James Marsh aura fort à faire ce mercredi 27 mars face au mastodonte Dumbo de Tim Burton.

Six mois après l’Angleterre, trois mois après sa sortie américaine, King of Thieves arrive enfin dans les salles française avec le bien trop rare Michael Caine dans le rôle principal.

 

LA CRITIQUE

Nous l’avions rencontré il y a déjà six ans pour Shadow Dancer avec Clive Owen. Il nous avait marqué avec le très beau biopic Une Merveille Histoire de Temps. Aujourd’hui, James Marsh revient là où ne l’attendait pas forcément : au film de casse, et même au film de casse nostalgique puisque ce King of Thieves (c’est son titre original) aligne les vieux acteurs anglo-saxons cultes pour un dernier ride.

Avec l’aide d’un jeune cambrioleur (Charlie Cox, toujours impeccable), un vieux voleur réunit ses copains d’époque pour un gros coup : s’introduire dans la salle des coffres d’une société de dépôt en perçant le mur voisin, et tout en profitant d’un long week-end férié pour que personne ne vienne les déranger. Tout cela pourrait ressembler à un film de casse des plus classiques si ce n’est que tout le monde est désormais vieux, avec toutes les conséquences que ça peut impliquer aussi bien sur le physique que sur le mental.

Pour raconter son histoire, James Marsh met face à face Michael Caine, Jim Broadbent, Ray Winstone ou encore Michael Gambon (parfait en vieil octogénaire un peu cinglé). Et nous, on redécouvre des acteurs qui prennent beaucoup de plaisir à tourner ensemble. Chaque personnage est proprement introduit et comme dans tout film à la Ocean’s Eleven, tout le monde l’est pour une capacité ou une qualité bien précise. Caine est démentiel et Ray Winstone confirme qu’il est toujours trop rare.

Le réalisateur fait plein d’effort pour maintenir un rythme mais difficile pour autant de s’accrocher à ce qui se passe à l’écran. Citons néanmoins le boulot du monteur qui fait ce qu’il peut et une enquête policière tournée efficacement sans la moindre ligne de dialogue. Pour la défense de Marsh, le film est basée sur une histoire vraie. Tous les cambrioleurs cités ont vraiment fait ce qu’on voit mais malheureusement pour nous le plan de base est bien plus plan-plan (!) qu’au cinéma. Peut-être le récit aurait-il mérité d’être plus écrit ? Quoiqu’il en soit, Marsh aligne les clichés et va cocher toutes les cases du genre, de la planification qui manque de mal tourner, aux engueulades et trahisons entre les personnages en passant par la dite enquête policière. Même si c’est un des buts manifestes du projet de nous renvoyer à d’anciens films, des images d’archives dont le fameux Italian Job avec Michael Caine sorti en 1968, on ne peut s’empêcher d’avoir une sérieuse impression de déjà-vu, mais ailleurs et en mieux.

Le projet aurait pu donner un résultat incroyable dans les mains d’un réalisateur qui a une énergie communicative. Ici la mayonnaise a bien du mal à prendre, au point que se demande ce que peut valoir l’autre long métrage sorti en 2017 sur le même casse, The Hatton Garden Job, avec Matthew Goode et Larry Lamb.

Mais ce King of Thieves est à l’image de ses comédiens, rhumatisant.

Gentlemen Cambrioleurs, de James Marsh – Sortie le 27 mars 2019

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