C’est l’une des grosses attentes de ce début d’année 2020 : le retour de Sam Mendes, délaissant l’agent secret britannique pour le film de guerre. 1917 sortira dans les salles le 15 janvier.

 

LA CRITIQUE

Après avoir offert deux aventures à Daniel Craig dans le costume de James Bond, le réalisateur Sam Mendes revient au cinéma avec un projet original et le premier dont il est le scénariste. 1917 est basé sur des histoires racontées par son grand-père ayant lui-même vécu la Grande Guerre. Pour ce projet fou, tourné en un seul (faux) plan séquence, le comédien s’est tourné vers deux comédiens relativement inconnus : George MacKay, vu dans Captain Fantastic, et Dean-Charles Chapman (Le Roi, de David Michôd).

1917 raconte comment deux soldats anglais sont envoyés en mission de l’autre coté des lignes ennemies. Ils doivent franchir le front pour prévenir certains des leurs qui vont droit au massacre. En bonus, le frère d’un des deux héros fait partir des soldats à arrêter. Une course contre la montre, en presque temps réel, s’engage donc.

Le pitch est simple et l’intrigue se déroule en très peu de temps. Sam Mendes a donc songé à tourner son film en un unique plan-séquence pour raconter son histoire, comme Alejandro González Iñárritu l’avait fait avant lui avec Birdman. L’écriture est donc simple et efficace. Seulement, Mendes se sent obligé de faire vivre 1000 péripéties aux deux protagonistes, avec par moments une certaines facilité. Un combat aérien a lieu dans le ciel au dessus d’eux, et un des avions s’écrase forcément à proximité. Ils croisent une patrouille qui les aide à avancer mais seulement un court moment, le réalisateur étant coincé par un concept qui l’oblige à enchainer rapidement. En terme d’écriture, 1917 est loin d’être désagréable mais le principe en fait un projet forcément limité.

C’est techniquement que le film est bluffant. Évidemment, le plan séquence est faux. Il d’est d’ailleurs officiellement coupé en deux puisque l’intrigue fait apparaitre un fondu au noir avec une petite ellipse temporelle. Et si on voit certaines coupes, la majorité des séquences sont incroyablement bluffante. La caméra de Mendes virevolte au milieu de dizaines de figurants coincés dans les tranchées quand elle ne fait pas des mouvements qui paraissent infaisable. Une scène, notamment, montre les deux héros contourner une mare. La caméra, elle, les suit jusqu’au bout, traverse au milieu de l’eau puis remonte une colline. On imagine qu’il a fallu plusieurs cadreurs et une logistique folle pour parvenir à une telle séquence. Tout le film est un enchainement de scènes techniquement folles et où l’émotion n’est pas pour autant mise de coté.

C’est d’ailleurs le cas lors d’une incroyable scène de nuit. Si vous trouviez que la photographie de Roger Deadkins était (forcément) sobre jusque là et si vous vous étionniez que Sam Mendes n’en profite pas, soyez rassurés. Le début du long métrage est effectivement mesuré mais le chef opérateur se lâche dans un passage nocturne sublime où les héros évoluent dans des ruines partiellement éclairées au rythme de l’action. Le moment intervient d’ailleurs après le fondu évoqué plus haut et une courte ellipse, comme le point de rupture du film.

Techniquement incroyable, 1917 a le défaut d’enchainer trop de péripéties évidentes. Mais on est tellement marqués par la maestria de Sam Mendes qu’on est prêts à lui pardonner ce petit écart.

1917, de Sam Mendes – Sortie le 15 janvier 2020

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