Critique : Dark River

C’est la série anglaise Luther qui a révélé Ruth Wilson au grand public. Celle qui jouait un personnage aussi ambigu que passionnant aux cotés d’Idris Elba a ensuite tourné quelques longs métrages sont le fameux Lone Ranger de Gore Verbinsky. Elle a récemment aussi repris son d’Alison dans la série The Affair.

Elle sera ce mercredi 11 juillet à l’affiche de Dark River, le second long métrage de fiction de la réalisatrice et scénariste Clio Barnard.

 

LA CRITIQUE

En 2013 la réalisatrice anglaise Clio Barnard se faisait remarquer avec Le Géant Egoiste, inspiré de l’histoire éponyme écrite par Oscar Wilde. Le film a été plusieurs fois récompensés dans de petits festivals celui de Dinard où elle est repartie avec un Hitchcock d’Or. Elle revient aujourd’hui avec Dark River et offre à la comédienne Ruth Wilson sans doute son plus beau rôle.

Dark River se déroule dans la campagne profonde du Yorkshire. On suit Alice, de retour à la ferme familiale après le décès de son père. Elle y retrouve son frère et de mauvais souvenirs qui viennent la hanter. Toute l’intrigue va tourner autour de leur relation, et du potentiel héritage que représente la ferme. A qui sera-t-elle attribuée ? Au frère qui ne s’en sort pas tout seul ou à la soeur marquée par le passé ?

Dark River devait être à la base l’adaptation du roman Trespass de Rose Tremain. L’histoire se déroule dans les Cévennes et raconte l’histoire de deux couples. Clio Barnard, qui a écrit le scénario, a choisi de s’approprier l’histoire, et d’en changer le décor pour ne garder que l’aspect dramatique. Car Dark River est bel et bien un drame familial, totalement centré sur les personnages (et les comédiens incroyables). Le spectateur assiste à un face à face de gens qui s’évitent, ne se parlent pas, et qui n’osent pas affronter les démons du passé. Tout passe donc par l’interprétation des acteurs et leur implication dans le rôle, les décors étant réduits à ceux d’une jolie campagne anglaise. Comme dans tout bon film, tout passe par l’image. Et si on commence à connaitre Ruth Wilson (The Affair, Luther) et ses talents de comédiennes, on découvre l’incroyable Mark Stanley (Game of Thrones), bluffant quand il s’agit de faire passer des choses rien que dans le regard et les mimiques.

Mais ce n’est pas seulement une histoire d’héritage. Dark River revient, en filigrane, sur une tragédie. On comprend -assez rapidement- qu’Alice a été abusée sexuellement par son père quand elle est plus jeune. Pour cela, Clio Barnard fait apparaitre le père en question, interprété par Sean Bean, sous forme de quelques apparitions aussi fantomatiques que bien trouvées. Chaque fois que la jeune femme franchit le seuil d’une pièce, marche dans un champs ou se baigne dans une rivière, un souvenir lui revient. Et parfois des plus dramatiques tant le comédien parvient à paraitre terrifiant en seulement quelques plans.

Bien loin des grosses productions hollywoodiennes, Dark River est un drame familial porté par des comédiens totalement engagés sur le projet, aussi solide et nerveux que âpre.

Dark River, de Clio Barnard – Sortie le 11 juillet 2018



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