La critique qui suit est bien celle du Conan nouveau, celui incarné par Jason Momoa, et non pas celui de John Milius.

S’il n’est pas forcément nécessaire de comparer les deux films, c’est pourtant un fan du vrai Cimmérien et du travail de Basil Poledouris qui s’est rendu à la projection de cette nouvelle adaptation de Robert E. Howard.

Fallait-il une nouvelle version ou attendre sagement qu’Arnold reprenne le chemin des plateaux pour lui proposer une suite ? Réponse avec cette critique…

 

 

Conan – Sortie le 17 aout
Réalisé par Marcus Nispel
Avec Jason Momoa, Rachel Nichols, Stephen Lang
Les aventures de Conan à travers le continent d’Hyboria, en quête de vengeance suite au meurtre de son père et du massacre de son village.

 

En préambule à cette critique, je dirais que pour parler du film de Marcus Nispel, il est inutile d’évoquer les nouvelles de Robert E. Howard ou même le chef d’oeuvre cinématographique de John Milius sorti en 82. Certes le personnage de Conan sert de dénominateur commun, mais ne retournons pas la hallebarde dans la plaie en se livrant à une comparaison, surtout entre les films de Milius et de Nispel.

Et à ceux qui appelaient de leurs voeux une nouvelle itération des aventures du Cimmérien sur grand écran, on rappellera juste qu’il est vain de chercher à être “plus fidèle” aux écrits originaux d’Howard si c’est pour en définitive livrer un film de merde. Cela ne vaut pas seulement pour Conan, bien entendu.

Car il s’agit bien d’un film que le réalisateur doit livrer au bout du compte, c’est ce que le spectateur juge (et subit dans le cas présent) durant deux heures.

Ne tournons donc pas plus longtemps autour du pot, le Conan de Marcus Nispel est une atroce purge qui met à rude épreuve les nerfs optiques. Cadré et monté en dépit du plus élémentaire bon sens, on est soumis durant chaque scène d’action à une véritable agression visuelle où l’on ne comprend strictement rien à ce qui se passe à l’écran. La seule stimulation ressentie, c’est le cerveau qui crie pitié en essayant d’accommoder les lunettes 3D et l’hyperdécoupage crétin de Nispel qui cherche visiblement à émuler Michael Bay période Transformers 2.

Et comme le film est rempli ras la gueule de ces scènes d’action épileptico-couillonnes, le calvaire est pratiquement sans répit durant deux heures. Pour se reposer durant les rares moments d’accalmie, on se contente de constater à quel point le film est un désastre narratif, où l’on suit la trame sans avoir rien à foutre du sort des personnages. Pour l’implication, on repassera.

Mais rendons à César ce qui est à César et partageons les torts car le scénar est loin d’être le seul fautif sur ce coup. Un grand merci donc au casting qui nous donne le choix entre la roue libre (Stephen Lang qui cabotine comme un furieux sans pour autant s’assurer ne serait-ce qu’un seul instant mémorable, belle perte d’énergie) ou le ridicule investi. Car dans le rôle titre, Momoa est un veau absolu, persuadé que son “regard intense” fait de lui le nouveau badass cimmérien. Eh bien… non. D’ailleurs Nispel, toujours dans ses efforts de définitivement saborder dont il se réclame, foire absolument chaque plan censé iconiser son héros. On ne pensait pas que c’était si dur que ça de filmer un type brandir son épée. Là encore, pour l’implication…

Quant au score de Tyler Bates… Il y avait un score ?

En conclusion, le Conan de Marcus Nispel est un rejeton de cette vague d’entertainment régressif affreusement mal branlé qui capitalise sur le nom de son personnage et sur l’illusion de moderniser ce qui n’avait pas lieu de l’être. Un Pirates des Caraïbes avec du gore attrape-nigaud et quelques plans nichons.

11 commentaires

  • Alexander_R vendredi 12 août 2011 18 h 00 min

    Je veux pas dire, mais être un gros fan de l’oeuvre de Robert E. Howard et dire du bien de la version Millius, c’est pas un peu beaucoup contradictoire tant la version ciné n’a presque rien, en dehors du nom, avec le roman (le 1er, le seul, l’unique) de Howard.

    Après je ne jugerais pas de la version Nipsel que je n’ai pas encore vu.

  • Basile vendredi 12 août 2011 18 h 05 min

    Mais le film de Milius est un chef d’oeuvre cinématographique et c’est bien pour ça que je dis au début qu’il est vain de chercher la fidélité au texte si c’est pour sacrifier la qualité du produit final qui est un film (donc un médium bien différent des nouvelles).

