Parmi les sorties cinéma de ce mercredi 15 avril vous pourrez découvrir la première réalisation de Russell Crowe, La Promesse d’une Vie (ou The Water Diviner en version originale, le Sourcier).

Basé sur le livre du même nom écrit par Andrew Anastasios et Meaghan Wilson-Anastasios, La Promesse d’une Vie rassemble devant la caméra Crowe lui-même qui s’est gardé le premier rôle mais aussi Jai Courtney, Olga Kurylenko ou Isabel Lucas.

Prêt à voyager d’Australie en Turquie ?

 

LA CRITIQUE

Deux semaines après que le premier long-métrage de Ryan Gosling sorte dans nos salles obscures, celui d’un autre acteur émerge après lui. Cependant, Russell Crowe n’est pas un jeune artiste dandy qui débarque d’on ne sait où avec sa grosse carrière sur le grand écran. L’acteur néozélandais a joué pour les plus grands (Ridley Scott, Michael Mann, Peter Weir ou Sam Raimi) qui l’ont sans doute inspiré pour se lancer dans cette grande fresque qu’il a tenu à mettre en scène lui-même. Néanmoins, ses dernières apparitions au cinéma semblaient loin de son aura des années 1990 et 2000 dans le rôle de Javert dans la comédie musicale les Misérables, du bâtisseur de brique flottante dans Noé ou en père de Superman inséré dans une clé USB dans Man of Steel. Qu’en est-il alors de cette Promesse d’une vie ?

Sur le papier, le projet est alléchant.

À partir d’une ligne d’un rapport militaire d’un lieutenant-colonel australien, le scénario a tissé le récit d’un père parti de l’île-continent chercher ses fils, envoyés combattre en Turquie dans la bataille des Dardanelles en 1915. Russell Crowe ouvre d’ailleurs sont film sur la bataille entre ces australiens se battant, pour la première fois de leur histoire, sous leurs propres couleurs. Comme à Verdun ou ailleurs, la mécanisation de la guerre va broyer les hommes de chaque camp et les poussera, quatre ans plus tard, à s’allier dans la quête d’identification des corps qui jonchent les lieux de la bataille. Pourtant, bien qu’ils singent les standards actuels de mise en scène de l’action, les placements de caméra ou les choix de montage effectués a posteriori sur les séquences de bataille ne rendent pas l’ampleur du carnage souhaité par son réalisateur.

Avec ce sourcier qu’il incarne, Crowe pose comme référence première John Ford. Cet homme perdu au milieu du bush, dont la femme mourra de chagrin d’avoir perdu ses trois fils, est typique des damnés de la terre dépeints dans les westerns fordiens. Joshua Connor qui n’a plus rien le retenant chez lui, partira pour la Turquie avec ce qu’il lui reste d’économies pour retrouver les corps de ses fils.

Bien que l’on s’en soit un peu douté dans le premier acte, la véritable nature de La Promesse d’une Vie se révèle complètement par la suite. Commençant comme un film sur la guerre et ses terribles conséquences, celui de Russell Crowe effectue alors plusieurs écarts. Une séquence comique avec un enfant bagagiste et, surtout, une séquence romantique avec la belle Olga Kurylenko qui s’occupe de l’hôtel dans lequel résidera à Istanbul. Il s’installe alors un climat étrange. La Promesse d’une Vie révèle sa véritable nature de mélodrame digne des plus grands soap opera où l’histoire se traine sur la relation naissante entre ce veuf australien et cette belle et jolie jeune veuve turque. Malheureusement, la subtilité des émotions n’est pas le fort de Crowe qui s’embourbe tout seul dans cette digression qui finira par prendre le pas sur tout le reste.

Cela s’avère décevant compte tenu de ce que proposent les péripéties du sourcier sur le lieu de la bataille. Nous croisons même Jai Courtney en militaire australien dans l’une de ses premières bonnes interprétations à l’écran (si ce n’est pas la première). De temps à autre, la finesse de bulldozer du réalisateur Russell Crowe refait surface avec des grandes tirades sur le fait que la guerre c’est pas bien ! Il aurait pu s’en passer allégrement face au contexte plutôt original des deux anciens ennemis qui se retrouvent ensemble après la guerre. La grande Histoire reprend progressivement le dessus quand les Grecs continuent leur guerre contre la Turquie dans la région, en toute impunité. Les combattants de l’Empire Ottoman vaincus ne peuvent répliquer sous peine de se faire encore plus réprimer par les forces de la Triple Entente. La Première Guerre mondiale n’est pas finie et cet australien en fera l’expérience en se retrouvant au milieu de nouveaux champs de bataille, loin de chez lui.

La Promesse d’une Vie a bien du mal à convaincre. Allant et venant au gré de flashbacks téléphonés, le premier long-métrage de Russell Crowe manque d’efficacité en multipliant inutilement les thèmes qu’il compte aborder en profondeur. Au final, il ne parviendra pas à en traiter un seul correctement. Pavé de bonnes intentions et d’une réelle ambition cinématographique, Crowe réalisateur trébuche en cherchant à mettre tout ce qu’il lui tient à cœur dans sa première œuvre. Il n’en ressort qu’un gros mélo pas finaud, dont la dernière scène atteste que ce sourcier n’était pas parti, à des milliers de kilomètres de chez lui, chercher ses fils ou même de l’eau, mais l’amour !

 

La Promesse d’une Vie (The Water Diviner) – Sortie le 15 avril 2015
Réalisé par Russell Crowe
Avec Russell Crowe, Olga Kurylenko, Yılmaz Erdoğan
La Promesse d’une vie est une épopée d’aventures se déroulant en 1919, 4 ans après la terrible bataille des Dardanelles, dans la péninsule de Gallipoli. Un paysan australien, Joshua Connor se rend en Turquie à la recherche de ses trois fils portés disparus. Malgré les barrages de la bureaucratie militaire, sa détermination ne fléchit pas. Il est d’abord aidé par la belle Ayshe, la propriétaire de l’hôtel dans lequel il séjourne à Constantinople, puis par un officier turc ayant combattu contre ses fils. Pour découvrir la vérité et enfin trouver la paix intérieure, Joshua, accompagné du Commandant Hasan, est contraint de sillonner un pays ravagé par la guerre où la frontière entre le Bien et le Mal n’est plus si nette et l’ennemi si clairement identifiable.

2 commentaires

  • Xavier lundi 13 avril 2015 13 h 44 min

    “Parmi les sorties cinéma de ce mercredi 15 avril vous pourrez découvrir la première réalisation de Ridley Scott…” Je pense qu’on a pas fini d’entendre parler de ce jeune réalisateur.

  • Marc lundi 13 avril 2015 17 h 09 min

    Oups…

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.