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Critique : Spotlight

Sorti fin novembre aux USA, Spotlight de Tom McCarthy arrive enfin dans nos salles à quelques semaines des Oscars.

Le film est en effet nommé dans six catégories dont meilleur film et meilleur acteur et actrice dans un second rôle pour Mark Ruffalo et Rachel McAdams, qui repartiront peut-être avec une statuette dorée Il avait été nommé trois fois aux Golden Globes. Et il évoque un sujet difficile…

 

LA CRITIQUE

Spotlight est la plus vieille cellule de journalistes d’investigation aux Etats-Unis. Au sein du Boston Globe et depuis les années 60, une petite équipe enquête sur des sujets en prenant le temps et en le faisant en profondeur, ce qui leur a valu un premier Prix Pulitzer en 1966. Près de quarante ans plus tard, l’équipe de Spotlight de 2001 a mis le doigt sur un incroyable scandale que le film du même nom raconte.

L’histoire avait fait les gros titres des journaux américains début 2002 : des prêtres auraient alors abusé d’enfants dans la ville de Boston et auraient été protégés par leurs supérieurs au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes, partie d’un cas et sous l’impulsion d’un nouveau rédac’ chef venu secouer les habitudes, va enquêter pendant de longs mois pour révéler le scandale.

Co-écrit par Tom McCarthy (également réalisateur, et scénariste de Là-Haut pour Pixar) et Josh Singer (responsable de plusieurs histoires de la série The West Wing), Spotlight s’offre en guise de casting une brochette de talentueux acteurs : Rachel McAdams, Mark Ruffalo ou le bien trop rare Michael Keaton se sont fortement impliqués dans leurs rôles pour ressembler aux véritables journalistes qu’ils incarnent. McCarthy et ses équipes soignent d’ailleurs la reconstitution et l’ambiance des salles de rédactions du début des années 2000. On pourra cependant reprocher au film d’être vraiment plan-plan en terme de mise en scène. Une telle enquête pourrait ressembler à un thriller si on lui insufflait plus de vie mais McCarthy se contente de promener sa caméra presque à la manière d’un documentaire, alors qu’il aurait pu profiter d’être dans un vrai film de cinéma pour apporter d’autres choses. On se souvient notamment des Hommes du Président d’Alan Pakula sorti en 77. Le metteur en scène et son monteur Robert L. Wolfe livrait quelque chose de bien plus haletant.

Néanmoins, difficile de ne pas s’intéresser à Spotlight tant le sujet est important et tant les découvertes faites par l’équipe enquêtrice sont hallucinantes. Sachant que tout est vrai et finement reconstitué, on ne peut que se faire emporter par les témoignages poignants des victimes. Ce sont les yeux humides qu’on se prend à détester le clergé local et c’est encore plus ébahi qu’on découvre les ramifications dévoilées par l’enquête. C’est toute une ville qui se retrouve mise à mal, puisque comme c’est souvent le cas dans ce genre d’histoire, pour simplifier “tout le monde savait et personne ne disait rien”. De la loi du silence aux accords passés sous la table, c’est un montage aussi scandaleux que stupéfiant qu’on découvre.

Il faut aussi reconnaitre au film de McCarthy qu’il rend au journalisme ses lettres de noblesse, surtout à une époque où tout n’est désormais qu’appeau à clic, volonté de faire du buzz. On découvre ici un groupe de personnes impliquées dans ce qu’elles font et bien décidées à aller au bout de l’histoire. Sans le travail de l’équipe Spotlight -et ses répercussions dans le pays entier- allez savoir quelle serait la situation à l’heure actuelle.

Ce n’est donc pas grâce à sa mise en scène bien trop molle que Spotlight se révèle excellent mais grâce au sujet qu’il aborde, à la reconstitution minutieuse d’une enquête portée par un casting à fond sur le sujet.

L’article publié suite à l’enquête Spotlight est consultable ici. Dans le cadre de la sortie du film, un site web fournissant plein d’infos sur le sujet et permettant aux victimes de contacter les services ad hoc pour dénoncer les abus est consultable .

Spotlight de Tom McCarthy, en salles le 27 janvier 2016

 

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