Critique : Carbone

Six ans après Les Lyonnais, Olivier Marchal revient avec un nouveau long-métrage : Carbone.

Pour ce film basé sur une histoire vraie, il rassemble Benoit Magimel et Gérard Depardieu (qui se retrouvent après la série de Netflix Marseille), Laura Smet mais aussi dans des rôles sérieux Michael Youn et Gringe.

 

LA CRITIQUE

Olivier Marchal est un ancien flic. PJ de Versailles, RG coté section antiterrorisme puis PJ du 13e. Il aura passé quatorze ans au sein de la police française qu’il quitte au milieu des années 90 pour se lancer dans sa véritable passion, la comédie. Finalement quoi de mieux qu’un ex-policier pour raconter de l’intérieur la vie des forces de l’ordre, ce qu’il fera avec brio d’abord à la télé (la très bonne série Centrale Nuit, avec Michel Creton) puis au cinéma avec notamment 36 Quai des Orfèvres et son face à face superbe entre Daniel Auteuil et Gérard Depardieu.

Six ans après Les Lyonnais, Marchal raconte avec Carbone une nouvelle histoire se déroulant du coté des méchants, celle d’un homme que le pitch officiel vend comme normal et qui monte une arnaque à “la taxe carbone”. Son idée est simple : frauder la TVA en vendant à l’étranger des “droits à polluer” dans le cadre de la bourse d’échange de quotas d’émission de CO2. L’Europe a en effet mis en place un système complétement aberrant : chaque entreprise a droit à un quota d’émissions de gaz à effet de serre, qu’elle peut vendre si elle ne pollue pas ou acheter si elle veut polluer d’avantage (!!). Les échanges se faisant entre pays où le taux de TVA est différent, l’Etat français avance des sommes d’argents aux entreprises, qui doivent ensuite rembourser. Ca permet au personnage joué par Benoit Magimel d’engrager rapidement de grosses sommes d’argents. Mais pour cela, il a besoin d’une somme de départ qu’il emprunte à un truand. Sans parler du fait qu’il a son beau-père, sorte de parrain ayant la main-mise sur le Sentier, sur le dos.

Le “héros” de l’histoire n’est pas l’homme normal qu’on peut imaginer. On est dans un film d’Olivier Marchal. Gueules cassées, vestes de cuir, bar miteux de banlieue parisienne et péniches sur la Seine sont au rendez-vous. Le personnage de Magimel, étonnement très bon dans le rôle, n’a jamais été clean et le réalisateur nous fait plonger une nouvelle fois dans le milieu du banditisme parisien, si ce n’est que cette fois il n’est pas question de braquage mais de manipulation d’argent virtuel. On retrouve néanmoins les poncifs du scénariste. Les amateurs y trouveront leur compte. Ceux qui espéraient autre chose seront déçus. Carbone manque notamment d’un personnage féminin fort, les femmes chez Marchal étant d’abord des compagnes avant d’être des héroïnes.

La première partie du long-métrage est réussie. Les comédiens sont bons, la mise en scène est soignée et la photo d’Antony Diaz colle parfaitement à l’ambiance du métrage, celle des salles de poker parisiennes et des bars lounge aux lumières tamisées qui servent, le jour, de QG à des personnes peu recommandables. Le souci vient surtout du second acte, où les rebondissements vont faire basculer ce film de “casse virtuel” dans le revenge movie où tout le monde va se trahir et se tirer dessus, avec parfois des twists sortis d’un chapeau (toute la sous-intrigue avec Gérard Depardieu est aussi dispensable que ridicule) qui rappellent les heures sombres de la série Braquo.

Olivier Marchal livre un film bancal. Il parvient à tirer le meilleur de Benoit Magimel et l’exemple de la série Marseille montre que ce n’est pas toujours évident, mais il s’empêtre dans un récit qui n’avait pas besoin de ça. Avec cinq films tournant autour de flics et de voyours, le réalisateur n’aurait-il pas fait le tour de son sujet ?

On passe quand même devant Carbone un moment imparfait mais néanmoins agréable.

Carbone, d’Olivier Marchal – Sortie le 1er novembre 2017



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