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Critique : Judas & The Black Messiah

Judas & The Black Messiah s’inscrit dans le line-up des films Warner Bros prévus pour la salle et sortis sur HBO Max aux USA. En France, il est diffusé ce 24 avril sur Canal+ et est disponible en achat numérique à partir du 28.

LA CRITIQUE

Black Panther n’est pas seulement le nom d’un héros Marvel. C’est aussi un mouvement révolutionnaire américain soutenant la cause des Noirs à la fin des années 60. Panther, le film de Mario Van Peebles y fait directement référence tout comme le documentaire éponyme d’Agnès Varda sorti en 1968.

Produit par Ryan Coogler, le second long métrage écrit et réalisé par Shaka King (l’inédit en France Newlyweeds) est un biopic de Fred Hampton, dirigeant des Black Panther de l’Illinois. Mais plutôt que de relater directement son histoire, King va s’intéresser à celle d’un de ses hommes de main, le Judas du titre, un voleur de voitures qui devient indic’ pour le FBI au sein du parti.

Il y a quelque chose de Martin Scorsese dans le travail de Shaka King, aussi bien dans la mise en scène que dans la narration. Dès l’introduction et les scènes de voiture nocturnes, on se doute de l’influence du réalisateur de Casino. Les personnages, toujours complexes, jamais manichéens, sont très “scorsesiens” dans l’âme, tout comme l’ascension du personnage principal semble sortie des Infiltrés ou de Les Affranchis.

Ajoutez à cela quelques acteurs formidables, dont Daniel Kaluuya et Dominique Fishback. Mais c’est surtout la performance du toujours impeccable Lakeith Stanfield qu’il faut saluer. Le comédien est éblouissant d’émotions dans le rôle complexe de l’indic’ qui va se faire embarquer par les discours de celui qu’il espionne. Même Martin Sheen, grimé en J. Edgar Hoover et méga-raciste, est impressionnant.

La comparaison avec Martin Scorsese s’arrête à la forme. Le fond, lui, est plus que jamais d’actualité. On pense naturellement au mouvement Black Lives Matter, mais coté cinéma aussi aux Sept de Chicago et même à l’arc narratif du Faucon dans la série Marvel Studio récente (si si !). Et tout cela, même si le point de vue choisi par Shaka King donne parfois l’impression que le sujet est survolé.

Le long métrage se termine comme souvent dans ce genre de projets sur une série de panneaux racontant “l’après”. Il a l’intelligence de commencer sur une reconstitution d’interview pour terminer sur les vraies images, même décor et même cadre comme pour insister sur le fait qu’il décrit la réalité. Bien entendu, une grande partie des faits sont romancés. Mais on ne peut qu’être atterrés par le comportement des officiels de l’époque.

Judas & The Black Messiah est un film important. Qu’on aurait aimé voir d’avantage mis en lumière que diffusé à l’arrache sur une chaine de télévision payante. Si vous ne connaissiez pas, comme l’auteur de ces lignes, l’histoire de Fred Hampton, c’est même un film indispensable.

Judas & The Black Messiah, de Shaka King – Sur Canal+ le 24 avril puis en achat digital à partir du 28/04/2021

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