Critique : Lego Ninjago, le film

Charlie Bean a commencé sa carrière sur les Vacances des Tiny Toons. Passé par Batman ou les Animaniacs, il a ensuite rejoint l’écurie de Genndy Tartakovsky et a travaillé sur Samurai Jack, le Laboratoire de Dexter et les Super Nanas.

Après s’être fait remarquer pour avoir réalisé l’excellente mais trop peu connue série Tron La Révolte, suite spirituelle de Tron Legacy, le voici aux commandes de son premier long-métrage pour Animal Logic, Lego et Warner Bros : Ninjago.

 

LA CRITIQUE

Pour le troisième long métrage animé de la franchise, Lego et Warner ont choisi de s’intéresser à une des gammes déjà déclinées sur de multiples supports. Après La Grande Aventure qui jouait avec des petites briques colorées issues de tous les univers et les super-héros de Lego Batman, voici donc l’heure des Ninjago. Si vous avez plus de quinze ans, vous ne devriez connaitre que les boites qu’on trouve en vente un peu partout. Pourtant, Ninjago est aussi une série animée qui en est à sa huitième saison pour un total de 74 épisodes diffusés depuis 2001 et partiellement disponible sur Netflix.

Le film reprend la base de l’univers : le vieux maitre, les héros colorés comme des personnages de sentaï, le grand méchant et quelques détails pour plaire aux amateurs de la série. L’animation, elle, reprend les codes des deux premiers longs et le travail de titan réalisé par Animal Logic. Si le coté “tout en Lego” a malheureusement été mis de coté pour céder sa place à de la vraie eau, du vrai feu et de véritables plantes, les constructions sont une nouvelle fois très impressionnantes et le soin apporté aux mouvements saccadés, aux textures, aux pièces et au rendu global est absolument dingue.

Mais de quoi parle Ninjago ? D’une ville faisant penser à Hawaii régulièrement envahie par un grand méchant et protégée par une équipe de ninjas colorés pilotant des engins géants. Comme dans les séries japonaises, ils renvoient régulièrement le bad guy et ses sbires dans le volcan qui leur sert de base et il revient avec un plan encore plus diabolique encore pendant qu’eux retournent à leur identité de civils lycéens. Tout aurait pu se passer pour le mieux si ce n’est que le héros vert Lloyd est le fils de son ennemi juré. Après une scène de dialogues samplée sur Secret Garden de Bruce Springsteen, il va utiliser “l’arme ultime” … qui ne fera rien d’autre que de libérer un monstre géant sur la ville. Tout ce petit monde, père et fils compris, partiront alors en quête de “l’arme ultime ultime” pour ramener de l’ordre dans Ninjago et régler en chemin des histoires de famille.

L’histoire est donc très lambda, sorte de parcours héroïque prévisible dans lequel Lloyd va devoir découvrir ce fameux pouvoir intérieur tout en mettant de l’ordre dans ses relations avec son père. Ce que les multiples scénaristes oublient au passage, c’est que Ninjago est un film d’équipe. Tous les co-équipiers du héros sont donc réduits à pas grand chose. Il y avait pourtant un potentiel que le spectateur que je suis aurait aimé voir développer, parce qu’ils sont tous différents et que l’un d’eux est un robot (pourquoi d’ailleurs ?). Certains passages visibles dans les premiers teasers (et la première photo d’illustration de ce papier) laissent penser que des aspects de l’histoire ont été mis de coté pour une grande aventure familial – un peu trop banale.

Heureusement, les scènes d’action sont plutôt cool (et donnent envie d’acheter de grands méchas à construire, Lego a donc une nouvelle fois assuré de ce coté là) et les réalisateurs Charlie Bean, Bob Logan et Paul Fisher n’ont pas oublié qu’ils étaient les successeurs de Phil Lord et Chris Miller, du moins pour le moment. De fait, l’aspect meta est une nouvelle fois présent avec toute une scène d’introduction tournée en live et quelques idées bien pensées. Et l’humour débile et décalé de La Grande Aventure est bien utilisé. Ou pour faire court : on se marre bien. On notera aussi un soin particulier apporté à la version française (et même du coté de Teddy Riner qui joue ses rares lignes avec enthousiasme), chose importante puisqu’il ne devrait pas y avoir de copie VO lors de la sortie cinéma.

Sans être un mauvais film, Lego Ninjago parait bien fade. Batman avait au moins le mérite d’une réalisation folle et d’une hystérie contagieuse. La Grande Aventure est toujours au sommet. Le résultat est soigné mais insuffisant pour qui n’est pas un fan de la franchise déjà en place. A voir si vous avez des enfants accros. Ou alors plus tard en blu-ray pour avoir l’occasion d’entendre Justin Theroux, Jackie Chan, Olivia Munn et Dave Franco.

Lego Ninjago Le Film, de Charlie Bean, Paul Fisher et Bob Logan – Sortie le 11 octobre 2017



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