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Critique : Black Adam

Quinze ans. C’est la durée totale qu’il a fallu à Dwayne Johnson pour sortir son Black Adam, entre la première annonce de casting et la sortie salles. Quinze ans pendant lesquels de l’eau a coulé sous les ponts en terme de super-héroïsme au cinéma. On ne doute donc pas que le projet a été rebooté, revu, corrigé et repensé pour finalement débarquer sur nos écrans.

Pour un résultat… aussi générique que possible.

Kahndaq. Des millénaires avant nous. Un gamin se rebellant contre le pouvoir en place est sauvé in extremis par des sorciers qui lui donnent le pouvoir de Shazam. Il devient alors Black Adam et disparait. des années plus tard, dans un pays devenu un croisement entre le Wakanda et l’Egypte, Black Adam est ramené à la vie par une jeune femme qui cherchait un artefact magique et qui allait se faire dézinguer par des méchants. Il va devoir alors trouver sa place. Héros ? Méchant ? Protecteur ? Destructeur ?

Dans la pratique, ces questions ne sont que survolées dans le film de Jaume Collet-Serra, un long métrage qui s’interroge brièvement sur la violence dans le monde des super-héros, Adam tuant tout ce qui bouge. Mais ce ne sont que quelques répliques vites balayées pour monter un film qui va à cent à l’heure, enchainant les scènes d’actions sans peu de temps mort.

Le début du long métrage est presque agréable. L’idée, vite abandonnée, de faire de Black Adam un personnage secondaire et de se focaliser sur la jeune aventurière était une tentative de quelque chose. Mais la machine DC se met vite en marche : il faut connecter le film à l’univers en place et inclure plein de personnages qui resserviront (ou pas ?) dans de prochaines franchises.
Passons sur Atom Smasher et Cyclone, deux personnages inutiles (et sans doute en partie coupés au montage final). Hawkman est correct et seul Pierce Brosnan tire son épingle du jeu en Docteur Fate. Non content d’avoir signé un contrat qui demande qu’il soit la plupart du temps à visage découvert, l’acteur s’amuse. Et même si son personnage a été simplifié au possible (où est Nabu ?).

L’écriture, elle, date d’une époque révolue. La quête d’un artefact magique, un grand méchant qui se transforme en monstre, un rayon lumineux qui déchire le ciel. Tous ces éléments, on les a déjà vu mille fois depuis plusieurs années. L’histoire aurait pu être réduite à un épisode de la série animé Justice League (qui a proposé mieux) tant on la connait déjà par coeur. Elle est d’autant plus ratée qu’elle est marquée par des erreurs. Où est passé l’Intergang censé dominer la ville ? Pourquoi le grand méchant est un nobody sorti de nulle part qui n’arrive qu’à la toute fin du film ?

Et tout cela est plombé par la bouillie numérique à laquelle DC et Warner nous ont « habitué » depuis quelques années. En voyant Jaume Collet-Serra singer Zack Snyder, jusque dans des ralentis à la « 300 » et la photo aux contrastes poussés, on se doute qu’on est devant un souci. Un problème renforcé par beaucoup trop de fonds verts et autres personnages numériques noyés dans des effets visuels qui rendent l’ensemble illisible. On repense aux heures sombres des fins de Wonder Woman et Batman v Superman où personne ne comprenait ce qui se passe à l’écran.

Il a porté ce projet pendant quinze ans à bout de bras. On attendait donc de Dwayne Johnson qu’il soit bien plus impliqué dans Black Adam que dans ses précédents longs. Mais l’acteur s’en fout tout autant. Son personnage est numérique dans la plupart des scènes d’action, lui se contentant de lever des sourcils et de prendre l’air méchant, se reposant en partie sur les seconds rôles. Un comble quand on sait le temps que son envie a pris.

Raté, Black Adam est d’autant plus scandaleux qu’il arrive après le superbe The Batman, aussi produit par DC/Warner. Reste à espérer que les changements à la tête de la firme aillent désormais dans le bon sens.

Black Adam, de Jaume Collet-Serra – Sortie en salles le 19 octobre 2022

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