Ce mercredi 7 mai, à un peu plus d’une semaine du festival de Cannes qui bousculera les plannings pendant deux semaines, sortent près d’une vingtaine de films en comptant les reprises, certains ayant été présentés sur la Croisette en 2013 et se dépêchant de finalement avoir droit à une sortie salles pour ne pas avoir l’air ridicule comme Sarah préfère La Course.

Et s’il est d’avantage recommandé d’avoir voir un chouette polar français, vous pourrez aussi hésiter entre Arnold devant la caméra de David Ayer, Colin Firth amoureux d’Emily Blunt et … La Voie de l’Ennemi, nouveau film de Rachid Bouchareb.

Ou quand Forest Whitaker incarne un taulard tout juste sorti de prison.

 

Rachid Bouchareb, consacré pour Indigènes et plus récemment pour Hors La Loi a mis en route une trilogie de films évoquant les liens entre les Etats Unis et le “monde arabe”. La premier volet, Just Like A Woman, était un téléfilm mettant en scène Sienna Miller et Golshifteh Farahani, road-movie à travers les USA. Le second, toujours en préparation, s’intitulera Belleville Cop et sera un buddy movie “à la 48 Heures” avec Jamel Debbouze et Queen Latifah. Le troisième est celui qui nous intéresse aujourd’hui : La Voie de l’Ennemi, avec Forest Whitaker, très librement inspiré de Deux Hommes dans la Ville avec Delon et Gabin.

Sélectionné à Berlin en 2014, La Voie de l’Ennemi se focalise sur le personnage de Whitaker, sorti de prison après avoir purgé une peine de 18 ans pour le meurtre du shérif adjoint d’une petite ville à la frontière mexicaine. Il va recevoir l’aide d’Emily, son officier de probation également installée depuis peu dans le désert, espérant venir en aide à ceux qui ont besoin et se couler une petite vie tranquille. La difficulté viendra du shérif local qui voit d’un bien mauvais oeil la sortie de prison du meurtrier de son collègue.

Toute l’intérêt du film de Bouchareb, qui enchaine les plans les plus larges possibles comme pour nous présenter des cartes postales des grands espaces, repose sur Forest Whitaker. Le comédien est une nouvelle fois au sommet de sa forme et parfaitement taillé pour le rôle d’une ancienne petite frappe qui s’est reconvertie. Brenda Blethyn, Prix d’Interprétation en 1996 à Cannes pour Secret & Lies et qui avait déjà tourné avec Bouchareb dans London River, n’est pas en reste. Les deux acteurs brûlent la pellicule par leur talent et leur implication.

Et s’il est toujours agréable de retrouver Harvey Keitel dans la peau d’un flic, il faut bien admettre que cette Voie n’est pas vraiment parsemée de rebondissements. On comprend assez vite où le réalisateur veut en venir : évoquer la difficulté de la réinsertion, surtout quand de nombreux “problèmes” viennent s’ajouter. Une petite communauté, un endroit isolé et un sorti de prison à la fois noir et converti à l’Islam, rien n’est fait pour aider ce pauvre Withaker à se réinsérer dans la société. Une fois tout cela mis en place, le récit a bien du mal à décoller et il va pour ainsi dire ne pas se passer grand chose jusqu’à ce qu’au dénouement.
La conclusion d’ailleurs a également du mal à venir tant Bouchareb semble empêtré dans un récit qu’il ne sait pas comment terminer, si ce n’est comme on l’avait deviné depuis le début.

Au final, La Voie de l’Ennemi où il ne se passe pas grand chose si ce n’est ce qu’on avait deviné depuis le début. On a d’ailleurs bien du mal à comprendre en quoi le film fait partie de la trilogie de Rachid Bouchared consacrée au monde arabe. Certes, le personnage principal s’est converti à l’Islam mais ce n’est pas sa “caractéristique” principale. Il est d’abord un ex-taulard tueur de flic, qui plus est black, dans un Etat peu connu pour sa tolérence. Reste Forest Whitaker, impérial comme toujours.

 

La Voie de l’Ennemi – Sortie le 7 mai 2014
Réalisé par Rachid Bouchareb
Avec Forest Whitaker, Harvey Keitel, Brenda Blethyn
Garnett, ancien membre d’un gang du Nouveau Mexique vient de passer 18 ans en prison pour meurtre. Avec l’aide de l’agent, Emily Smith, policière chargée de sa mise à l’épreuve, il tente de se réinsérer et de reprendre une vie normale.

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