un travail titanesque et de très haute volée qui a été réalisé-là.

Vraiment drôle, avec d’excellents comédiens au doublage (Hugh Grant, David Tennant et Martin Freeman en tête), techniquement irréprochable, Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout met la barre très haut en matière de film d’animation pour 2012. Et la présence de London Calling des Clash dans la bande originale n’est que la preuve de film qu’on tient là un film de qualité.

3 commentaires

  • Mary Reid mercredi 21 mars 2012 13 h 33 min

    Gideon Defoe n’écrit pas de livres pour enfants. La série des Pirates est plus proche des Monty Pythons que de Winnie l’ourson!

  • Marc mercredi 21 mars 2012 13 h 50 min

    Je vais modifier ça de ce pas

  • Misutsu vendredi 23 mars 2012 11 h 40 min

    Impatient

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.