BD : Alexandre Clérisse & Antoine Marchalot

Bien le bonjour amis internautes curieux et insatiables ! Suite de l’article consacré au festival d’Angoulême version 2020, voici aujourd’hui un petit focus sur deux auteurs jeunes et pleins de talent, à savoir Alexandre Clérisse et Antoine Marchalot !

 

Alexandre Clérisse

Bon, est-il encore besoin de le présenter ? Alexandre est un graphiste et dessinateur au style épuré, très géométrique qui s’est lancé en 2015 avec Thierry Smolderen dans une collection d’albums synthétisant 50 ans de pop culture. J’avais déjà rédigé un article sur le fabuleux Souvenirs de l’empire de l’atome (sur les années 50). Ont suivi L’été Diabolik (années 60-70) et enfin Une année sans Cthulhu (années 80). Outre ces récits d’une grande qualité, Alexandre Clérisse a aussi publié un recueil d’illustrations reprenant les filmographies de réalisateurs très célèbres tels Hitchcock, Burton ou Tarantino [ou encore Michel Gondry en haut de cet article et David Lynch ci dessous]

Cette année, une exposition reprenant une partie de ces travaux se tenait à l’hôtel du département d’Angoulême. On pouvait aussi y trouver une reconstitution du décor d’Une année sans Cthulhu, avec intérieur de café et borne d’arcade (l’histoire mêlant jeu vidéo, Lovecraft et jeu de rôle). Cette exposition était l’occasion de découvrir qu’Alexandre ne travaille pas que sur informatique et qu’il fait ses dessins et ses couleurs lui-même, à l’ancienne, à la peinture. L’exposition était accompagnée de conférences samedi et dimanche assurées par les auteurs eux-mêmes, preuve de leur disponibilité et de leur générosité. Comme le lieu d’exposition était un peu excentré, il y avait un nombre de visiteurs raisonnables et parmi eux, Pénélope Bagieu qui a vraisemblablement eu un coup de cœur

Bref, je ne peux que vous recommander chaudement la lecture de ces petits bijoux d’orfèvrerie bande-dessinesque.

 

Antoine Marchalot

Passons maintenant au cas Marchalot. Alors me direz-vous Marchalot, c’est qui, c’est quoi ?

Eh bien, Antoine Marchalot, sous des dehors de jeune auteur de bédé légèrement désabusé cache un trésor de créativité très rafraîchissant. Vous connaissez tous mon goût pour l’humour absurde dans le neuvième art… Ntttt, ne le niez pas, je sais que vous avez lu et goûté toutes mes chroniques sur Fabcaro et autres Geoffroy Monde, deux auteurs hilarants s’il en est. Eh bien à cette paire, j’adjoint le fringuant Antoine Marchalot qui n’œuvre pour l’instant que dans l’édition indépendante mais qui est certainement promis à un grand avenir. Et je ne suis pas le seul à le penser puisque le directeur artistique du festival lui a consacré une exposition cette année.

Le style Marchalot, c’est quoi ? Eh bien cela joue sur plusieurs niveaux : du comique de situation, des dialogues surprenants, du décalage entre texte et dessin et surtout une esthétique unique, parfois à la limite de l’abstrait ou du cubisme avec des personnages complétement déformés qui vivent pourtant des situations banales.

Et pour cette expo, l’auteur a poussé sa démarche jusqu’au bout en jouant avec les codes traditionnels d’une exposition. Les visiteurs devaient donc lire attentivement les cartons explicatifs des œuvres présentées pour y découvrir des explications toujours décalées suscitant joie et hilarité. D’ailleurs, avant de démarrer la visite, un « manuel de bande dessinée » était à consulter afin de faire une mise au point sur ce qui était à voir et comment le voir (avec des conseils très utiles tel : « N’oubliez pas de mettre votre chemise bien dans le pantalon avant de lire la bande dessinée »).

Les œuvres d’Antoine Marchalot sont éditées chez des éditeurs indépendants comme Les requins marteaux ou Arbitraire, n’hésitez donc pas à secouer votre libraire ou votre responsable de médiathèque pour qu’il/elle commande ces beaux ouvrages qui valent leur pesant de dragibus !

 

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