Comme annoncé il y a quelques semaines, nous nous sommes associés avec le Daily Movies, journal suisse gratuit tirant à 30 000 exemplaires et distribués dans de nombreux points du pays neuf fois par an.

Le but de ce partenariat est de vous permettre de vous proposer toujours plus de contenu, que ça soit en matière de critiques, d’interviews ou de projets vidéos. Aujourd’hui, c’est l’occasion d’évoquer Evasion, le film mettant enfin face à face rien de moins qu’Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone que nous n’avons pas eu l’occasion de voir en avance en France alors qu’il arrive ce mercredi dans les salles.

Arnold face à Sly. Le film a-t-il au moins un bon vieux gout de 80s ? Thomas a la réponse.

 

Pour la première fois à l’écran : Stallone et Schwarzenegger face à face dans les rôles titres d’un seul et même film. Cette rencontre au sommet avait de quoi nourrir les fantasmes les plus fous des spectateurs biberonnés à la sainte testostérone des années 80. Parce que bon, aussi jouissives soient-elles, les apparitions du chêne autrichien dans la franchise « Expendables » faisaient essentiellement figure de caméo. On l’attendait donc avec impatience, cette fameuse rencontre entre les deux colosses du cinéma d’action ricain, d’autant plus que l’idée d’un film les réunissant était dans l’air depuis le début des années 2000. Alors, le résultat final est-il à la hauteur de nos attentes ?

Inutile de tourner autour du pot plus longtemps : la taille de notre déception à la sortie de la projection d’« Escape Plan » (« Évasion » en français) était proportionnelle aux tours de bras des deux acteurs, c’est-à-dire immense. Tout droit dérivé de « Prison Break », le scénario minimaliste ressemblait pourtant au prétexte parfait pour accoucher d’un actioner bourrin et nostalgique. Imaginez-vous : les deux stars les plus imposantes de l’histoire du cinéma d’action enfermées dans la même prison se voient forcées de coopérer pour s’évader. Si un John McTiernan ou un Stuart Gordon avait eu l’occasion de réaliser un tel film dans les années 80, il ne fait aucun doute que le DVD trônerait encore sur nos étagères à l’heure actuelle. Malheureusement pour nous, le projet est tombé dans les mains de Mikael Håfström, réalisateur des peu réjouissants « 1408 » et « The Rite ».

Si nous avons évoqué « Prison Break » plus haut, cela n’était pas innocent. En effet, « Escape Plan » s’apparente à un piètre épisode d’une série de seconde zone. Le problème du film repose dans son manque flagrant de générosité. Vous attendiez des punchlines d’anthologie à la chaîne ? Elles se comptent sur les doigts d’une demi-main (et figuraient déjà dans les bandes-annonces). Vous vous réjouissiez de l’affrontement entre les deux légendes ? Il est avorté. Pas pénible, vous espériez au moins que le film vous serve son lot d’action décérébrée et qu’il ne vous ennuie pas ? Le rythme est soporifique et les scènes musclées (aussi nombreuses que les punchlines) souffrent toutes d’un montage syncopé, seul moyen de masquer les nombreuses doublures. À cette liste de défauts déjà accablants s’ajoutent encore des effets spéciaux particulièrement laids (on pense notamment à un travelling aérien qui dévoile l’immensité – numérique – de la prison), un Jim Caviezel qui fait véritablement peine à voir tant il cabotine et un 50 Cent toujours aussi mauvais acteur…

Dans cet océan de déceptions, rares sont les îlots auxquels nous pouvons nous raccrocher. On retiendra néanmoins un Arnold Schwarzenegger qui semble avoir retrouvé son jeu d’acteur (« The Last Stand » n’ayant pas suffi à nous rassurer après sa piètre performance dans « Expendables II »), un plan au ralenti relativement jouissif (le seul du film) sur son regard, un monologue en allemand délirant à la fin duquel l’acteur autrichien récite les premières lignes d’« Ainsi parlait Zarathoustra » et puis… Et puis c’est tout.

