Difficile de passer à coté du nouveau film de Bertrand Blier : le réalisateur des Acteurs met face à face Jean Dujardin et Albert Dupontel. L’un dans le rôle d’un alcoolique et l’autre dans celui … de son cancer !
Difficile de passer à coté, donc voici la critique du film du réalisateur des Valseuses par Angéline.

Le Bruit des Glaçons – Sortie le 25 août 2010
Réalisé par Bertrand Blier
Avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro

C’est un sujet assez tabou que Bertrand Blier (Les valseuses, Combien tu m’aimes ?) décide de mettre en scène dans son nouveau film : Le bruit des glaçons. Cependant, pour éviter de tomber dans le documentaire médical ou le drame macabre, le réalisateur opte pour une comédie où le cancer est personnifié par Albert Dupontel (Un long dimanche de fiançailles, Paris..). Et si l’on se pose des questions quant au choix du titre du film, la réponse arrive bien vite : le bruit permanent du tintement des glaçons dans le seau à glace nous laisse découvrir, Charles, un personnage alcoolisé qu’incarne Jean Dujardin.

C’est l’histoire d’un homme qui reçoit la visite de son cancer. ” Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance… “

Dujardin revient dans les salles obscures en incarnant cette fois un cancéreux alcoolique et solitaire. Il campe un personnage dramatique à l’allure d’un sans-abri qui noie son manque affectif dans un seau à glace. Cet homme quitté par sa femme vit dans une grande maison dans la ville de Nice où Louisa, la bonne lui tient une maigre compagnie. La personne qu’incarne Anne Alvaro accentue le côté macabre de cette comédie décalée. Ses traits sont fatigués et sa présence fantomatique dans la demeure depuis plusieurs années ajoute quelques notes angoissantes. Son histoire d’amour naissante avec Jean Dujardin dissipe assez vite cette atmosphère pour laisser place à la légèreté qui permet au film de souffler un peu.

Le répit sera de courte durée. En effet, Anne Alvaro tombe un peu plus tard entre les mains d’une petite dame potelée vêtue de noir : son cancer du sein. Le ton sarcastique monte alors d’un cran. Les cancers mâle et femelle n’en finissent pas d’accumuler les répliques crues saupoudrées d’humour noir.

Bertrand Blier traite alors un sujet qui ne s’y prêtait pas avec beaucoup de légèreté. On rit beaucoup des dialogues cinglants entre Mr le Cancer et le malade. Les deux acteurs se donnent merveilleusement bien la réplique et nous offre des moments aussi drôles que sarcastiques. Ces répliques et leur répondant sauvent d’ailleurs la lenteur du film qui parfois devient pesante : Blier nous enferme dans la solitude de Charles et parfois on peine à en sortir. Beaucoup de scènes ont lieu la nuit Et quand elles ont lieu le jour, la caméra reste cloîtrée dans la demeure niçoise.
Les couleurs sont aussi très sombres et plus le cancer s’impose plus on a l’impression de s’enfoncer dans un grand tunnel froid. Les regards face caméra impliquent certes le spectateur mais renforcent le sentiment de malaise. Heureusement la répartie de Charles et de son cancer brise cette ambiance macabre.

Le film apparaît à juste titre comme une pilule dédramatisante sur le cancer, avec une fin laissant aussi une libre interprétation qui permet aux spectateurs de laisser son imaginaire prendre les choses en main.

– Angéline

1 commentaire

  • Kdace mardi 17 août 2010 1 h 59 min

    Blier, Dupontel, Dujardin ça envoie :)

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