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Critique : Flee

Le grand gagnant du Festival du Film d’Animation d’Annecy s’appelle Flee. Ce long métrage co-produit entre la France et le Danemark avait autant séduit le public (longue standing ovation à la fin de la projection officielle) que le jury, qui lui a remis le Cristal. Le film a été acheté par Arte mais il devrait néanmoins bénéficier d’une sortie salles.

LA CRITIQUE

L’animation, ce n’est pas seulement des séries mignonnes pour les plus jeunes ou de l’animation japonaise violente (pour bien insister sur les clichés). C’est aussi un moyen de raconter différemment des histoires, une technique parfois nécessaire à la narration. Le réalisateur danois Jonas Poher Rasmussen l’a bien compris avec Flee.

A la projection officielle du Festival d’Annecy, Rasmussen a expliqué que, plus jeune, il prenait le bus avec un jeune homme d’origine afghane. Il a alors voulu raconter son histoire. A la manière d’un documentaire, Flee relate donc le parcours difficile de cet homme qui a fuit son pays avec sa famille pour rejoindre la Scandinavie, en passant entre autre par les mains de trafiquants d’êtres humains.

Utiliser l’animation pour un documentaire parait comme un choix évident quand on découvre le sujet : elle permet non seulement d’anonymiser ceux qui le souhaitent mais aussi de reconstituer visuellement l’histoire de ce jeune Afghan gay qui avait toutes les raisons de quitter son pays en guerre. Le « live » aurait nécessiter des images d’archive et des illustrations. Ici, il peut témoigner « face caméra » pour qu’on découvre ce qu’il a réellement vécu.

Alors, certes, l’animation est simpliste au possible mais Jonas Poher Rasmussen a quelques belles idées pour illustrer son sujet : intercaler quelques plans d’images d’archives, souvent de décors, juste pour poser les cadres et montrer quelques scènes façon crayonné, parfois à la limite de l’illisible : ce sont les passages les plus durs et dont le héros se souvient le moins.

Rasmussen prend aussi le parti d’être neutre. Flee se contente de dérouler son action. Le film n’a pas besoin d’être subjectif pour qu’on découvre toutes les horaires que le jeune Amin a rencontré. Son parcours se suffit largement à lui-même. Il en découle un long métrage jamais tire-larme, mais dont l’émotion reste palpable.

Récemment, plusieurs longs métrages se sont intéressés à l’Afghanistan : Parvana (sur une jeune fille), Les Hirondelles de Kaboul (sur deux couples), Ma Famille Afghane (sur une femme adulte) et désormais Flee. Étonnamment, chaque film se complète et aucun ne vient empiéter sur le sujet de l’autre. Et tous se révèlent aussi importants. Flee ne fait pas exception et mérite ses récompenses.

Flee, de Jonas Poher Rasmussen – Prochainement disponible

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