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Critique : Mineurs 27

Après la série Braquo d’Olivier Marchal dans laquelle il excelle, on se réjouissait de retrouver Jean-Hugues Anglade dans le rôle d’un flic.

C’est en effet lui qu’a appelé Tristan Aurouet pour son premier film en solo, après Narco (co-réalisé avec Gilles Lellouche) et en attendant les Lascars.
Mais Mineurs 27 n’est pas tant un policier qu’un film sur la jeunesse et les histoires de familles.

Fallait-il donc vraiment se réjouir de tout ça ?

 

 

Mineurs 27 – Sortie le 21 septembre 2011
Réalisé par Tristan Aurouet
Avec Jean-Hugues Anglade, Nassim Si Ahmed, Marie-Ange Casta
Vincent Descharnes est un flic de province à l’allure ordinaire. Il y a dix ans, il a enterré une sale affaire pour sauver sa peau. Wilson et Stan ont en commun leur passion pour Déborah mais aussi un lourd secret. Il y a dix ans, ils ont subi un traumatisme dont aucun enfant ne peut se remettre. Wilson veut oublier. Stan veut parler, sans savoir qu’il met alors en marche une terrible machination…

 

Depuis deux ans, on observe un changement dans le cinéma français. En effet, une nouvelle vague de jeunes réalisateurs décident de se pencher sur l’adolescence, tout en réussissant avec brio à éviter tous les clichés. On se souvient des Beaux Gosses, de Simon Werner a disparu, d’Un amour de jeunesse ou encore de J’aime regarder les filles. Avec ces réalisateurs et ces films allaient des acteurs tels que Pierre Niney, Vincent Lacoste ou Audrey Bastien. Avec un sujet aussi grave que Mineurs 27, Tristan Aurouet, co-réalisateur de Narco et prochain réalisateur de l’adaptation live des Lascars, avait toutes les cartes en main pour réussir son film : une pointure du cinéma français (Jean-Hugues Anglade), des nouvelles têtes (2 des 3 acteurs principaux font leurs premiers pas à l’écran), un sujet intéressant et trop peu abordé au cinéma et deux bons seconds rôles.

Sur le papier d’ailleurs, l’histoire, quoiqu’un peu déjà vue avait tout d’alléchante : un jeune tagueur met la main sur des photos pédophiles impliquant le copain de celle dont il est amoureux. L’homme derrière ça? un flic ripoux ayant essayé tant bien que mal d’enterrer cette affaire. Sur le papier seulement car à l’écran, l’histoire peine a démarré. En effet, durant la première heure, le film se focalise uniquement sur ce triangle amoureux et la psychologie de ces personnages. Cette heure regroupe une des choses les plus insupportables du cinéma français : un enchaînement de scènes pour les 3/4 inutiles et sans lien entre elles, et d’autres qui semblent importantes et n’aboutissent jamais. Le plus grand exemple sont les deux scènes de sexes qui n’ont rien à faire là et ne servent en rien l’histoire hormis si ce n’est de montrer la plastique de Marie-Ange Casta. Et donc quand l’histoire commence, nous ne sommes déjà plus dans le récit et nous n’avons plus aucune envie d’y rentrer. Ajouté à ce non-scénario à peu près l’ensemble des clichés qu’on trouve sur l’adolescence compliquée. Entre les capuches, les tags, les fugues, on ne sait plus où donner de la tête. On notera aussi le physique très travaillé de Anglade puisque dès la première seconde, c’est écrit sur son visage rappelant celui de Marc Dutroux, que c’est le grand méchant. Enfin, ce retournement de situation rocambolesque finale s’avère un pétard mouillé tout comme toute cette histoire de Mafia.

Si le spectateur n’entre pas une seule seconde ce n’est pas seulement à cause du scénario aussi vide que bancale mais aussi grâce à la non-performance des trois acteurs principaux. Marie-Ange Casta n’a donc pas hérité du talent de sa soeur (oui, il suffit de voir Gainsbourg pour comprendre que quand elle choisit bien ses rôles, Laetitia s’en sort très bien) et Nassim Si Ahmed et Finnegan Oldfield n’ont d’ailleurs rien à lui envier tant l’ensemble du film sonne faux, surtout pour ce dernier. Avec autant de charisme et de talent qu’une huitre, ils sont d’autant plus de bien piètre qualité devant Langlade qui malgré son rôle en impose sévèrement. Ajouté à ça une réalisation insupportable remplie d’effets et d’esbroufes “m’as tu vu”. Raté de bout en bout, Mineurs 27 n’aboutit à rien, même pas son titre. Tout est fait pour repousser le spectateur hors du film tant il n’y a rien à sauver. Un désastre. Dommage.

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