Beautiful Day est une chanson du groupe U2 sortie en 2000 sur l’album All That You Can’t Leave Behind.

C’est désormais aussi le titre français retenu pour le nouveau long métrage de Lynne Ramsay (en version originale “You Were Never Really Here” ou “Tu n’étais pas vraiment ici”) avec le bien trop rare Joaquim Phoenix qu’on n’avait pas vu au cinéma depuis L’Homme Irrationnel de Woody Allen, sorti en 2015…

 

LA CRITIQUE

Grosse sensation au dernier festival de Cannes, « A Beautiful Day » marque le retour en force de Lynne Ramsay après « We Need to Talk About Kevin ». Point d’ado dérangé cette fois. Juste la descente aux enfers d’un vétéran de guerre prêt à tout pour secourir une petite fille des griffes d’un dangereux proxénète. Dans le rôle-titre, Joaquin Phoenix, récompensé sur la Croisette pour sa performance. Autant dire que les attentes étaient hautes…

Avant toute chose, et c’est de moins en mois rare mais il fallait que ce soit dit : évitez toute bande-annonce du film. Le trailer spoile absolument tous les rebondissements, tous les plans iconiques, jusqu’au plan et à la réplique finale. C’est absolument incompréhensible en plus de ruiner, n’ayons pas peur des mots, les éventuels frissons que l’on pourrait ressentir devant le film.

Alors que retenir du film une fois que l’on sait ce qui va se passer dans l’ordre chronologique ? Eh bien que comme prévu, Joaquin Phoenix livre une performance terrassante en vétéran solitaire et en proie à un stress post-traumatique le privant de toute vie normale. Que le score de Jonny Greenwood fait une nouvelle fois des merveilles, se mariant parfaitement au montage sonore abrupt qui accompagne l’état d’esprit du héros. Que la mise en scène de Lynne Ramsey, à défaut de faire preuve d’une grande subtilité, crée des moments de tensions suffisamment efficaces pour que l’on retienne son souffle jusqu’au bout.

Cela étant, en dépit de ses trois grosses qualités, A Beautiful Day (titre original : « You Were Never Really Here ») n’arrive pas à convaincre totalement. Probablement la faute de son script paresseux, puisant sans vergogne dans « Taxi Driver » et « Drive ». Avec en bonus des flash-backs au mieux touchants, au pire maladroits. Ils n’explorent pas assez le trauma du héros, et se bornent la plupart du temps à des sursauts gratuits, re-montrant la même chose un nombre incalculable de fois.

On sort du film sans réelle empathie pour les personnages, se contentant se traverser avec eux les 1h25 que dure le long-métrage. Il est rare de dire ça, mais il aurait fallu épaissir les personnages, leur donner un peu de profondeur, et allonger la durée de certaines scènes. Au final, c’est une impression de superficialité qui domine, ce qui est d’autant plus dommage vus les talents réunis pour un tel projet.

Sans être une catastrophe, « A Beautiful Day » n’arrive pas à concrétiser toutes ses promesses. Malgré un excellent Joaquin Phoenix, le film est bien en-deçà de ses principales références en plus de laisser de marbre. Et à nouveau, on ne félicitera pas la promotion du film d’avoir sacrifié tous les rebondissements sur l’autel de sa bande-annonce qui spoile absolument tout.

A Beautiful Day, de Lynne Ramsay – Sortie le 8 novembre 2017

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