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Critique : La Guerre des Dieux (New Gods, Yang Jian)

Light Chaser Animation. Le nom de ce studio chinois ne vous dit peut-être rien de prime abord. Pourtant, vous avez surement vu une de leurs productions récentes. Et si vous nous lisez régulièrement, vous les connaissez : nous avons commencé à les évoquer en 2019 pour la sortie de White Snake. Depuis, le studio a enchainé les productions avec un même but : s’inspirer du folklore chinois pour raconter leurs propres versions des personnages. Ainsi, après White Snake, le réalisateur Zhao Ji a lancé la saga New Gods avec d’abord Nezha Reborn (dispo sur Netflix) autour du personnage légendaire de Nezha puis désormais avec Yang Jian, le personnage qui nous intéresse. Entre temps, le studio a également produit une suite à White Snake, intitulée Green Snake et disponible sur Netflix. Même si les connexions sont parfois ténues, tous ces films se déroulent dans le même univers.

L’histoire de Yang Jian vient d’un roman chinois paru au 16e siècle : l’Investiture des Dieux, dans lequel, à travers cent chapitres, des dieux et autres personnages mythologiques s’entrecroisent. Mais pas question pour Light Chaser d’adapter le roman et d’en faire ce qui ressemblerait à un mélange de film historique et de fantastique. Comme pour Nezha Reborn, La Guerre des Dieux développe son premier univers, à travers des trouvailles visuelles assez sensationnelles.

Mais avant d’en dire plus, un mot sur l’histoire : le héros-titre, Yang Jian, est un ancien Dieu qui, après avoir enfermé sa soeur sous une montagne (!), est devenu un chasseur de prime. Embauché pour une mission, celle de retrouver une lampe magique, il va se retrouver confronté à son passé.
Jian est un héros plus discret, presque nonchalant. Jouant de l’harmonica et apportant grâce à l’instrument une bande originale à tendance jazzy, il nous rappelle… Cowboy Bebop.

Ce n’est pas le seul point commun que le film partage avec la série d’animation nippone puisque celui-ci mélange aussi habilement des éléments de science-fiction (avec de superbes vaisseaux qui volent) et d’autres plus anciens. On pense aussi, dans une certaine mesure, à Star Wars pour la rencontre audacieuse entre SF et fantasy. Difficile de bouder son plaisir devant la direction artistique tant le travail sur les designs et les décors est sublime. La réalisation n’est d’ailleurs pas en reste puisque Zhao Ji nous offre des scènes de combat visuellement dingues. Le metteur en scène, qui a travaillé sur The Grandmaster et Swordsmen, montre son amour pour le Wu Xia et profite des possibilités infinies offertes par l’animation en CGI pour sublimer le résultat.

Zhao Ji infuse ses références cinématographiques dans les mythes et légendes de son pays (tous les personnages et lieux sont des références à l’Investiture des Dieux ou à l’Histoire de la Chine) dans un feu d’artifice visuel qui montre que le Japon n’a pas le monopole de l’animation de qualité asiatique. Le film n’est pour autant pas sans défaut : il se révèle trop long et inutilement bavard pour ce qu’il a à raconter. Nezha Reborn avait déjà ces mêmes soucis, y compris une mise en route un poil laborieuse.

Mais qu’à cela ne tienne : en ces temps estivaux, allez donc profiter d’une salle climatisée pour mettre un pied dans l’univers de Light Chase Animation. Après White Snake, sorti tardivement en France, La Guerre des Dieux est l’autre film du studio à avoir les honneurs de la salle. Et si vous arrivez à passer au dessus de ses défauts, vous serez comblés : les autres productions sont ensuite visibles depuis chez vous.

La Guerre des Dieux (New Gods, Yang Jian), de Zhao Ji – Sortie en salles le 23 août 2023

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