Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Critique : Raya et le Dernier Dragon

D’abord prévu comme le Disney de fin d’année 2020, Raya et le Dernier Dragon est sorti en mars dernier dans certains pays sur Disney+ moyennant un surcout. Disney France résistant à cette option, le film n’arrive dans l’Hexagone que ce 4 juin pour les abonnés.

LA CRITIQUE

Annoncé en 2018 et à l’époque porté par Paul Briggs, Raya & The Last Dragon était alors annoncé comme le pendant asiatique de Moana, où l’envie de Disney de sortir du schéma des héroïnes occidentales. Comme souvent dans le petit monde de l’animation, de l’eau a coulé sous les ponts depuis l’annonce et la réalisation a finalement échoué dans les mains de Don Hall (Big Hero Six) et de Carlos López Estrada, réalisateur du film live Blindspotting. Raya arrive dans un contexte compliqué : envisagé comme le Disney de fin 2020, il s’est pris de plein fouet la pandémie et ses restrictions pour finir sur Disney+ et ne sortir en France que début juin, sans cout supplémentaire.

L’histoire de Raya se déroule dans un monde fantasy d’inspiration chinoise. Un mal a envahi la terre et changé les hommes en pierre. Les dragons ont usé de leur magie pour arrêter la catastrophe grâce à une orbe magique. Des années plus tard, alors que les royaumes se sont divisés, l’un d’entre eux espère une réconciliation. Mais l’orbe magique se brise pendant les festivités et le mal revient.
Raya, devenue adulte, va alors parcourir les royaumes en quête des morceaux de globe, espérant pouvoir restaurer la paix et l’harmonie entre les peuples.

Après un prologue rapide, on va donc découvrir Raya jeune s’entrainer avec son père. Et ce qui frappe dès les premières images, c’est la beauté de celles-ci. L’animation est sublime, certains détails photoréalistes vraiment magnifiques. Les réalisateurs ont fait un boulot incroyable de rendu, rappelant à nouveau que Disney et Pixar sont toujours plusieurs coudées au dessus de la concurrence en la matière. On en prend donc plein les yeux, les scènes de foules sont réussies et l’univers vraiment travaillé. On retient aussi les mimiques de l’héroïne, de plus en plus complexes et réalistes, très loin des visages figés et limités en expression des premiers films d’animation en CGI. Vraiment, techniquement, Raya & le Dernier Dragon est un ravissement et Kelly Marie Tran, au doublage de l’héroïne ne fait que confirmer des choix de qualité.

Mais la technique, ça ne suffit pas. Il faut une histoire originale et bien racontée. Et là, le bat blesse. Avec Raya, Disney renouvelle l’expérience de Moana, livrer un film représentatif d’une culture mais en oubliant au passage de raconter quelque chose. C’est formidable de vouloir mettre des mythes et légendes dans la lumière, c’est mieux d’en faire quelque chose. Là où c’est plus gênant que dans le film de Musker & Clements, c’est que Raya s’inspire un peu trop d’Avatar le Dernier Maitre de l’Air et sa suite La Légende de Korra. Certes, toutes ses productions ont la culture chinoise comme source d’inspiration. Mais il est manifeste que la production Disney ne s’est pas contentée de s’inspirer des mêmes éléments. Comme à la belle époque d’Atlantis l’Empire Perdu, les ressemblances sont beaucoup trop frappantes pour y voir plus qu’une simple référence. L’héroïne est donc habillée exactement comme Korra (dans l’introduction), son père porte le même masque que Zukko dans la série animée et elle se déplace sur un animal qui se met en boule, comme Aang se déplace sur des sphères d’air. D’ailleurs, le personnage du jeune garçon a la même personnalité drôle et décalée que l’Avatar cité. Tout, des royaumes opposés à l’héroïne voulant les unir en passant par le découpage des chapitres en épisodes, rappelle le travail de Michael Dante di Martino et Bryan Konietzco. Même une séquence rêvée par le jeune Boun rappelle la même séquence rêvée par Aang dans la série.

Ca n’aurait pas été un problème si Disney avait cherché à sublimer ses sources d’inspiration, comme ce fut le cas avec le Roi Lion (qui est, rappelons le, très très inspiré du Roi Leo d’Osamu Tezuka). Mais ici, ce n’est jamais le cas. Les péripéties sont peu intéressantes, les personnages prévisibles et le rythme à la ramasse. Et ce même si vous n’avez jamais entendu parler d’Avatar (ce qui est peu probable si vous nous lisez régulièrement). Et quand les réalisateurs mettent de coté Last Airbender, c’est pour mieux aller chercher quelques idées du coté de Breath of the Wild (notamment dans l’apparence du fameux méchant et dans certains décors). Que s’est-il passé pour que la firme puisse s’inspirer autant de choses déjà faites ailleurs ? Dix noms sont crédités à un scénario sans surprise, dont on ne retiendra que la toute fin, un tant soit peu originale. Dix noms et personne pour dire à son voisin qu’on n’est vraiment pas loin du recopiage un peu trop visible.

Formellement fantastique mais ne sachant quoi raconter, Raya et le Dernier Dragon est une belle déception. Après des suites peu inspirées et des univers foireux, Disney s’enlise. Le dernier vrai bon long métrage du studio est Zootopie, sorti en 2016. Depuis c’est plus compliqué. Heureusement qu’il reste Pixar en face pour remettre les pendules à l’heure.

Raya et le Dernier Dragon – Disponible sur Disney+

Voir les commentairesFermer

2 Comments

  • par broack dincht
    Posté samedi 5 juin 2021 9 h 25 min 0Likes

    déception, ça me semble un peu exagéré, même si c’est vrai qu’on peut presque parler de plagiat tellement c’est pompé sur Avatar (on peut même ajouter le code couleur vestimentaire pour chaque clan; le fait que le gros animal mascotte serve de moyen de locomotion et d’une rivale “à la Zuko”), mais sur moi, ça a marché. Le rendu, l’animation et mise en scène des combats sont tellement ouf que ça m’ bien tenu.

    ATTENTION SPOILER en dessous

    Après c’est sur que l’histoire et sa petite morale sur la confiance, c’est mignon mais ça vole pas haut. Surtout quand on voit comment c’est expédié à la fin après le sacrifice de l’heroine et l’absence de choix derrière pour la rivale qui n’a que pour seule option d’elle même se sacrifier. Pas de fuite possible, pas d’option, ça limite pas mal l’impact de la confiance

  • par Rice
    Posté mercredi 9 juin 2021 21 h 39 min 0Likes

    Ce qui me manque dans les derniers Disney, ce sont des mechants personnifiés et charismatique.

    Dans ce film, c’est un nuage de fumée certes dangereux mais peu memorable ( idem dans Moana, la reines de neiges 2, Ralph 2, …).

    Je trouve que les heros manquent de relief, par l’absence d’une réelle menace identifiable. Dans les disney les plus populaire (dans le temps) il y a de ennemis dont on se souvient encore (Scar, Cruella, Jafar, …).

Laisser un commentaire