Évènement spécial, et donc article spécial : une critique d’un film déjà sorti -et pour cause, c’était il y a 85 ans- en dehors de la rubrique “Un Dimanche, Une Critique”. En effet, les 11 et 12 février derniers, l’Orchestre National de Lille organisait un ciné-concert autour de La Ruée vers l’Or de Charlie Chaplin. CloneWeb était bien entendu dans la salle…

La Ruée vers l’Or – Sortie le 9 octobre 1925
Réalisé par Charles Chaplin
Avec Charles Chaplin, Mack Swain, Tom Murray
Des milliers de personnes font le voyage vers l’Oklahoma. Leur but : trouver de l’or et devenir ainsi très riche. Un prospecteur plutôt maladroit en fait parti. Il va croiser la route d’un autre prospecteur, Big Jim McKay, celui-ci beaucoup plus chanceux car il est tombé par le plus grand des hasards sur une montagne d’or.
Le prospecteur maladroit se rend dans une ville sur la route de l’Oklahoma, où il rencontre Georgia, une jeune fille dont il tombe amoureux. Malheureusement pour lui, Georgia est déjà l’une des tentatives de conquêtes de Black Larsen, le coureur de jupon de la ville.

 

L’événement s’est déroulé les 11 et 12 février dernier, au Nouveau Siècle de Lille : Un ciné-concert du film « La ruée vers l’or » de Charles Chaplin, avec comme musiciens l’orchestre national de Lille. Rien que ça !

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un ciné-concert ? Il s’agit d’une projection d’un film, muet ou non, où des musiciens sont présents dans la salle et jouent en direct la bande musicale du film.
En l’occurrence, Chaplin écrivait lui-même les partitions de ses films, il s’agissait donc ici de l’adaptation de sa musique pour un orchestre complet.

La salle est comble. Je suis bien forcée d’avouer que, n’étant pas une grande fan de musique classique, je n’avais jamais assisté à un concert de l’ONL. Les musiciens entament une introduction, le film commence cinq minutes plus tard. On nous annonce, juste avant le début de la projection, que la version de « la ruée vers l’or » que nous allons avoir la chance de voir est la dernière copie de la version originale du film, les autres ayant étaient détruites par Chaplin lorsqu’il remonta le film, des années plus tard.

La bande-son, interprétée par cet orchestre complet, prend une dimension plus qu’envoûtante, nous sommes totalement imprégnés par la musique, elle nous porte littéralement dans le film.

Cette musique donne une dimension féerique à l’oeuvre, ce qui nous permet d’assister à une performance cinématographique complète. Les intertitres du film deviennent superflus : la musique explique tous les points obscurs des images. De plus, il faut avouer qu’il est bien plaisant pour les oreilles d’entendre ça. C’est très agréable de voir de temps à autre des films avec une musique aussi sublime, ça change des productions très bavardes auxquels nous sommes habitués, nous, spectateurs du XXIe siècle.

Passons maintenant au film en lui même.
La première partie est très amusante, surtout durant la partie se passant dans la cabane, durant la tempête, et où se rencontre le prospecteur et Big Jim McKay. La seconde partie, celle qui se passe en ville et où le prospecteur rencontre Georgina, est beaucoup plus émouvante. Elle est en totale opposition avec la première partie où Charlot réalisait gags sur gags. Lorsque l’on passe la porte du dancing, le film passe du tout au tout, bien qu’il garde beaucoup d’humour malgré sa touche très mélodramatique, c’est un Charlot, après tout !

Pour ma part, j’ai trouvé la deuxième partie un peu longue, mais cela vient peut être du fait que je ne suis pas une grande fan des mélodrames. Il est vrai qu’après le rythme effréné de la première partie, la tournure mélo que prend soudainement le film surprend. Mais la fin reprend le rythme et l’humour du début, ce qui est très agréable.

Ce film, considéré comme le meilleur de Chaplin par de nombreux spécialistes, regroupe également quelques scènes cultes de l’histoire du cinéma, comme par exemple « la danse des petits pains », où Charlot fait danser des pains au lait au bout d’une fourchette. Ce qui est très amusant lorsqu’on voit ce film pour la première fois, c’est qu’on se souvient avoir déjà vu cette scène dans de nombreux films. Cette scène ou quelques autres, comme celle où Charlot est soufflé par la tempête hors de la maison, sont incroyablement drôles, j’ai rarement entendu une salle rire autant devant un film !

Le film était très bien en lui-même, mais l’ajout d’une telle musique le fait revivre. Cette notion de renaissance est d’autan plus prenante lorsqu’on sait qu’il s’agit de la dernière copie d’origine du film, qui a été par la suite maintes et maintes fois modifié. La musique nous transporte, on vogue au cinéma comme dans un rêve. C’était un moment de cinéma que je ne suis pas prête d’oublier.

PaulinaStrange

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