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Critique : Star Wars Le Livre de Boba Fett

Après avoir suivi les aventures du Mandalorien pendant deux saisons, j’étais obligé de poursuivre ma route à travers la galaxie pour découvrir le retour en fanfare d’un personnage adulé : Boba Fett. Après avoir attendu de découvrir les trois premiers épisodes, voici donc un premier verdict.

Dans une scène post-générique de la série de Jon Favreau, on voyait Boba Fett s’installer sur le fameux trône de Jabba « Le Forestier ». La promo de la série nous a ensuite vendu son retour sur Tatooine. Allait-il devenir le chef de la mafia locale ? Allait-on avoir suffisamment de quoi justifier la hype autour du personnage plusieurs décennies après son apparition dans le Star Wars Holiday Special puis dans l’Empire Contre-Attaque ? Rien n’est moins sûr.

Produite et partiellement réalisé par Robert Rodriguez, le Livre de Boba Fett est le pire projet estampillé Star Wars depuis le rachat de la franchise par l’Empire Disney.

Mais avant de développer ce propos, un bref pitch : « Le Livre de » raconte en parallèle deux choses : la montée en puissance (relative) de Fett au coeur de Mos Espa, la grande ville de Tatooine découverte dans La Menace Fantôme et son passé une fois sorti du Sarlacc. Cette évasion du ventre de la créature, les fans l’ont fantasmé pendant plus de trente ans. Boba Fett échappant au monstre en volant grâce à son jetpack, l’image a eu droit à de nombreuses oeuvres de fans et même à des comics, désormais relégués hors canon. Cette évasion, comme le reste du premier épisode, Robert Rodriguez décide de ne rien en faire de spectaculaire.

Le réalisateur d’Une Nuit en Enfer avait déjà filmé le pire épisode du Mandalorien. Il revient à la fois en tant que metteur en scène et producteur mais n’a toujours envie de ne rien faire. Le premier épisode, monté n’importe comment, n’a donc aucun souffle héroïque. Ne fantasmez rien. Tout ce que vous pouvez imaginer autour du personnage n’est pas dans l’histoire. Rodriguez est parfois capable de s’en tirer honorablement, quand il est entouré de producteurs qui le poussent à bien faire comme avec James Cameron sur Alita Battle Angel ou même Quentin Tarantino. Ici, tout le monde s’en branle alors forcément rien ne fonctionne.

L’épisode 2 vient un peu relever le niveau, avec une mise en scène signée Steph Green (la série Watchmen). L’histoire est toujours peu intéressante (on y reviendra) mais au moins certaines scènes tiennent la route, à l’image d’une attaque de train en plein désert façon western et une structure globale qui se tenait.

Mais le troisième épisode voit le retour de Rodriguez à la réalisation et les choses se gâtent. Le réalisateur livre ici deux scènes particulièrement gênantes : une scène de fight contre le wookie Krrsantan (un chasseur de prime apparu dans les comics et qui prend vie à l’écran !) sans aucun rythme, où le personnage de papier n’a aucun intérêt et une scène de course poursuite dont la lenteur aurait pu nous faire croire à une parodie, d’autant que les protagonistes sont des gamins manifestement sortis d’un épisode de Power Rangers.

Si la mise en scène est aux fraises, peut-être que l’histoire relève le niveau ? Ce n’est pas non plus si simple. Déjà, pendant deux épisodes, la série ne sait pas vraiment sur quel pied danser ? Raconter l’actuel Boba Fett ou celui en flashbacks qui revit ses traumatismes ? Personnellement, je me fous pas mal de ce que le chasseur de prime peut avoir fait après le Sarlacc. Mais Lucasfilm aime combler les blancs, donc on nous raconte, un peu au forceps, une histoire de rédemption où l’un des pires méchants de l’univers créé par George Lucas fait preuve d’actes de noblesses ? Pourquoi ? Et bien pour en faire un gentil, pardi. Vous n’alliez quand même pas croire que Disney allait laisser faire une série sur la pègre de Tatooine. Bien sur que non.

Après avoir montré dans les flashbacks que les Hommes des Sables, ceux qui ont assassiné de sang froid la mère d’Anakin et tiré gratos sur des pods pendant une course, peuvent faire preuve d’empathie, on nous montre que Boba Fett est un gentil. Oui, le pire chasseur de primes de la galaxie, qui vendrait sa propre mère à Vader, s’impose comme le nouveau justicier de Mos Espa. Alors, certes, il collecte bien une taxe et il est question de possession de territoire mais le personnage ne commet aucun acte répréhensible, aucun méfait, n’utilise aucune violence. Son rapport à Krrsantan Le Noir dans le troisième épisode en est la preuve vivante. « Le Livre de » est en train de faire de Boba Fett un gentil. Nous on veut des histoires de méchants, voir les bas fonds des planètes, suivre des crapules, voir « Succession » ou « Les Sopranos » version Star Wars. Mais Disney en a décidé autrement.

Il reste quatre épisodes.

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3 Comments

  • par Olivier
    Posté mercredi 12 janvier 2022 18 h 09 min 0Likes

    Disney ou pas, lorsque vous avez un film ou un roman centré sur un méchant, il devient respectable, regardez Hannibal ou Lestat le Vampire, qui deviennent subitement des tueurs de criminels.

  • par thierry
    Posté mercredi 12 janvier 2022 19 h 00 min 0Likes

    Le Boba fett que nous connaissons n’est pas le Boba que les ricains connaissent. Ils l’ont découverts en cartoon dans le téléfilm spécial, pour enfant, lors duquel il sauve et aide Luke.
    Il est donc logique que ce personnage fasse l’objet d’une nouvelle série pour les plus jeunes.
    Ce troisième épisode est également l’occasion de nous montrer la poursuite la plus lente de toute la galaxie, et ce n’est pas rien ! (presque aussi lente que la poursuite en traineaux dans « Grand Nord », avec Christophe Lambert.)

  • par Marc
    Posté jeudi 13 janvier 2022 17 h 19 min 0Likes

    @Olivier : Hannibal reste un monstre effrayant, qui continue de bouffer des gens.

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