Sur CloneWeb, on n’est assez peu friands de comédies françaises. Les tentatives passées ont surtout servi à rappeler que beaucoup de productions devraient se limiter à de la diffusion télé. Mais de temps en temps, un film sort du lot.

C’est ce qu’on a senti avec Les Gamins. Les différentes avant-premières en France, la promo joliment assurée par un duo Chabat/Boublil qui avait l’air de bien s’entendre nous ont donné envie d’y jeter un oeil. C’était aussi sans compter sur les nombreux appels du pied de Gaumont, qui a multiplié les avant-premières et les projections presse.

Le film sortant face aux Profs, et si c’était les Gamins qui étaient parti pour l’emporter ?

 

Les Gamins, en voilà un film qui ne faisait pas envie. Le premier long de la nouvelle tête à claque de la scène (non) comique française (juste derrière Kev Adams) : Max Boublil, accompagné de son pote de scène Anthony Marciano. Ca nous faisait franchement peur. Surtout quand on voyait le pitch : un mec de la cinquantaine et un mec de la trentaine en train de faire leur crise d’ados, et ce qu’il sort à côté en matière de comédie française (Les Profs…). Seulement, un détail nous faisait lever un sourcil (pas les deux quand même) : la présence au casting d’Alain Chabat en tant que deuxième rôle principal, d’autant plus qu’on sait que le monsieur sait (presque) bien choisir ses rôles -on oubliera Turf-.

Les Gamins met la note haute dès la première minute du film : on ouvre sur une séquence à la Cloclo, la même que lorsqu’il va chanter Comme d’habitude la première fois sur scène. Mais là on se retrouve face à un loser dont la chanson se résume à “je t’aime” et en l’épelant ensuite. Et là, on commence à rire, du début à la fin, quasiment sans s’arrêter, en traitant d’un sujet sérieux avec beaucoup d’humour et de vérité : celui du couple et surtout de la routine qui s’installe au bout de quelques années (que ce soit 4 ou 50). On est tous passé par là, à se demander “qu’est ce qu’on fait ?”, avec cette envie de tout laisser tomber et d’être seul, et de profiter.
D’être un gamin.
Non seulement les deux protagonistes se posent cette question mais, visiblement poussés l’un par l’autre, le font. Pour le meilleur, pour le pire et surtout pour nous faire rire, puisque non seulement le duo, bien qu’improbable, Chabat / Boublil fonctionne mais nous offre clairement les meilleures parties du film. Si Boublil assure, Alain Chabat est d’une justesse incroyable et surtout hilarant. On sent une réelle alchimie entre les deux, un peu à la sorte d’un bon buddy-movie. Sandrine Kiberlain, elle, fait le boulot et Mélanie Bernier est resplendissante. Les Gamins nous offrent une belle brochette de seconds rôles et de caméos, rajoutant un peu de piment à la chose.

L’histoire est convenue et n’atteint pas les sommets de réflexion que peut nous offrir un Judd Apatow. Cependant, elle fait le job et même si on se doute de la fin et du déroulement de la chose, les personnages sont suffisamment intéressants et vrais pour qu’on s’identifie à eux. Le scénario est suffisamment prenant pour qu’on ne s’endorme pas., même si certains passages sont moins drôles (la séquence émotion), c’est très naturel puisque dans l’évolution normal de ce qu’on nous raconte, contrebalancé par de nombreux fou-rires (dont une scène avec un petit caméo très bien trouvé).
Au niveau de la réalisation, c’est plus qu’honnête, surtout pour un premier film, il y a une réelle volonté et on voit que Anthony Marciano essaye de faire bien, entraînant alors un film soigné, clair, et un peu au dessus de tout ce qu’il se fait actuellement en matière.

Clairement, tout est loin d’être parfait dans Les Gamins, mais il y a tellement de bonne volonté, surtout pour un premier film, et on passe un si bon moment, qu’on ne peut qu’être conquis.

 

Les Gamins – Sortie le 17 avril 2013
Réalisé par Anthony Marciano
Avec Alain Chabat, Max Boublil, Sandrine Kiberlain
Tout juste fiancé, Thomas rencontre son futur beau-père Gilbert, marié depuis 30 ans à Suzanne. Gilbert, désabusé, est convaincu d’être passé à côté de sa vie à cause de son couple. Il dissuade Thomas d’épouser sa fille Lola et le pousse à tout plaquer à ses côtés. Ils se lancent alors dans une nouvelle vie de gamins pleine de péripéties, persuadés que la liberté est ailleurs.
Mais à quel prix retrouve t-on ses rêves d’ado ?…

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