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Critique : Creed, l’héritage de Rocky Balboa

Cette année 2016 commence très fort. Entre les Salopards de Tarantino ou le Garçon et la Bête d’Hosoda (et quelques titres dont on vous reparlera bientôt dont le très joli Brooklyn avec Saoirse Ronan), on a de quoi en prendre plein les yeux pendant plusieurs semaines.

Mais sur le ring de la course aux Oscars se dresse un nouveau challenger, Creed avec Michael B. Jordan.

 

LA CRITIQUE

La période cinématographique actuelle est marquée et le sera encore par le retour de vieilles légendes, des dinosaures de Jurassic Park à Star Wars en passant par une nouvelle équipe de Ghostbusters. Plutôt que de rebooter complétement des sagas cultes, Hollywood vise désormais le film “passage de relai” où les vieux s’en vont pour laisser place aux plus jeunes. C’est dans cette catégorie que boxe, avec beaucoup de talent, Creed de Ryan Coogler.

Sous-titré en France “L’héritage de Rocky Balboa”, Creed s’intéresse au fils d’Apollo, célèbre adversaire du non moins émérite Rocky. Celui qui n’a jamais connu son père va pourtant découvrir avoir le combat dans le sang et vouloir marcher sur les traces de son paternel. C’est naturellement qu’il va faire appel à Balboa pour se faire entrainer étant donné que le boxeur de Philadelphie est sans doute le mieux placé pour cela. Vu son nom, il va tout aussi naturellement se faire “courtiser” par un champion anglais en quête d’un dernier match médiatisé.

Marcher sur les traces mais pas dans l’ombre, tel sera le défi d’Adonis fils d’Apollo, porté par un Michael B. Jordan totalement à fond dans le rôle. La finesse d’écriture du personnage par Ryan Coogler est intéressante : plutôt que de nous offrir les aventures du “fils de”, ce qui pose généralement des problèmes, le réalisateur également scénariste et à l’origine de ce spin off préfère s’intéresser à un vrai et digne successeur qu’il trouvera dans la progéniture du boxer nemesis de celui incarné par Stallone depuis 1976. Il sera donc question de filiation et de passage de relai à une nouvelle génération qui se cherche. Adonis doit-il porter le nom de son père et l’assumer ou tenter de se faire un nom propre ? C’est toute l’interrogation qui sera posée.

De fait, vu l’axe choisi, Sylvester Stallone passe du premier au second plan. Le comédien s’efface pour laisser toute la place à Michael B. Jordan mais ne tombe pas dans la facilité pour autant. Quarante ans après l’original, Sly démontre une nouvelle fois qu’il peut être un immense comédien quand il est impliqué par un personnage. Il livre donc ici, n’ayons pas peur des mots, sa meilleure performance depuis Copland de James Mangold sorti en 1997. A l’heure où ces lignes sont tapées, le comédien est en lice pour les Golden Globes (sa première nomination depuis … Rocky !) et devrait sans aucun doute être également dans la course aux Oscars. Des titres largement mérités.

La plupart des suites/reboots sont l’occasion de se jeter à bras ouverts dans le fan service. Ici, Coogler garde ses distance même si la comparaison avec le film original est inévitable et si les références aux affrontements Rocky/Apollo sont légion. Aidé par Maryse Alberti (The Wrestler) à la photo, le réalisateur soigne sa réalisation au point d’offrir quelques séquences particulièrement mémorables. On en retiendra deux : quand Adonis boxe dans le vide face à des images projetées de son père et lors du premier grand combat du long-métrage tourné en un époustouflant et très long plan séquence.

On a toujours tendance à se méfier de ses prolongations sans fin de vieilles franchises culte. Ca ne doit pas être le cas ici. Parti d’une bonne idée et porté par une équipe très impliquée, Creed est une franche réussite et sans doute le beau point de départ d’une nouvelle saga.

Creed de Ryan Coogler, en salles le 13 janvier 2016

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2 Comments

  • par thierry
    Posté samedi 9 janvier 2016 9 h 51 min 0Likes

    Oui, après un premier combat étonnamment filmé, on pouvait s’attendre à un combat final encore plus brillant… mais non.
    Le réal n’a pas su se détacher assez de la ref originale, c’est dommage.
    Mais c’est loin d’être un fan-film, comme le réveil de la force (surtout dans la première heure), et c’est agréable et touchant de retrouver Rocky dans sa vie d’après.
    A suivre..

  • par Rémi
    Posté samedi 9 janvier 2016 14 h 38 min 0Likes

    Ce film, a pour qualité de se détacher de la franchise Rocky, tout en gardant quelques points qui faisaient la force de la saga Rocky.

    Sylvester Stallone fait une remarquable prestation, pour ma part meilleur que le dernier Rocky, étant à la fois plus réaliste et plus touchante.

    Comme dit dans l’article “premier grand combat du long-métrage tourné en un époustouflant et très long plan séquence”, techniquement parfait, qui m’a fait frissonner tout le long !

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