Non, la rubrique Un Dimanche Une Critique n’avait pas disparu. Mais entre les indisponibilités de chacun ainsi que la profusion de publications suite à l’enchainement Cannes – Annecy, il nous a fallu faire une petite pause.

On va donc reprendre gentiment le rythme en évoquant régulièrement des films déjà sortis, parfois autour de thématique. Et on continue la spéciale “10 ans de CloneWeb” avec des films qui ont marqué la période 2002-2012 et notamment avec celui qui a remporté l’Oscar du meilleur film en 2007.

Un Dimanche Une Critique est consacré aux Infiltrés de Martin Scorsese.

 

Les Infiltrés – Sortie le 29 novembre 2006
Réalisé par Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson
A Boston, une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise.
Pour mettre fin au règne du parrain Frank Costello, la police infiltre son gang avec “un bleu” issu des bas quartiers, Billy Costigan.
Tandis que Billy s’efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan entre dans la police au sein de l’Unité des Enquêtes Spéciales, chargée d’éliminer Costello. Mais Colin fonctionne en “sous-marin” et informe Costello des opérations qui se trament contre lui.
Risquant à tout moment d’être démasqués, Billy et Colin sont contraints de mener une double vie qui leur fait perdre leurs repères et leur identité.
Traquenards et contre-offensives s’enchaînent jusqu’au jour où chaque camp réalise qu’il héberge une taupe. Une course contre la montre s’engage entre les deux hommes avec un seul objectif : découvrir l’identité de l’autre sous peine d’y laisser sa peau…

 

En guise d’introduction à cette critique, il est important que vous sachiez que je n’ai pas vu le film original dont Les Infiltrés est tiré. Infernal Affairs réalisé par Andrew Lau et Alan Mak est un film hongkongais sorti en 2002 et dont il parait que son remake en est la copie conforme.
Néanmoins, comme je ne l’ai vu, pas de comparaison ici. Juste un avis neutre sur le boulot de Martin Scorsese pour lequel il repartit avec 4 statuettes dorées en 2007 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur montage et meilleur scénario adapté.

Le film s’ouvre sur l’intro musicale de I’m Shipping up to Boston des Dropkick Muprhys, preuve du bon gout du réalisateur et on suit une voiture s’engouffrant dans la plus grande ville du Massachusetts, qui sera au coeur de l’histoire. Plutôt habitué des films de mafieux, Scorsese va s’intéresser ici principalement à l’autre coté : la police.

On va donc suivre deux jeunes flics infiltrés chacun à leur manière. Le premier, Costigan, est une petite frappe qui s’est fait remarquer à l’école de police et va être envoyé en mission par le capitaine d’une équipe spéciale au sein de la mafia. Il devra suivre et controler les faits et gestes d’un parrain incarné par Jack Nicholson.
L’autre est presque le fils adoptif du personnage de Nicholson. Il l’a pris sous son aile étant jeune et en a fait un flic, prêt à infiltrer les rangs de la police départementale.
Ce sont donc deux personnages pas si éloignés qui vont devoir rendre des comptes à leurs supérieures respectifs pour relater les agissements du camps adverse. Tous les deux vont donc se croiser à de multiples reprises sans jamais savoir qui est l’autre.
Tout partira en vrille quand un groupe comme l’autre se doutera de la présence d’une taupe à bord et n’aura que pour but de la démasquer.

Pendant presque 3 heures, on va donc assister à un jeu de chat et de souris où le poursuivant est parfois le poursuiveur et inversement. Mais avant d’en arriver là, Scorsese et son scénariste William Monahan prennent largement le temps de poser les bases de leur histoire et de largement introduire leurs personnages dans leurs milieux respectifs; une (très) longue introduction qui permet au spectateur de bien comprendre qui est qui et qui fait quoi et qui permet également de montrer qu’on est là face à un casting de fou. Di Caprio est parfait, Damon est très bon et Nicholson s’en donne à coeur joie, rappelant qu’il est encore meilleur quand il joue le rôle d’un méchant un peu barré.

