Netflix conclut la fin d’année en fanfare. Sont attendus Michael Bay, Martin Scorsese, Steven Soderbergh ou encore Vincenzo Natali. Mais on commence plus doucement, avec le nouveau film de Jim Mickle : In the Shadow of the Moon.

 

LA CRITIQUE

On avait repéré Jim Mickle lorsque son Stake Land est passé à l’Etrange Festival. Et c’est cinq ans après sa sélection au Festival de Cannes pour Cold in July que le réalisateur revient… sur Netflix. Pour l’occasion, il fait appel à son camarade Michael C. Hall et embauche Boyd Holbrook dans un chouette polar aux accents surnaturels taillé pour la plate-forme.

In the Shadow of the Moon s’ouvre sur les vitres d’un immeuble qui éclatent. Au ralenti, la caméra montre une explosion -un attentat- au rez de chaussée dans la rue. Puis, sans aucun explication sur ce qu’on vient de voir, on bascule dans les années 90 pour découvrir deux flics américains en uniforme dans leur bagnole. Ils vont se rendre sur une série de meurtres pour découvrir que les victimes ont eu le cerveau fondu. Tenace, Lockhart (Holbrook) va découvrir qui est à l’origine des meurtres et l’arrêter. Jusqu’à ce qu’il découvre neuf ans plus tard que des crimes similaires se produisent.

Ce qui commençait comme un polar sombre et efficace va basculer dans quelque chose de différent. Saluons la mise en scène de Jim Mickle qui a quelques scènes très efficaces à proposer. Le bougre est à l’aise avec les scènes d’action et aime manifestement voir des éclats de verre voler au ralenti. Et la photo de David Lanzenberg, surtout pour la première partie majoritairement tournée de nuit, est très belle. Et même si le réalisateur et ses scénaristes passent par quelques clichés sur la police pour décrire leur héros, l’ensemble fonctionne suffisamment pour qu’on se prenne au jeu.

Les différentes avancées dans le temps seront les avantages et les défauts de l’histoire. On se prend au jeu des apparitions régulières et de la tueuse et du fait que le héros n’a qu’une journée pour tenter de l’en empêcher, toujours à travers d’efficaces scènes. Mais au fond, le film ne prend pas assez le temps de se poser. Le personnage d’Holbrook vire obsédé par sa nemesis au fil du temps et les réponses à nos questions commencent à faire surface mais on ne peut s’empêcher de penser que le réalisateur ne fait que survoler son sujet. La partie “surnaturelle” aussi aurait méritée d’être plus posée mais on n’en dira pas d’avantage pour ne pas gâcher les quelques surprises qui parcourent le récit.

Mais In the Shadow of the Moon est le film idéal pour une plate-forme comme Netflix. Cool mais pas assez dingue pour trouver sa place en salle, il aurait échoué au fin fond des DTV ou dans des festivals auxquels tout le monde n’a pas forcément accès. Ici, il est disponible à tous et vous pouvez vous offrir un petit plaisir efficace d’un peu moins de deux heures. Par ces jours pluvieux, ce n’est déjà pas si mal.

In the Shadow of the Moon, de Jim Mickle – Disponible sur Netflix

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