Et de trois ! C’est en train de devenir une habitude : tous les deux, Sylvester Stallone réunit ses vieux copains pour aller dézinguer du méchant.

Le méchant, après voir eu les traits de Jean-Claude Van Damme, a désormais ceux de Mel Gibson. Martin Riggs passe du coté obscur de la force et va devoir affronter cette fois Antonio Banderas, Kellan Lutz, Harrison Ford et Wesley Snipes.

Une troisième fois, l’idée fait rêver. Mais la promesse est-elle tenue ?

 

Il y a quatre ans, les Expendables sortaient dans les salles de cinéma pour la première fois. Le film était vendu comme la promesse de renouer avec le cinéma d’action des années 80-90 aujourd’hui quasiment disparu et de voir enfin face à face de vieilles gloires de cette époque bénie. Si le film bénéficiait de moments sympathiques, la promesse n’était pas tenue. Le deuxième volet ajoutait quelques noms célèbres à la liste et enchainait les apparitions pour un résultat tout aussi bancal que le premier, le meilleur exemple venant de la scène de fin : Schwarzenegger arrachait la porte d’une Smart et commençait à tirer sur de gens en compagnie de Bruce Willis, enchainant les punchlines. C’était cool mais la scène était filmée avec les pieds et Arnold jouait aussi mal que possible.

La promesse annoncée n’était donc pas tenue, elle ne l’est pas d’avantage avec ce troisième essai qui s’enfonce un peu plus dans la médiocrité scénariste.

Expendables 3 s’ouvre une scène de sauvetage. Sly et ses camarades vont chercher Wesley Snipes, enfermé dans un train à destination d’une prison. Le passage aurait pû être efficace mais il s’avère finalement être mal monté, assez mal filmé et on se perd assez vite aussi bien dans les personnages que dans l’espace. Heureusement, Snipes sauve la mise. Le comédien, un des points forts du film, prend un plaisir manifeste à se retrouver devant une caméra après un passage par la prison. Sa scène est d’ailleurs racontée comme un retour parmi les siens, ce qui n’est jamais aussi bien tombé. Il s’amuse et nous aussi, mais on préfère déjà songer à un 4e Blade voir à une suite à Passager 57 plutôt que de suivre ce qui se déroule à l’écran.

A l’écran, Stallone se retrouve face au personnage de Mel Gibson, qu’il croyait mort et avec qui il a de vieux comptes à régler. Après avoir foiré ce pourquoi ils étaient envoyés sur le terrain par Harrison Ford (qui remplace Bruce Willis, désormais “hors champs” comme il est dit dans le film), il décide de dissoudre son équipe pour partir au casse-pipe avec une bande de petits jeunes recrutés par Kelsey Grammer. Pardon ? Le personnage de Stallone, si fidèle à ses convictions, choisit pour protéger ses potes d’engager des remplaçants et à les envoyer en mission suicide ? On est alors très loin du coté “à la vie à la mort proné jusque là”…

Le niveau remontera un peu avec le vieux Sly en mentor d’une bande de jeunes et on s’offrira quelques jolies lignes de dialogues sur le passage de relai et le coté “on est trop vieux, place aux jeunes” qui rappellent une nouvelle fois la carrière de chacun et le fait qu’il faudrait songer à arrêter avant de faire le film de trop.

Tout cela n’est donc pas très glorieux, ni même très intéressant d’ailleurs, et ponctué de quelques scènes dont on se demande encore l’intérêt. Mel Gibson achète un tableau hors de prix pour sa femme ? Oui et après ? En faire un méchant amateur d’art aurait sans doute pu être intéressant mais l’idée n’est jamais réutilisée. Il faudra attendre la scène finale rassemblant tout ce beau monde pour commencer à vraiment s’amuser. 25 à 30 minutes d’action non stop pendant lesquelles le réalisateur Patrick Hughues cherche à faire en sorte qu’aucun personnage ne soit moins bien traité qu’un autre – et il y a du monde ! Ca tire, ça explose et ça démolit. Et on s’amuse enfin vraiment, regrettant en passant que le film soit classé PG-13 (et n’affichant donc aucune goutte de sang à l’écran). C’est moins foireux que la scène finale du 2e film grâce à quelques enchainements et trouvailles.

