Sorti ce mercredi dans les salles, Cake signe le retour aux affaires de Jennifer Aniston.

Depuis la fin de Friends en 2004, série pour laquelle les comédiens ont fini par toucher jusqu’à un million de dollars par épisode, l’actrice s’est lancée dans une carrière cinématographique en dent de scie, alignant d’avantage de rôles médiocres dans des films pas terribles que de gros succès.

La voici donc dans un rôle à Oscars…

 

LA CRITIQUE

Vous auriez pu le voir aux Oscars mais pourtant Cake fait partie de ses films qui n’ont pas étés jusqu’au bout de la saison des cérémonies et qui s’est seulement arrêté aux Golden Globes.

Si on n’a aucun mal à croire aux bonnes intentions de son réalisateur Daniel Barnz, le film semble entièrement vendu et fait autour de la présence dans le premier rôle de Jennifer Anniston, ex-copine rêvée de l’Amérique dont la carrière ne s’est jamais vraiment détachée de Friends et qui tente ici le retour par le cinéma d’auteur qui sent bon l’indé, forcément.

D’ailleurs, il est évident dès les premières minutes du métrage que l’actrice veut casser son image, dans tous les sens du terme. La manière la plus évidente est son visage cicatrisé, sa silhouette pataude et une démarche alourdie, qui en met un coup au registre dans lequel on la connaissait. Plus encore, son personne est une boule de colère, de rancœur et de cynisme, qui choque son groupe de soutien en ne pleurant pas une ancienne consœur fraîchement suicidée. L’idée de voir Aniston rentrer dans le lard de la bien-pensance américaine est en soit réjouissante, d’autant qu’elle porte un regard qui en dit long sur le mal être de son personnage et sur son immense douleur.

Mais la raison de cet état affaibli reste mystérieuse, et évidemment la clé de voute du film va reposer sur la découverte du pourquoi. Manque de bol, Cake n’est jamais très subtil, et grille ses cartouches un peu vite quant à la révélation qu’il tente de retarder le plus possible en vain.

Et ce qu’il construit autour est tellement lié à la dite révélation que finalement, rien ne prend vraiment car à défaut d’avoir une héroïne sarcastique, le film peine à prendre son sujet à bras le corps. La relation naissante avec Sam Worthington offre quelques scènes sympathiques sans pour autant bousculer grand-chose, juste créer un miroir au personnage principal au cas où on n’aurait pas compris le fond de l’histoire. De même pour sa femme de ménage, qui participe d’ailleurs à l’aura un peu trop propre du film, puisque le personnage principal est riche comme crésus, ce qui permet d’évacuer pas mal de considérations au passage.
Finalement, la seule chose qui fait un peu mouche dans tout ça, c’est le fantôme d’Anna Kendrick qui hante Aniston et offre quelques passages délurés qui sortent un peu du schéma ultra classique dans lequel s’enferre le film, peut-être trop omnibulé par la prétendue performance à laquelle se donne son interprète. Non pas qu’Aniston soit mauvaise, loin de là, mais elle ne présente rien en l’état de transcendant, juste un énième portrait de femme écorchée vive.

Cake ne l’accompagne jamais jusque dans ses derniers retranchements pour la simple et bonne raison qu’elle-même n’y va même pas, peut-être par peur d’y aller trop fort et de choquer trop durablement au point de perdre de l’empathie que le film cherche fondamentalement à créer pour son sujet. Il y a quelques pics ça et là qui prêtent à sourire, mais une fois n’est pas coutume avec ce genre de rôle qui prétend casser l’image d’une star, le tout s’avère finalement très convenu, et bien inoffensif.

Cake – Sortie le 8 avril 2015
Réalisé par Daniel Barnz
Avec Jennifer Aniston, Adriana Barraza, Anna Kendrick
Claire Bennett (Jennifer Aniston) va mal. Il n’y a qu’à voir ses cicatrices et ses grimaces de douleur dès qu’elle fait un geste pour comprendre qu’elle souffre physiquement. Elle ne parvient guère mieux à dissimuler son mal-être affectif. Cassante et parfois même insultante, Claire cède à l’agressivité et à la colère avec tous ceux qui l’approchent. Son mari et ses amis ont pris leurs distances avec elle, et même son groupe de soutien l’a rejetée. Profondément seule, Claire ne peut plus compter que sur la présence de sa femme de ménage Silvana (Adriana Barraza, citée à l’Oscar), qui supporte difficilement de voir sa patronne accro à l’alcool et aux tranquillisants. Mais le suicide de Nina (Anna Kendrick, également citée à l’Oscar), qui faisait partie de son groupe de soutien, déclenche chez Claire une nouvelle fixation. Tout en s’intéressant à la disparition de cette femme qu’elle connaissait à peine, Claire en vient à s’interroger sur la frontière ténue entre vie et mort, abandon et souffrance, danger et salut. Tandis qu’elle se rapproche du mari de Nina (Sam Worthington) et de leur fils, Claire trouvera peut-être un peu de réconfort…

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