On pourrait reprocher à l’affiche de Gaspard va au Mariage de fortement ressembler à celle de Capitaine Fantastic, le chouette film avec Viggo Mortensen. On pourrait aussi apprécier qu’on tente quelque chose de différent, d’éloigné des visuels classiques des comédies françaises.

Et si Gaspard va au Mariage, long métrage d’Antony Cordier avec Félix Moati, Laetitia Dosch et Christa Théret était une comédie différente ?

 

LA CRITIQUE

L’homme est un ours pour l’homme

Gaspard (Félix Moati) est dans un train, direction le zoo familial. Le trajet est interrompu par un groupe de militants, parmi eux, Laura (Laetitia Dosch). Elle est ici par hasard, elle était avec son gros sac à dos, sur la route et puis les a croisé, eux et leurs croissants. Elle avait faim alors elle a mangé. Et puis, sans absolument prononcer aucun mot, elle se retrouve menottée aux rails. Elle s’évanouit, certainement assoiffée, affamée, et puis Gaspard la fait monter dans le train, lui offre un café. Ils discutent et rapidement il lui propose un nouveau défi, à elle, l’aventurière. Celui de jouer sa petite-amie lors du remariage de son père. Après une négociation peu serrée, elle accepte.

Et ensemble, nous débarquons dans l’antre familial. Une famille très étrange, une belle-mère, Peggy, (Marine Foïs) vétérinaire, mutine et qui ne dit mot que pour donner de grandes leçons existentielles – qui font plus ou moins sens, c’est selon le nôtre, de sens -, un père (Johan Heldenberg) exhibitionniste à l’accent charmant, un frère (Guillaume Gouix) un peu écorché et une petite sœur (Christa Théret) amoureuse de son frère Gaspard, belle, pleine de désir, et qui se prend pour un ours – peau de bête sur le dos, odeur tenace au corps et extase sensorielle avec grattage en règle contre un arbre inclus.

Le film se découpe en quatre chapitres. Chacun évoluant autour d’une situation précise, pour l’un des personnages, et ce, sous la forme d’une sorte de conte. Il y a dans cette comédie quelque chose de touchant, de sensible, d’exquis moments – de danse, de paroles échangées, de réflexions personnelles – et puis une idée sous-jacente ; finalement l’homme est animal.

Les échanges entre les protagonistes de cette famille légèrement décalée sont bestiaux, ils se sentent, se reniflent, beaucoup, se regardent intensément, se dévisagent, se touchent, et n’ont aucun complexe avec leur nudité. Ce qui peut surprendre. Le père nu devant ses enfants, le frère et la sœur, pourtant dans la vingtaine nus dans une baignoire. D’ailleurs, la relation entre ces deux-là est assez spéciale, libre à chacun de l’interpréter comme il l’entend. Le petit point orchestré d’une voix de maître par Peggy (Marina Foïs) face à une Laura (Laetitia Dosh) aussi incrédule que nous peut désorienter.

Et c’est justement parce qu’il déroute, ce film, que l’on prend plaisir à le regarder. Car chaque scène « déroutante » du moins, du point de vue de nos morales – car il est nécessaire de préciser que ce qui « choque » l’un, peut fasciner l’autre, voire ne rien provoquer chez celui du siège d’à côté – chaque scène, donc, provoque l’intérêt et le développement d’une réflexion sur nos comportements, nos façons de dire, de faire, d’être. Et puis, chacune de ces scènes semblent détenir un secret. Rien n’est filmé sans sens. Comme si tout voulait dire quelque chose. Et puis, il faudrait préciser, noter, mettre à part l’histoire de ce père, attachant, qui veut bien faire mais ne sait pas comment et sa relation, amusante, avec Peggy.

Gaspard va au mariage, et nous entraîne dans un zoo empli de tendresse, drôle, et lourd de symboles.

Gaspard va au Mariage, d’Antony Cordier – Sortie le 31 janvier 2018

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