Avec son montage aux petits oignons, alimenté par quelques flashbacks judicieusement placé pour illustrer son histoire, et de plus en plus resserré, on va sentir monter la mayonnaise jusqu’à ce qu’elle prenne complétement. Damon et Di Caprio vont finir par tellement se croiser que le hasard les conduira l’un comme l’autre dans les bras de la même femme ! Et pour l’un comme pour l’autre, l’étau va petit à petit se resserrer.
Si on peut reprocher au film quelques longueurs en son milieu, on est tellement pris par la chasse à la taupe du dernier acte qu’on pardonne au réalisateur d’avoir voulu trop tirer en longueur son histoire. Et puis l’ensemble est souligné par le bon gout musical du réalisateur : Howard Shore pour quelques thèmes, les Dropkicks à deux reprises mais aussi les Rolling Stones ou les Beach Boys et des morceaux de musique qui s’intègrent parfaitement à l’histoire.

Une bande originale exceptionnelle, des acteurs parfaits, une réalisation impeccable. Pas sûr qu’on puisse reprocher quoi que ce soit aux Infiltrés de Martin Scorsese, sauf peut-être de trop tirer sur la corde. Et, vous me direz, d’être un remake d’un film asiatique un peu au dessus de sa nouvelle version. Mais comme je ne l’ai pas vu…

5 commentaires

  • Oneal dimanche 17 juin 2012 13 h 59 min

    Je vous conseille de voir l’original pour constater le plagiat total, du scénario en passant par la mise en scène, montage, rythme…

  • Why so serious!! lundi 18 juin 2012 0 h 31 min

    C’est le remake et en aucun cas un plagiat de la première partie de la trilogie hongkongaise Infernal Affairs, mais nettement supérieur sans aucun doute! Scorcese en a fait grand film!
    Je ne suis pas contre les remakes et celui ci est un classique du genre!

  • Mr.Aka lundi 18 juin 2012 19 h 40 min

    Un excellent film, un de mes Scorcese favori, scénario super bien ficelé et rebondissements inattendus, un MUST!

  • Misutsu mardi 19 juin 2012 23 h 13 min

    Recopier un film étranger en se contenant d’en changer les acteurs, je n’appelle pas ça un remake mais un plagiat moi aussi. Et puis cette obstination à faire une fin à l’américaine clôturant au passage sur un film ce qui est normalement une trilogie… ah là là… pour moi ce film est un des exemples de ce que Hollywood fait de pire, où comment empêcher le public américain (Et les autres) d’apprécier les qualités des films étrangers en mettant en avant la “vision” des studios américains, avec plein d’américains dedans pour plaire aux américains qui aiment l’Amérique américaine.

    Combien de ces sales films j’ai vu et sans doute aimé sans savoir qu’ils étaient les copies d’excellents films étrangers ? J’y pense et je n’en dors plus :p

  • Why so serious!! mercredi 20 juin 2012 16 h 35 min

    Et depuis quand il est interdit de revisiter des films, beaucoup Remakes sont largement superieurs a l’original, et puis le couplet de la vision americaine ca me fais bien rigoler quand on connait la critique facile de certains qui viennent balancer alors qu’ils sont les premiers a y aller, nous les francais on est les premiers a vendre des films a l’etranger pour que les americains en fassent des films avec de plus grands moyens, j’ai vu infernal affairs et c’est un bon film mais pour moi et beaucoup d’autres il en a fait un tres grand film! Si des francais ici n’aiment les films americains avec plein d’americains, ils feraient mieux de se tourner vers l’est! Un Remake est une reprise, un film adapté à partir d’un film existant précédemment, un Le plagiat est une faute morale ou commerciale consistant à copier un auteur ou créateur sans le dire, ou à fortement s’inspirer d’un modèle que l’on omet délibérément ou par négligence de désigner. Il faudrait s’informer avant de dire de tels sotises!

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