Auréolé de deux prix d’interprétations pour Adam Driver et Alba Rohrwacher à la dernière Mostra de Venise, Hungry Hearts sort dans les salles ce mercredi.

Ce drame de couple aura fort à faire face au Dernier Loup de Jean-Jacques Annaud et surtout face à Birdman qui devrait susciter l’engouement du public se demandant ce que peut valoir le film aux quatre oscars.

Mais les deux Coupes Volpi remportées au festival italien et d’autres raisons nous ont poussé à aller le voir en avance pour vous en parler.

 

LA CRITIQUE

En 1980, Bruce Springsteen sortait une chanson intitulée Hungry Heart (coeur affamé, au singulier) qu’il avait écrite pour Joey Ramone. Elle a été utilisée plusieurs fois au cinéma notamment dans En Pleine Tempête, Ricky Business ou plus récemment dans Warm Bodies. Et je dois bien avouer que le film de Saverio Costanzo m’a d’abord attiré à cause de son titre similaire (et bien qu’au pluriel). La deuxième raison qui m’a attiré vers le métrage était l’envie de découvrir un vrai long avec Adam Driver dans le rôle principal, lui qui sera bientôt à l’affiche du Réveil de la Force.

Grand bien m’en a pris puisque, si l’histoire n’a rien à voir avec le titre du Boss, Driver lui y est exceptionnel.

Le film s’ouvre sur une scène hilarante : Adam Driver est tranquillement installé dans les toilettes d’un restaurant chinois. Mina y rentre aussi et s’y retrouve coincée, dans la petite pièce où se trouve le lavabo. Alors que l’odeur pestilentielle de ce que Jude (Driver) a laissé dans la cuvette envahit la pièce, ils vont faire connaissance. Puis ils vont sortir ensemble, vivre ensemble. Et faire un bébé. C’est là que tout va basculer puisque Mina (Alba Rohrwacher, incroyable) va devenir sur-protectrice du nourrisson, au point de mettre sa vie en danger. Et Jude lui va se retrouver un peu coincé.

Je crois que l’humour de l’introduction est important, parce que le film va plonger petit à petit dans la noirceur et le sourire du spectateur va se retrouver en grimace. Il était important d’évacuer, de rire franchement pour ensuite se laisser porter par une histoire bien complexe et qui va évoluer vers quelque chose d’extrêmement sombre. En effet Mina va brutalement changer. Beaucoup de parents changent dans leur comportement, voir dans la relation avec les autres quand ils découvrent la paternité. Elle va le faire dans le mauvais sens, décidant que son bébé ne doit pas manger viande et sortir le moins possible. Jude va mettre du temps à s’en rendre compte, pas parce que son bébé est en mauvaise santé mais parce qu’il ne grandit pas comme les autres, bien en dessous des courbes de croissance habituelles.
Surtout, il va se retrouver d’abord perdu puis coincé face à une femme qui devient tyrannique et dont il a peur de se séparer. On n’est pas si loin de la situation de couple d’un Gone Girl, le macabre en moins.

Si les deux acteurs sont très bons et la réalisation très réussie, on peut regretter que Hungry Hearts ne montre qu’une descente aux enfers sans la moindre petite lueur d’espoir. Vous vous souvenez de Detachment, le film de Tony avec Adrien Brody ? Le long métrage de Saverio Costanzo est dans le même style. On aurait aimé y apercevoir quelque chose de positif, une amélioration.

Faut-il alors aller au cinéma pour le voir ? Tout le monde y fait un travail remarquable, chose pour laquelle vous pourriez payer un ticket. Mais si comme moi, vous aimes les happy ends au point de ne pas regretter la conclusion de la Guerre des Mondes, alors passez votre chemin.

 

Hungry Hearts – Sortie le 25 février 2015
Réalisé par Saverio Costanzo
Avec Adam Driver, Alba Rohrwacher, Roberta Maxwell
Jude est Américain, Mina Italienne. Ils se rencontrent à New York, tombent fous amoureux et se marient. Lorsque Mina tombe enceinte, une nouvelle vie s’offre à eux. Mais l’arrivée du bébé bouleverse leur relation. Mina, persuadée que son enfant est unique, le protège de façon obsessionnelle du monde extérieur. Jude, par amour, respecte sa position jusqu’à ce qu’il comprenne que Mina commence à perdre contact avec la réalité.

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