Après Sonic la semaine dernière ainsi que Le Prince Oublié, les distributeurs remplissent les plannings de films destinés à être vus en famille. Forcément, nous sommes en pleines vacances scolaires. Après Sonic donc, voici venu le temps de l’Appel de la Forêt avec Omar Sy et Harrison Ford.

 

LA CRITIQUE

En 1897, l’auteur de Croc Blanc Jack London part vers le Klondike pour chercher de l’or. Il y restera une année, jusqu’à ce qu’il contracte le scorbut et soit obligé de rentrer à San Francisco après, notamment, avoir parcouru plus de 3000 km sur la rivière Yukon. De quoi trouver de l’inspiration pour ses futurs romans dont le fameux Appel de la Forêt. Si London a montré la cruauté de l’homme face au monde animal et à la nature à travers des scènes explicites et parfois très violentes, Chris Sanders, lui, livre une vision beaucoup plus paisible de l’histoire. L’Appel de la Forêt version 2020 est une belle histoire à destination des plus jeunes.

Vous allez faire la connaissance de Buck, un chien gaffeur mais sympathique qui fait la joie d’une famille bourgeoise du Sud des USA. Imaginez Nana dans le Peter Pan de Disney. Mais Buck est un chien massif et puissant et en pleine ruée vers l’or, il attise les convoitise. Il se fait donc enlever et se retrouve vendu en Alaska. Heureusement pour lui, il va faire la rencontre de deux personnages : Perrault (Omar Sy) qui doit transporter du courrier en traineau tiré par des chiens puis John, un homme marqué par la mort de son fils qui part s’isoler dans le Klondike.

Le film est donc découpé en deux parties distinctes, Ford et Sy n’ayant pratiquement pas de scènes communes. De toutes façons, le personnage principal est le chien, entièrement numérique et même si le personnage de Ford fait également office de narrateur en voix off. L’Appel de la Forêt fait très attention à être un film gentil, qu’on recommandera aux plus jeunes. Les péripéties sont raisonnables (une chute de traineau, une avalanche dont l’issue est facile à deviner) et chaque moment se voulant brutal est mis en scène de manière à ce que le spectateur ne voit rien. Buck se fait battre à la matraque et en ressort traumatisé mais le mouvement de son agresseur est d’abord filmé en ombres chinoises pour finir hors champs. Tout le film se veut raisonnable comme l’était aussi la version récente et animée de Croc Blanc.

Et si le premier acte se suit avec plaisir, l’Appel de la Forêt ne décolle qu’en seconde moitié. Tout le mérite revient à Harrison Ford qui signe ici son meilleur rôle depuis bien bien longtemps. Soulignons aussi tout le talent de Richard Darbois pour la version française. Le comédien, résident des DOM TOM, se fait plus rare mais quand il revient il le fait à fond. Qui plus est, le long métrage se mue en une fable écologique où on nous explique que l’homme ne fait que passer et que l’immensité des décors qu’il traverse est, elle, immuable. Par ailleurs, Buck va faire la connaissance dans le dernier acte de l’histoire d’une meute et d’une louve en particulier… Et on se souvient alors que Chris Sanders avait co-réalisé le premier Dragons.

Le souci, c’est que Sanders -qui avait un temps envisagé de faire le film en animation- se retrouve avec un résultat imparfait visuellement. L’abus du numérique aussi bien pour les animaux que les multiples fonds verts se voit. Moins que dans les différentes bandes-annonces mais quand même. On se retrouve avec un rendu presque hybride mais qui ne s’assume jamais en tant que tel, lorgnant beaucoup trop vers le photoréalisme. Certains plans sont ratés et d’autres fonctionnent. Il faut dire que le dernier acte a été tourné en décor réel et que ça se voit. On a beau tout essayer, rien ne remplacera jamais une vraie forêt et de la vraie neige. On se demande de fait ce qu’est allé faire Janusz Kamiński, le directeur de la photo doublement oscarisé et attitré de Steven Spielberg. A l’inverse, John Powell fait une nouvelle fois un boulot musical bien sympathique. 

L’Appel de la Forêt renoue avec l’âge d’or des films en prise de vue réelles destinés aux enfants comme Robert Stevenson en a signé quelques uns dans les années 60 et qui étaient alors produits par Walt Disney. Ironie du sort, le film de Sanders a beaucoup avoir toutes les qualités d’une prod issue de la firme aux grandes oreilles, il est à l’origine une production 20th Century Fox, devenu depuis 20th Century Studios depuis le rachat par … Disney.

Pas toujours à l’aise techniquement, l’Appel de la Forêt est un sympathique divertissement uniquement destiné à vos enfants. Si vous considérez que vous n’êtes plus en âge de lire le Journal de Mickey, alors vous pouvez passer votre chemin mais attendre votre descendance à la sortie. Nous sommes trop vieux pour ces aventures, pas eux.

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