Présenté au Festival de Deauville puis à Londres, Certain Women est sorti dans les salles ce mercredi 22 février dans la plus grande des discrétions. Il est pourtant porté par un joli casting, de Kristen Stewart à Laura Dern en passant par Michelle Williams.

Et puis dans un monde où le cinéma est trop souvent porté par des hommes, des portraits de femmes accomplies, ça ne peut pas faire de mal…

 

LA CRITIQUE

Acclamé au London Film Festival où il a remporté le Grand Prix, « Certaines Femmes » de Kelly Reichardt arrive en France.
Vue la déception provoquée par son précédent film « Night Moves », les attentes étaient hautes pour ce film au casting féminin prestigieux, qui met en scène trois récits de femmes vivant dans une petite ville des Etats-Unis.

Une structure divisant le film en trois actes, chacun avec une actrice différente : Laura Dern est une avocate s’occupant d’un client difficile, Kristen Stewart donne des cours de droit à une jeune fermière, et Michelle Williams… négocie pour acheter des pierres avec son mari (ne demandez pas l’intérêt de ce segment, on le cherche encore).
Vous l’aurez compris, le dispositif est minimaliste et très sobre, chaque histoire ayant une vague connexion avec les autres.

L’avantage de « Certaines Femmes » est qu’il permet de ne pas trop s’attarder sur une histoire qui pourrait s’étendre en longueur (non, on ne se remet toujours pas du fait que Michelle Williams ait été castée pour acheter des pierres à un vieil homme). Le souci est que le reste des histoires s’arrête au moment où elles deviennent intéressantes, comme celle de l’amitié entre Kristen Stewart et la jeune fermière jouée par la talentueuse Lily Gladstone. Une sorte de distance se crée entre les héroïnes et les spectateurs ; on connaît assez ces femmes pour trouver de l’intérêt à leurs histoires, mais pas assez pour réellement s’y attacher et nouer un lien solide avec elles. Dur d’éprouver de l’empathie pour des esquisses de personnages au potentiel pourtant très élevé : voir Laura Dern ronchonner contre les différences de traitement hommes/femmes fait son petit effet.

Tout le film étant bâti sur des esquisses, il ne reste plus que le talent des actrices et la mise en scène sobre mais élégante de Kelly Reichardt pour sauver les meubles. Ca ne suffit pas totalement, et on sort de « Certaines Femmes » avec une énorme frustration : celle d’avoir vu un film qui aurait pu dire quelque chose, mais qui reste muselé par un trop-plein d’humilité et de sobriété.

Certaines Femmes, de Kelly Reichardt – Sortie le 22 février 2017

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