Critique : Alien Covenant

Quand nous tournons des Sorties de Projo, ce sont toujours des vidéos captant un avis à chaud, celui qu’on partage avec ses camarades de séance à peine sortis sur le trottoir. Elles méritent donc d’être complétées par des critiques plus posées, après une nuit à dormir sur le film, à le digérer pour voir ce qu’il en reste.

Parfois l’avis évolue. Parfois pas, comme c’est le cas avec Alien Covenant, dernier volet de la saga mis en scène par Ridley Scott…

 

LA CRITIQUE

On revient de loin. En 2012, Ridley Scott revenait à la saga Alien avec le prequel Prometheus malheureusement écrit par Jon Spaihts et Damon Lindelof. Le film offrait quelques jolis moments visuels mais était plombé par une intrigue incompréhensible et une panoplie de personnages tous plus stupides les uns que les autres. Qu’est ce qui était arrivé à l’un créateur de la saga Alien pour tomber aussi bas ? On espérait qu’en confiant le scénario à Michael Green, lui qui a fait des miracles sur Logan de James Mangold et la série American Gods, Scott arriverait à sortir du puit dans lequel il s’était mis lui-même. Ce n’est malheureusement pas le cas.

Covenant commence de la manière la plus classique qu’il soit : avec un équipage endormi à la manière d’Alien, qui se fait réveiller par le vaisseau et son androïde (Michael Fassbender). Ils finissent sur une planète d’où est émise un signal radio et alors qu’ils allaient complétement ailleurs avec une cargaison de colons endormis. Pas de chance pour eux, ils vont se retrouver face à David, le robot survivant du Prometheus (Fassbender aussi), lui qui a travaillé pendant tout ce temps sur ce qui deviendra les célèbres xénomorphes.

Ridley Scott se prendrait-il pour George Lucas ? On ne peut s’empêcher de comparer les deux prequels à Alien à la prélogie Star Wars. A la manière de la Menace Fantôme, Prometheus était un gloubiboulga raté dont le réalisateur avait bien du mal à se dépêtrer. Ce Covenant fait penser à l’Attaque des Clones : on cherche à simplifier, à revenir à l’essentiel, à raccrocher les wagons sans vraiment y arriver. Qui plus est, Scott a cette manie de vouloir absolument tout expliquer, enlevant toute magie de la création des monstres au sang d’acide. On nous prend par la main pour nous montrer comment nous en sommes arrivés-là, alors qu’on a pas forcément envie de le savoir (d’autant que la réponse ultime n’est pas très maligne). Souvenez-vous des midichloriens expliquant la Force.

L’autre souci de Covenant vient du fait que tout est centré autour des deux personnages incarnés par Michael Fassbender. En se focalisant sur la relation entre David et Walter, une relation que n’aurait d’ailleurs pas reniée le réalisateur de Top Gun et frère de Ridley, Tony Scott, le réalisateur et ses scénaristes oublient en chemin le reste de l’équipage. Aucun personnage n’est vraiment intéressant, on n’a d’empathie pour aucun d’eux quand ils se font déchiqueter la cage thoracique. Et, finalement, on s’en fout pas mal. Oubliez l’incroyable Ellen Ripley et ses co-équipiers du Nostromo, oubliez les Marines du film de James Cameron. On a ici des personnages interchangeables et sans intérêt.

Fin 2012, alors qu’il songeait à Covenant, Ridley Scott déclarait que ce nouveau volet serait la nouvelle destination de Shaw et David et que le film serait sans xénomorphes. A la base, l’idée de Prometheus était en effet de raconter l’histoire du “space jockey” que l’on voit assis devant un téléscope géant dans Alien premier du nom. Depuis, le réalisateur a tellement retourné sa veste que le dernier acte de Covenant cherche à tellement se rapprocher des origines de la saga que non seulement on se prend une créature dans sa forme finale dans la tronche mais qu’on frôle le remake, avec Katherine Waterston tentant d’arriver à la cheville de Sigourney Weaver, et une scène déjà vue dans le nanar Des Serpents dans l’Avion.

Au final, même Scott semble ne plus trop y croire tant sa mise en scène est plate. Seule une chouette scène sur un vaisseau-grue volant tire un peu son épingle du jeu. Pour le reste, et même si le metteur ne prend aucune pincette pour faire littéralement exploser ses personnages, on est quand même devant un blockbuster qui se révèle être excessivement lambda, faisant même parfois penser au récent Passengers. C’est dire.

La saga Alien était caractérisée par des personnages forts et une aura mystérieuse autour de sa créature. Alien Covenant est l’opposé de tout cela, vidé de toute substance, de toute magie. Comme la saga Indiana Jones s’est arrêtée réellement après trois films, la saga Alien s’est terminée après la version de Jean-Pierre Jeunet. Le reste ne compte pas. C’est du moins ce qu’il faut se dire parce que Papy Scott a bien l’intention, lui, de continuer sa petite aventure dans son coin. Mais ce sera sans nous.

Alien Covenant, de Ridley Scott – Sortie le 10 mai 2017



2 commentaires pour “Critique : Alien Covenant”

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