Mais Expendables 3 n’est pas mieux filmé que ces deux prédécesseurs et manque cruellement de souffle. Les acteurs font le boulot, sauf Arnold encore en roue libre et Antonio Banderas qui cabotine tellement que son personnage est insupportable. On retiendra particulièrement Sly qui tient toujours autant la route, Snipes et son plaisir de jouer à nouveau un personnage et “Mad” Mel Gibson toujours aussi impeccable et qu’il est agréable de retrouver. A chaque épisode, on prend du plaisir à revoir ces vieilles gloires du cinéma, parce qu’elles ont marqué une époque de notre vie et nous manquaient, tout simplement. Mais tout ça ne suffit pas pour faire un bon film, surtout avec le potentiel qu’il y a derrière.

Lors de l’avant-première parisienne, le producteur Samuel Hadida déclarait en avoir encore sous le capot pour quelques années avec la franchise. Espérons qu’il est la bonne idée de réunir une dernière fois le casting des précédents épisodes et que ses yeux se tournent vers un vrai bon réalisateur. John McTiernan est à nouveau disponible…

 

Expendables 3 – Sortie le 20 août 2014
Réalisé par Patrick Hughes
Avec Sylvester Stallone, Jason Statham, Antonio Banderas
Barney, Christmas et le reste de l’équipe affrontent Conrad Stonebanks, qui fut autrefois le fondateur des Expendables avec Barney. Stonebanks devint par la suite un redoutable trafiquant d’armes, que Barney fut obligé d’abattre… Du moins, c’est ce qu’il croyait.
Ayant échappé à la mort, Stonebanks a maintenant pour seul objectif d’éliminer l’équipe des Expendables. Mais Barney a d’autres plans… Il décide d’apporter du sang neuf à son unité spéciale et d’engager de nouveaux équipiers plus jeunes, plus vifs et plus calés en nouvelles technologies. Cette mission se révèle rapidement un choc des cultures et des générations, entre adeptes de la vieille école et experts high-tech.
Les Expendables vont livrer leur bataille la plus explosive et la plus personnelle…

4 commentaires

  • Choub lundi 18 août 2014 21 h 07 min

    Salut,
    Peux tu développer ceci :

    “Le film était vendu comme la promesse de renouer avec le cinéma d’action des années 80-90 aujourd’hui quasiment disparu et de voir enfin face à face de vieilles gloires de cette époque bénie. Si le film bénéficiait de moments sympathiques, la promesse n’était pas tenue”

    Un film avec un scénario basique, des gros bras, de l’action quasi non stop ça sonne pas mal 80/90 non ?

  • Marc mardi 19 août 2014 12 h 31 min

    Ca renvoie à la critique du premier volet
    https://www.cloneweb.net/critiques/critique-expendables-unite-speciale/

    Expendables, c’est la possibilité de faire un truc énorme, un Avengers du film d’action où tout le monde serait traité sur un pied d’égalité, le tout mis en scène par un génie de l’action (comme McT sur Die Hard ou Cameron sur Terminator). Ca devrait être le film d’action ultime. A la place, c’est mal foutu et les mecs se contentent de cameo…

  • Darkcook jeudi 21 août 2014 21 h 12 min

    Assez d’accord sur la plupart des points, même si j’ai passé un bon moment (et oui, quel plaisir de retrouver Mel Gibson!).

    Après, il serait bon de se relire, y a toujours des fautes de frappe, d’orthographe, grammaire, des oublis de mots… Je trouve ça intolérable sur le net, et ça se répand comme une traînée de poudre avec une désinvolture générale déconcertante.

  • Bernard Pivot samedi 30 août 2014 12 h 45 min

    Bien dit pour les fautes Darkcook !

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