Chez CloneWeb on aime les héros. On aime aussi les histoires. La plupart du temps, on parle d’eux lorsque l’actualité cinématographique le demande mais de temps en temps, on aime aussi s’attarder sur d’autres voies narratives surtout si celles-ci risquent tôt ou tard de finir sur grand écran.

À l’heure où l’industrie cinématographique adapte à tour de bras livres et bandes dessinées, nous avons souhaité mettre en avant certains ouvrages dont la lecture nous a paru très agréable en nous demandant si leur adaptation filmique serait réalisable ou pas.

Pour cela, nous avons mis au point le « taux d’adaptabilité ». Ce pourcentage purement subjectif ne prend pas en compte les contraintes visuelles (à l’heure des images numériques, c’est inutile) mais il estime si le propos, la narration, les thèmes abordés dans les ouvrages papier pourraient se retrouver sur un écran avec une portée ou un impact équivalent.

Les ouvrages choisis suivent nos coups de cœur et ne présagent aucunement de projets réels mais qui sait ? peut-être que des producteurs nous lisent et vont foncer sur nos recommandations !

Le but est simplement de vous présenter des histoires sympa, prenantes, passionnantes, drôles, émouvantes… qui vous permettront de passer un bon moment ou d’éveiller votre curiosité.

 

SOUVENIRS DE L’EMPIRE DE L’ATÔME

Le pitch :

L’histoire démarre en 1964, Paul, un écrivain de science-fiction d’une cinquantaine d’années, se promène dans des ruines aztèques au Mexique en compagnie de sa jeune fille, Anne. Après quelques instants, l’homme et l’enfant s’arrêtent pour faire une partie de memory sur une grande pierre. Ce jeu banal va jouer un rôle de déclencheur : les souvenirs de Paul remontent à la surface et nous assistons alors à l’histoire dont il fut l’enjeu au cours de la décennie précédente.

En effet, cet homme d’aspect quelconque, voire insignifiant s’est retrouvé au cœur d’une machination à très grande échelle puisqu’elle implique aussi bien les Américains, Les Russes, les Européens et… les extra-terrestres du futur ! Oui, car Paul, depuis son adolescence, est capable de communiquer télépathiquement à travers le temps et l’espace avec Zarth Arn, héros d’un lointain empire galactique.

Lorsque le Pentagone apprend l’existence de Paul et de ses capacités, ils vont tout faire pour mettre la main dessus. À moins que Zarth Arn n’intervienne…

 

Pourquoi c’est bien :

D’abord parce que c’est très bien écrit : autant au niveau de l’intrigue que de la narration ou que des dialogues, Thierry Smolderen livre un récit maîtrisé (on en se perd pas parmi les nombreux flashbacks), dense et soigné. Il réussit l’exploit de synthétiser des thématiques et des genres propres à une époque: les romans d’espionnage, la science-fiction, la psychanalyse, le consumérisme…

L’album est rempli de références à des auteurs tels que A. E. van Vogt, Edmond Hamilton, Alex Raymond et bien évidemment Cordwainer Smith qui a servi de modèle pour le personnage de Paul mais même si l’on a pas lu ces auteurs, l’histoire est captivante et compréhensible, poussant même à explorer cet univers littéraire.

Visuellement, Alexandre Clérisse adopte un style graphique qui correspond parfaitement à cette synthèse : le design des personnages, les codes couleurs, le découpage, tout, jusqu’à la maquette même de l’ouvrage participent à cette plongée dans les années 50.

Les références visuelles sont aussi légion : des films de la RKO aux affiches publicitaires en passant par le design des biens de consommation, l’architecture ou les costumes de théâtre d’avant-garde, Clérisse a pioché partout, et a réussi à s’approprier ces courbes et lignes typiques, produisant un ensemble cohérent et foisonnant.

Je ne m’attarderai pas plus longtemps sur l’ouvrage car beaucoup de choses ont déjà été écrites (et mieux), je souhaitais simplement le rappeler à vos mémoires et vanter à nouveau ses qualités. Et puis aussi parce que le 6 novembre prochain, le duo responsable de ce petit bijou réitère : au programme cette fois-ci, les années 60 avec une ambiance qui emprunte beaucoup à Diabolik, le fumetti culte. On salive d’avance !

Taux d’adaptabilité : 100 % (avec un sacré bon directeur artistique)

Forme de l’adaptation : long métrage

Réalisateur : Michel Gondry ou Alfonso Cuaron

Casting : Pierre Niney ou Michael Keaton dans le rôle de Paul, David Tennant ou Julian Sands dans le rôle de Zarth Arn

 

Liens utiles :
Le site : https://empiredelatome.wordpress.com/le-projet/
Articles : Du9 et Les Inrock

La bande-annonce :

1953 : Le Monde est entré dans l’âge de l’Atome, mais un homme s’interroge sur la civilisation qui l’entoure. Cet homme, c’est Paul – un écrivain de science fiction qui depuis son enfance vit en contact télépathique avec le héros d’une épopée galactique située dans un lointain futur.

Le cas de Paul devient célèbre à la suite d’un article. Gibbon Zelbub, consultant bien connu du Pentagone et de l’industrie américaine, commence alors à s’intéresser à lui. Dans un laboratoire du Vermont, “l’homme qui dialoguait avec le futur” va subir une expérience hypnotique qui lui fera commettre l’irréparable et briser l’honneur de son ami Zarth Arn, héros de l’Empire Galactique…

Dans ce roman graphique aussi surprenant que captivant, Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse se plongent avec délectation dans l’imagerie fluide et aérodynamique de la SF de des années 50. Très loin des parodies nostalgiques habituelles, ce récit chatoyant prend cependant la période au sérieux, et s’intéresse aussi bien aux sources du Zorglub de Franquin qu’aux techniques de persuasion utilisées dans les milieux publicitaires et militaires. S’inspirant d’un cas psychologique réel (qui a défrayé la chronique au milieu des années 50), l’intrigue tient à la fois de l’énigme psychiatrique et du space opera. Bel exemple d’un roman graphique contemporain exploitant toutes les possibilités de la forme, Souvenirs de l’Empire de l’Atome (144 pages, couleur) joue autant sur ses images brillamment évocatrices que sur son scénario aux zigzags imprévus pour emporter le lecteur dans un autre monde –au coeur d’un Âge de l’Atome, qui tour à tour nous enchante et nous glace d’effroi.

1 commentaire

  • Patrick JAMES dimanche 25 octobre 2015 10 h 31 min

    J’en ai découvert des choses, merci beaucoup!

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