Soyons honnête, nous ne nous attendions pas à un chef-d’œuvre, mais nous étions tout de même en droit d’espérer que le film de Mikael Håfström présente son lot de fan service et remplisse son rôle de pur divertissement régressif. Au vu de ce qui précède, vous aurez compris qu’« Escape Plan » ne remplit même pas ce contrat. C’est donc avec la désagréable impression d’avoir perdu son temps qu’on sort de la salle. Réunir Stallone et Schwarzenegger c’est bien, mais encore faut-il prévoir ce qui va autour, à savoir un film qui présente une carrure à la hauteur de son casting. Car en l’état, on a plutôt l’impression d’être face à un produit prévu pour la rencontre entre Dolph Lundgren et Steven Seagal. Le public ne semble d’ailleurs pas s’être laissé avoir : après trois semaines d’exploitation, le film n’a rapporté que 22 millions de dollars sur le territoire américain, pour un budget estimé à 50 millions. En espérant que cette expérience n’ait pas découragé les deux acteurs de se partager une affiche et que la prochaine fois, si prochaine fois il y a, un véritable metteur en scène et un scénariste digne de ce nom soient en charge du projet.

– Thomas Gerber, pour le Daily Movies.

 

Evasion – Sortie le 13 novembre 2013
Réalisé par Mikael Hafstrom
Avec Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Jim Caviezel
Ray Breslin est un ingénieur spécialisé dans la conception de prisons ultrasécurisées. Il teste lui-même l’efficacité de ses bâtiments en se faisant enfermer puis en s’évadant. Contacté par une société privée souhaitant tester un concept révolutionnaire de prison hi-tech, il se retrouve prisonnier. Piégé dans ce complexe ultra-moderne, harcelé par un directeur impitoyable et son gardien corrompu, Ray découvre une conspiration pour le faire disparaître à jamais. Sa seule chance de survie : une alliance avec Emil Rottmayer, un co-détenu ayant lui aussi un secret. Pour avoir une chance de s’évader, ils vont d’abord devoir se faire confiance.

3 commentaires

  • Dan dimanche 17 novembre 2013 16 h 38 min

    Un peux prétentieux de dire que Thomas détient la réponse non?

    Bon moi je suis pas dit tout d’accord avec cette critique(même si je reconnait au film c’est faiblesse).

    Pour commencer je tiens a avertir tout les spectateur,ce film s’adresse avant tout au nostalgique des année 80/90,surtout les 90 en fait.Est bien sur c’est deux monstres sacré du cinéma d’action,pour les autres ça sera un film lambda voir qui n’appartient pas a ce temps(a l’époque du tout numérique est films de super héros qui sont désormais devenu un genre a part entière).

    Bref si vous aller voir ce genre de films,vous devriez savoir ce genre de chose,ça pourrait éviter quel que désagrément.Donc une fois que vous savez tout ca,on peut maintenant parler du film.

    Pour ma part je suis un grand fan de c’est deux monstres,j’ai grandie avec eux(façons de parler),est bien que le film a c’est petit défaut comme des méchant bien trop mécanique,est un scénario…des plus simpliste.Le film joue justement a fond la carte second degré/fun,est le moins que l’on puise dire c’est que ça marche.

    A commencer par le duo vedette du film,le duo Stallone/Schwarzenegger fonctionne a merveille,comme un vieux couple qui finirait en prison,les punch lines ne manque jamais,est l’humour est toujours présent sans en faire des caisse.Si le film tient en grande partie grâce a eux,il le doit aussi au second rôles,comme l’excellent est le bien trop sous estimer Jim Caviezel qui nous fait un des méchant les plus élégant et des plus drôles.Ou le bien trop discret Sam Neill,est Vincent D’Onofrio aussi,sans oublier Amy Ryan,Vinnie Jones(très bon dans les rôles de sadique).

    La réal est plutôt paresseuse,mais assure le job,le réalisateur nous livre un film qui sans faire d’étincelle fonctionne comme une machine bien huilé.Je dirait que le film se place au dessus du dernier film solo de Stallone”Bullet To The Head”,qui bien que regardable m’avait quand même très déçu(surtout avec le recul),donc sans être LE film de l’année,ni celui de mois,le film se regarde très bien,est encore plus si vous êtes un amoureux du”genre” 90,ou si tout simplement vous êtes fan de c’est deux mythique figures d’action qui ne sont pas prêt a prendre leur retraite.

    3,5/5

  • Marc lundi 18 novembre 2013 10 h 07 min

    C’était plus une formule de style qu’une volonté d’être prétentieux.

    Où placerais tu le film ? Par rapport à Tango & Cash par exemple ?

  • Dan lundi 18 novembre 2013 13 h 19 min

    Loin derrière lol,Tango & Cash est un de mes buddy movie préférai(d’ailleurs surpris de ne pas avoir vu Kurt Russel dans les Expandables),mais je sais pas peut être que si il serait sortie a la même époque…hmmm,mais pour le coup je l’ai trouver efficace.Ensuite bon c’est pas leur meilleur films qu’il ont fait(chacun de leur coté),mais un bon buddy movie.

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.