Sacha Baron Cohen revient en force. Il est à l’affiche des Sept de Chicago, le film d’Aaron Sorkin disponible sur Netflix. Et il est à nouveau le fameux Borat, dans un nouveau volet tourné en douce en début d’année…

 

LA CRITIQUE

Préambule : l’auteur de ces lignes n’a jamais vu le film Borat, pourtant sorti il y a quatorze ans. En dehors de quelques memes et autres références sur Internet, c’est tout un univers qu’il a donc découvert avec “Borat, nouvelle mission filmée” disponible depuis quelques jours sur la plate-forme Prime Video. Ca ne l’a pas empêché de beaucoup rire.

Pour les deux du fond qui ne suivent donc pas, Borat est un faux journaliste kazakh incarné par le très anglais Sacha Baron Cohen. Dans cette nouvelle aventure toujours filmée comme un faux documentaire, il doit livrer un singe, ministre local de la culture, au Président Trump pour racheter son pays et bien se faire voir aux yeux de l’Amérique de 2020. Sur place, et alors qu’il affronte la culture américaine pre-lockdown, il va découvrir que sa fille a pris la place du singe. Il va alors décider d’offrir la demoiselle à Mike Pence pendant un congrès du parti républicain.

Sur la forme, Borat ne ressemble pas à grand chose. Si les documentaires d’aujourd’hui cherchent à être jolis en travaillant la photo ou la mise en scène, lui est filmé n’importe comment et au numérique. Même Baron Cohen ne joue pas très bien. Mais peu importe, tout repose sur le fait que les différents protagonistes que l’on va croiser sont tous vrais. Alors, certes, on se dit que les scènes chez le vendeur de téléphone sont sans doute un peu scriptées pour avancer dans l’histoire, mais la majeure partie des cas sont de vrais gens dont on filme les vraies réactions face à un personnage haut en couleurs qui fait semblant de découvrir le monde moderne et ses petites contrariétés.

Multipliant les déguisements car il est désormais reconnu dans la rue, Baron Cohen va donc maltraiter sa fille dans différents lieux, la faisant interagir avec une vendeuse de gâteaux, une influenceuse, une survivante de l’holocauste ou même un toubib libidineux. Tout est vrai et la provoc’ est de rigueur pour bien faire marrer. Mais c’est quand le film devient politique qu’il est le plus réussi. Ainsi Borat et sa fille vont intégrer un congrès des républicains. Voir l’acteur y rentrer habillé comme un membre du Klu Klux Klan sans jamais se faire inquiéter est aussi flippant que drôle. Il ira même, le confinement ayant eu lieu pendant le tournage, passer cinq jours avec des fans de Trump et amateurs de conspirations pour finir à un ralliement de patriotes armés.

Le tournage a manifestement été énorme, comme l’explique notamment ce papier de Vanity Fair (en anglais). On y découvre un tweet de février dernier où Baron Cohen, déguisé en Donald Trump, se fait virer d’une convention. Ou encore le fait que Baron Cohen avait bien été vu avec des membres de QAnon chantant une chanson pour le moins spéciale en juin dernier. Mais le comble viendra d’une rencontre avec Rudi Giuliani, ancien maire de New York et actuel avocat du Président Américain.

Se terminant dans un final bien troussé, Borat 2 fait rire mais pas toujours. Tout ne fonctionne pas mais certaines réactions valent le détour. Certes, le film ne montre que sa vision d’une certaine Amérique mais le résultat fait aussi bien froid dans le dos. Seul le panneau de fin est une lueur d’espoir pour le peuple américain : allez voter. Pour que Borat 3 montre un pays plus jovial que celui qu’on vient d’avoir sous les yeux.

Borat, Nouvelle Mission Filmée, de Jason Woliner – Disponible sur Prime Video

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