Le BIFFF, ou Brussels International Fantastic Film Festival, s’est ouvert ce mardi 3 avril pour douze jours de films de genre, de rencontres, d’animations et d’hectolitres de Cuvée des Trolls.

Comme en 2015, François a passé pour CloneWeb la frontière belge pour quelques jours (et donc quelques films). Et on commence par deux longs métrages très différents mais qui ont en commun de provenir tous les deux de Russie.

 

Frontier/Rubezh, de Dmitriy Tyurin
Synopsis : Frontier suit Mikhail, un homme d’affaire véreux qui tente d’extraire le sable d’une ancienne zone de bataille du siège de Leningrad, qui abrite les corps de nombreux soldats russes. Un incident se produit et notre antihéros se retrouve coincé entre sa réalité et des sautes temporelles au cœur du front sanglant de l’Est.

Frontier est le quatrième film du scénariste Russe Aleksandr Shevtsov qui renoue une nouvelle fois avec une thématique qui lui est chère : la seconde guerre mondiale ou plus précisément, des héros contemporains qui se retrouvent propulsés au coeur de ce conflit. Le film repose donc sur deux temporalités.
Si on reprochera à la partie contemporaine d’être un peu anecdotique (entre une romance maladroite et culcul, et des sous intrigues un peu ennuyantes), c’est dans les scènes du passé que le film se distingue.

Cela fait tout d’abord plaisir de voir le front de l’Est à l’image, une partie cruciale de cette guerre mais historiquement sous représentée à l’écran. À travers les déambulations de notre anti-héros costumé, le film dresse une série de portraits intimistes de soldats au bout de l’effort. Rien d’excessivement patriotique. Juste une série de derniers moments d’hommes au front. Le tout filmé avec un effort visuel qu’on peut saluer : une esthétique pastel qui saupoudre les tranchées poisseuses de couleurs extrêmement vives, ce qui se marient étrangement bien à l’écran.

À cause des faiblesses de la partie contemporaine de l’histoire, on est pas sur que Frontier marque les esprits. On espère cependant revoir Dimitry Turin sur un prochain film basé peut être exclusivement sur une reconstitution historique. Mettant en avant ses forces à l’écran.

 

The Schytian, de Rustam Mosafir
Synopsis : Dans la Russie du XIème siècle après JC, des conspirations entre clans coincent le guerrier Lutobor dans une course contre la montre pour résoudre un crime et sauver sa famille.

Diffusé dans le cadre de sa premiere internationale, la superproduction russe a très vite séduit la salle. En effet, dès la première scène le ton est donné : une cinématographie sublime au service d’une chorégraphie de combats vertigineux, le tout situé au coeur des paysages magnifiques de l’Eurasie barbare. Et de ce postulat, le film ne fait que s’améliorer.

Cette montée en plaisir est dûe au scénario qui ne fait que surprendre ; si film commence par nous emmener sur des sentiers prévisibles, les choses dérapent très vite et la complication des enjeux devient de plus en plus savoureuse.
Il y a tout d’abord la constitution de notre duo de héros. Tout deux sont introduits comme des guerriers redoutables de deux camps opposés. Mais là où l’on aurait pu y voir la source d’un antagonisme naît à la place une alliances des plus excitante. Les deux s’entraident et de leur collaboration suit une rivière de sang.


Aleksandr Kuznetsov livre une performance éléctrique : le guerrier le plus épique depuis Darth Maul, et qui a causé d’innombrables applaudissements

Le reste du film semble après simple : des ennemis devant, des ennemis derrière et potentiellement une damzelle à sauver au bout du chemin. Pourtant, là encore, le film s’amuse en jetant de nouveaux bâtons les roues de nos héros. Introduisant de nouvelles menaces qui relancent le récit, mais surtout le font basculer dans de nouveaux tons, à la fois improbables et délectables.
Le guide du BIFFF décrivait le film comme un mélange entre Gladiateur, Apocalypto et Mad Max, et cette dernière comparaison semblait étrange. Pourtant, le ton du film glisse en effet vers des sentiers plus fantastiques tout en restant cohérent avec son univers. Et cette rupture de ton, sans vouloir trop en dévoiler, plonge le film dans la sphère du glorieux.

Enfin, il est plaisant de constater que le film ne se repose jamais sur ses acquis. Si l’on devinera l’un des mystères assez tôt dans le récit, il parvient quand même à surprendre sur d’autres aspects, jusqu’au derniers instants de la pellicule.

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