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Critique : Mistress America

Il y a un an, Noah Baumbach mettait en scène Adam “Kylo Ren” Driver, Ben Stiller et Naomi Watts dans une histoire de couples et de générations.

Ce boulimique de travail revient déjà avec un nouveau long-métrage qu’il a co-écrit avec son actrice principale, Greta Gerwing. Ils avaient déjà collaboré ensemble sur Greenberg ou encore Frances Ha sortis tous deux récemment. Les voici donc de retour pour Mistress America, en salles ce mercredi 6 janvier.

 

LA CRITIQUE

Loin d’un film au casting quatre étoiles comme « While We’Re Young », « Mistress America » marque le retour de Noah Baumbach qui renoue avec sa mise Greta Gerwig. Le duo nous propose l’histoire d’une amitié détonante entre une jeune étudiante en littérature en quête d’inspiration et une entrepreneuse aussi spontanée qu’irresponsable.

Tracy, jouée par Lola Kirke (vue dans la série « Mozart in the Jungle ») est une jeune femme en manque de repères dans son université. Son seul ami, pour lequel elle craque, se trouve finalement une petite amie et les prestigieux clubs dans lequel elle voudrait être admise ne veulent pas d’elle. Totalement perdue, elle se tourne donc vers un lointain membre de sa famille, Brooke, incarné par Greta Gerwig, pour lui faire découvrir la vie new-yorkaise qu’elle espérait vivre un jour.
Ca commence donc par un banal film d’amitié où l’on retrouve tout le piquant de Gerwig en très grande forme dans un rôle pourtant pas évident, à mi-chemin entre une femme-enfant immature et une adulte antipathique au possible.

Et sans crier gare, le film bascule soudainement dans un huit-clos inattendu en forme de règlement de comptes. Une séquence longue, de près d’une demi-heure, où les rancœurs explosent comme si l’on était dans une pièce de théâtre. Le film change de registre, se fait plus grinçant et sombre, jusqu’à l’explosion finale, loin du ton relativement léger et pop (à l’image de son excellente BO 80’s) de ses débuts. Personne n’est épargné, et c’est un savoureux jeu de massacre auquel on assiste en compagnie d’une brochette de personnages secondaires très réussis.
Et c’est la meilleure chose qui pouvait arriver au long-métrage, qui était jusque-là d’une paresse étonnante pour une œuvre de Noah Baumbach. On suit bien sûr les mésaventures de ces filles sans déplaisir, grâce à la mise en scène dynamique et aux dialogues pêchus, mais il manquait quelque chose pour vraiment se sentir impliqué. Si tous les films du réalisateur ont la particularité d’avoir des personnages à première vue sympathiques mais à la limite d’être antipathiques (ce qui fait leur authenticité, après tout), ici l’antipathie est beaucoup trop marquée pour que même la fin arrive à nous toucher malgré l’évidente alchimie entre les deux actrices.

Reste malgré tout un propos intéressant sur l’art et l’inspiration ; jusqu’à quel point on peut piocher dans la réalité, et dans la vie des gens qui nous entourent, pour créer une fiction authentique et réussie. Mais même ces pistes de réflexion sont relayées au second plan. « Mistress America » entre alors dans la catégorie de ces petits films mineurs au gros potentiel, certes plaisant à regarder, mais gâché par des situations convenues et des personnages maladroitement écrits.

Mistress America de Noah Baumbauch, en salles le 6 janvier 2016

 

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