C’est un peu une exclusivité. Basile, le nouveau correspondant de CloneWeb au Canada, a eu la chance de voir Max et les Maximonstres (Where the Wilds Things Are), de Spike Jonze d’après le livre pour enfants culte de Maurice Sendak avant tout le monde. Le film ne sort que le 16 décembre prochain et ne sera montré à la presse que fin novembre.
Voici donc, avant tout le monde, sa critique…

Je l’attendais ce film. Sans pour autant savoir à quoi m’attendre exactement. Mais voilà, j’étais intrigué, émoustillé par le premier trailer. La réputation du livre (que j’ai feuilleté mais pas lu), celle de Jonze, ça promettait au moins quelque chose.

Et bien un peu à l’image de Max, j’ai fait face à un “quelque chose” au premier abord séduisant et au final effrayant. Where The Wild Things Are n’est pas un film pour enfants. Je suis en général le premier à défendre les oeuvres de jeunesse intelligentes qui refusent la niaiserie facile mais là en l’occurrence, la “cible” ça n’est pas le public enfantin mais bien l’autre camp : celui des parents.

Et quand je dis que le film s’adresse aux parents, ça n’est pas pour les caresser dans le sens du poil. Le film est une piqûre de rappel dont l’aiguille reste plantée dans la peau pendant 1h40. Et de rappel de quoi ? Tout simplement de ce qu’est l’enfance, par opposition à l’image idéalisée qu’on en garde (et que la majorité des films pour enfants s’acharne à véhiculer).

C’est l’histoire d’un petit garçon de 9 ans qui n’a que sa mère pour l’élever et pas beaucoup d’amis pour jouer. C’est l’histoire d’un petit garçon loin d’être irréprochable que beaucoup s’empresseraient de cataloguer comme “insupportable, odieux, ingérable, etc…”
C’est surtout un film sur la colère et sa légitimité. Oui, Max crie, casse, mord, cherche les limites. Mais en quoi cela le rendrait-il monstrueux ? Where The Wild Things Are n’impose pas de moule, ne cherche pas à promouvoir un idéal, poncif classique de ces films de rédemption facile à grands coups de montage. Max n’est pas un garçon lambda mais il est semblable à beaucoup d’autres enfants.

En résulte une difficile leçon de vie. La violence quasi permanente, qu’elle soit sourde ou spectaculaire, vient parfois se mêler à des moments d’introspection hésitante et fragile. C’est un film qui ne laisse pas de répit et refuse constamment le climax. Pour chaque jeu ou moment passé en compagnie des Wild Things, il y a cette sensation persistante que tout peut déraper ou basculer de façon dramatique. Comme souvent lorsque les enfants jouent et n’arrivent plus à se contrôler.
Ainsi on ne peut pas s’abandonner de façon béate devant les moments de bonheur, la tension est toujours présente. Et ce n’est en aucune façon un défaut. D’un point de vue vraiment personnel, j’ai dû appréhender le film de façon détachée, c’était pour moi la seule façon de ne pas être broyé par cet “état des lieux” terrifiant de lucidité.

Difficile donc de savoir quoi penser à propos du film de Jonze. Du côté de la technique on a une caméra un peu tremblante, sauvage, au début et puis des compositions de plus en plus aérées sans pour autant abandonner ce tremblement, cette agitation initiale. La photographie est assez léchée, en particulier sur les scènes nocturnes où Max ressort de façon graphique. Le gamin est époustouflant et livre une performance parfaite (admirablement bien dirigé par Jonze). La voix de James Gandolfini (que j’aime beaucoup au demeurant) ne me semble pas très bien adaptée au personnage de Carol. Enfin la bande son fait son boulot de façon efficace, que ça soit dans les passages épiques ou les moments plus intimes.

Parents, n’y amenez pas vos enfants mais allez voir le film pour eux, pour vous rappeler que vos petits monstres ont parfois besoin de crier.

– Basile

Max et les Maximonstres, sortie en salles le 16 décembre 2009

9 commentaires

  • Hellboy vendredi 23 octobre 2009 10 h 30 min

    Nom de dieu comme j’ai envie de voir ce film. Basile tu es un salopard.

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  • Sir_carma vendredi 23 octobre 2009 12 h 33 min

    Jolie critique. Ca me donne encore plus envie de le voir.
    Mais au final j’ai du mal à savoir si tu es emballé ou non par le film.

  • cloneweb vendredi 23 octobre 2009 12 h 48 min

    Moi je pense que oui

  • Basile vendredi 23 octobre 2009 14 h 17 min

    Moi même je ne sais toujours pas. C’est un bon film mais pas le genre de bon film qu’on apprécie sourire aux lèvres. Cependant je pense qu’il a entièrement réussi son pari.

  • Val’ vendredi 23 octobre 2009 17 h 05 min

    Très bonne critique !
    Mais c’est quoi la musique de la bande-annonce ? :)
    Je la cherche depuis sa parution…en anglais x)

  • Basile vendredi 23 octobre 2009 17 h 09 min

    Wake Up – Arcade Fire (on ne l’entend pas dans le film, l’intégralité de la bande son est composée et interprétée par Karen O).

  • Val’ vendredi 23 octobre 2009 17 h 11 min

    Merci !
    (La BO je m’en fous, je voulais juste la musique :D )

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