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Critique : Furiosa

En 2015, George Miller rebootait sa saga post-apocalyptique Mad Max, après trois volets aussi différents que cultes – et avec une propre mythologie de ses tournages, chaotiques, en parallèle des déboires d’un certain Francis Ford Coppola lui aussi sur la Croisette cette année. “Mad Max: Fury Road” prenait d’assaut le monde, à commencer par le festival de Cannes, pour redonner ses lettres de noblesse au blockbuster d’auteur et au film d’action en pleine Marvellisation du cinéma américain.

En 2024, à près de 80 printemps, le réalisateur australien s’offre une préquelle de luxe à Fury Road avec “Furiosa” (co-écrit avec Nico Lathouris, déjà à l’oeuvre sur le précédent) – et la réponse à un souhait du public de découvrir les origines du personnage mythique incarnée par Charlize Theron dans le précédent opus. Anya Taylor-Joy, Chris Hemsworth (grimé) et Tom Burke font partie du casting de ce 5e volet de la saga Mad Max, qui place les intentions graphiques et narratives au même niveau qu’il y a 9 ans. Alors, doit-on s’attendre à une nouvelle course poursuite infernale au milieu du Wasteland ? L’absence de (Mad) Max Rockatansky sera-t-elle pénalisante ?

Sur un tel film, les premières impressions sont toujours trompeuses. Surtout si on se réfère à une bande annonce aux effets non terminés, et un film massif de 2h30. Avec “Furiosa”, George Miller navigue dans son propre univers, complètement détaché de son anti-héros principal. Sans doute l’effet “Fury Road” : un film qui a fait naître plusieurs personnages secondaires, une vraie galerie de vilains et de soldats (comme les films précédents par ailleurs, mais plus marquant en 2015), qui confirme le statut de “saga” avec plusieurs pistes d’explorations possibles. Sans Max, “Furiosa” tient parfaitement la route et l’auteur ayant les clés de cet univers s’y amuse visiblement autant que nous. Flashbacks, décors… Après un opus énervé au possible, Mad Max déroule d’autres possibilités, d’autres lieux. Pour mieux revenir à son essence première.

Et d’origine story, il en est question avec “Furiosa”. Cette préquelle ne fait que nous expliquer le pourquoi du comment ce personnage est né. De l’imagination de Miller, des ravages du Wasteland, de la perte de sa première famille. Comment Furiosa s’est forgée, à travers 5 chapitres épiques et autant de rencontres ou rebondissements ravageurs. Le film est en cela plus construit narrativement que l’original (soulignant même directement les maux de notre époque comme causes d’un possible futur dans le Wasteland), ce qui fait perdre un peu de charme à la mécanique originelle mais pose les choses. La Citadelle (Immortan Joe, les War Boys et tous les seconds rôles liés), Pétroville, le Moulin à Balles : on en revient à “Fury Road”, dans un décor déjà installé pour mieux découvrir comment la débrouillarde enfant qu’était Furiosa va devenir l’Imperator du lieu.

“Furiosa” est surtout, et avant tout, une nouvelle démonstration de force d’un George Miller qui n’a rien perdu de sa fougue, ni de son envie. Comme si dérouler le monde Mad Max, revenir sur l’environnement de 2015 était aussi une excuse pour repartir au front. Celui du cinéma en grand, des cascades, des véhicules monstrueux, des personnages grandiloquents. Hemsworth cabotine forcément un peu trop mais sert surtout de matière pour créer l’héroïne. Tom Burke en pseudo figure tutélaire n’est qu’un chapitre de l’histoire. Le reste du décor ne se réalisera vraiment que dans “Fury Road” où Furiosa prenait son envol. C’est réellement elle qui brille à travers les séquences d’action ici. Anya Taylor-Joy, et surtout Alyla Browne (version jeune) apportent une incarnation revigorante au personnage interprété par Charlize Theron précédemment.

Et la maestria technique ! “Furiosa” regorge de séquences dantesques en plein désert, bis repetita certes de “Fury Road” mais sans discontinuer sur l’ingénierie visuelle et motorisée, sur les idées de cascades et de plans. Une vraie performance au cœur d’un récit plus étoffé, d’un univers déjà connu. Miller n’est pas fatigué (il ne l’était pas non plus avec “Trois mille ans à t’attendre” en 2022, film injustement sous-estimé), et il le fait comprendre. Pour les fans de la saga Mad Max, “Furiosa” sera un chapitre passionnant. Pour les non-initiés, il serait sans doute pertinent de débuter par ce film de 2024, parfaite introduction à “Fury Road”.

Bonus : on a bien cerné le sujet en 2018 avec une vidéo dédiée à la figure du héros chez George Miller – écrite, montée et réalisée par Jean-Victor évidemment :

Furiosa, une saga Mad Max – réalisé par George Miller – au cinéma le 22 avril 2024

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1 commentaire

  • par gbib75
    Posté vendredi 17 mai 2024 13 h 17 min 0Likes

    Merci pour cette excellente critique. Je serai parmi les spectateurs. Un tel film ne peut s’apprécier que devant un écran géant.

    Une précision: au cinéma le 22 MAI 2024, je crois.

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