    Le film de Milius a sa légitimité en tant que film. Ce n’est pas le cas de celui de Nispel.

  • PJ2 samedi 13 août 2011 12 h 57 min

    Vous êtes souvent durs sur Cloneweb avec les films de “fanboys”. Ce n’est pas un reproche dans la mesure où moi-même je suis dur quand il s’agit des univers dont je suis fan, mais ce que je veux dire c’est que ce n’est pas forcément représentatif du film lui-même. Une critique est forcément subjective mais elle l’est encore plus quand on est fan je pense. Après ce Conan est peut-être vraiment nul, je jugerai quand je le verrai

  • Basile samedi 13 août 2011 14 h 19 min

    Au risque de me répéter, je n’ai même pas cherché à comparer les films de Nispel et de Milius, ni même à savoir si le Conan de Nispel est fidèle au canon littéraire défini par Howard.

    Le fait est que j’ai surtout vu un film mauvais et c’est ce sur quoi j’insiste. C’est objectivement très mal fait.

  • ludsidious samedi 13 août 2011 19 h 22 min

    C’est triste à dire, mais c’était prévisible et ce qu’on voit dans les bandes annonces semblent indiquer un film qui fera le bonheur de tous les fans de Nanarland !

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  • Marc mercredi 17 août 2011 22 h 36 min

    Vu cet après midi et je rejoins Basile : pas besoin de compare à l’original de Milius tant le film de 2011 est une bouse à elle toute seule.

    Mon avis en détail ici :
    http://www.cloneweb-forum.net/viewtopic.php?p=35465#p35465

  • fred samedi 20 août 2011 19 h 26 min

    Etant moi même un des plus grands fan du véritable personnage décrit par HOWARD, je suis totalement dégouté de cette méga bouse hollywoodienne que nous livre cet affreux NISPEL.
    Il n’y a presque rien à voir avec les récits originaux et que dire de MOMOA en CONAN d’opérette…
    Le personnage de CONAN est tellement difficile à reproduire que je finis par me demander si une adaptation à la BEOWULF ne serait pas plus judicieuse.
    Il n’y a qu’à voir la BA du jeu “AGE OF CONAN” qui ne dure que 2 minutes mais qui valent beaucoup plus que les 1H45 pourries de cette nouvelle adaptation cinématographique.
    Et la musique…Ha la musique de BATES (pourtant si bien pour 300) est aux antipodes de l’oeuvre de POULDOURIS.
    Ba, par CROM j’espère pouvoir vivre assez longtemps pour voir arriver une véritable initiative qui rendrait enfin l’hommage que mérite Sieur HOWARD.

  • Rakuen dimanche 21 août 2011 22 h 29 min

    J’ai vu ce film au cinéma, aujourd’hui…
    Et je suis entièrement d’accord avec cette critique.
    Les scènes de combats sont tout simplement à vomir tant la caméra valdingue dans tous les sens – essayer de faire une mise au point avec les lunettes 3D + les lunettes de vue… un vrai calvaire -.
    On ignore ce que deviennent les personnages autres que le monsieur aux gros muscles et au pseudo-regard tétanisant et que la demoiselle.
    Je n’ai qu’une chose à dire : allez le voir si vous voulez, mais ne vous plaignez pas si le film est nul – on l’a dit. Ce film est mal fait, donne mal à la tête et part très largement en cacahouètes. Je regrette de ne pas être allée voir autre chose =/.

  • KENTA samedi 19 novembre 2011 10 h 11 min

    J’ai vu le film hier : une vrai merde sur pellicule.
    A 1 heure de bobine, je n’avais qu’une envie c’était d’arrêter de regarder cette horreur qui me lave le cerveau. Scène d’action à chier, suspense…euh… y avait du suspense? …totalement prévisible. Complétement illogique, le masque censé donner des “gros pouvoirs” au gros méchant de fin, ne le transforme qu’en tapette inter-galactique puisqu’on a l’impression qu’il est encore moins fort que lors de leur premier échange au milieu du film. Sa soit disante fille-sorciere nous sort un sortilège de combat et fini le reste du film à combattre avec ses ongles en mousse.
    Allez voir ce film au cinéma si vous voulez en ressortir zombifié et dégouté d’avoir claquer du fric pour cette chiasse de production américaine classique et mal tournée.

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