C’est aujourd’hui que le film de Zach Snyder d’après la bande dessinée de Dave Gibbons et Alan Moore. Avant que vous ne vous jetiez dessus, voici le détail des DVD. Voici également la critique du film par Basile que vous avez peut-être déjà lu ainsi que, en bonus, la mienne peut-être un peu moins polémique. L’occasion de relancer le débat sur les problèmes liés à l’adaptation ? Ou pas si vous êtes tous fans absolus du film…

Watchmen en DVD
Edition Simple :
Bonus : Zoom sur les effets spéciaux
Caractéristiques techniques : Français et anglais Dolby Digital 5.1 / Format : 16/9e Anamorphic / Durée : environ 163 min
Prix de vente conseillé : 19,99€ TTC

Edition Collector – boitier métal
Bonus (environ 110 min)
– Zoom sur les effets spéciaux
– Phénomène : le comics qui a révolutionné la BD
– Webisodes
– Vidéos virales
Caractéristiques techniques : Français et anglais Dolby Digital 5.1 / Format : 16/9e Anamorphic / Durée : environ 163 min
Prix de vente conseillé : 24,99€ TTC

Edition Blu Ray
Bonus (environ 110 min)
– Zoom sur les effets spéciaux
– Phénomène : le comics qui a révolutionné la BD
– Webisodes
– Vidéos virales
Caractéristiques techniques : Français et anglais Dolby Digital 5.1 Tru HD / Format : 16/9e Anamorphic /
Durée : environ 163 min
Prix de vente conseillé : 29,99€ TTC

Les Contes du Vaisseau Noir
En parallèle de la sortie de Watchmen, Paramount Home Entertainment distribue le même jour et pour la première fois Les Contes du Vaisseau Noir. Un DVD qui présente Les Contes du Vaisseau Noir, une histoire complètement inédite qui s’intègre dans le récit de Watchmen.
Cette histoire inédite au cinéma est en effet présente dans la bande dessinée originale, métatexte lu par un personnage de l’univers créé par Moore et Gibbons, métaphore du chemin emprunté par Adrian Veidt.

Bonus : environ 60 min
– L’histoire dans l’histoire
– Un making-of de Sous le Masque et du dessin animé Les Contes du Vaisseau noir
– Le chapitre 1 en Motion Capture de la bande dessinée Watchmen
Caractéristiques techniques : Français et anglais Dolby Digital 5.1 Tru HD / Format : 16/9e Anamorphic
Prix de vente conseillé : 14,99€ TTC


 

Ma critique
Watchmen, c’était bien. Mais vide (je pique le terme à Basile, il convient parfaitement).
C’était bien parce que c’est sympathique de voir à l’écran des héros d’une bonne BD surtout quand c’est bien fait. J’avoue, j’ai eu un gros frisson en attendant “Journal of Rorschach” la première fois. C’était bien aussi parce que c’est un copié collé d’une BD géniale. Donc, puisque c’est la réplique exact, bah c’est vachement bien.
Mais le problème est le même : c’est un copié collé d’une BD géniale. Du coup, ça n’apporte pas d’émotions, rien de nouveau, on regarde le film et c’est sympathique mais on n’est jamais complétement dedans comme dans un Iron Man (voir un Dark Knight).
En détails, maintenant.
– Ce qui va : Rorschach, parfait (l’acteur sous le masque est tellement ressemblant au dessin de Gibbons…). Manhattan est bien. Malin Ackerman est délicieuse.
– Ce qui ne va pas : l’abondance de sang, la violence et les ralentis accélérés dans les scènes d’action. Ca marche dans 300 mais pas là. Les choix musicaux aussi. All Along the Watchtower date de 1967, The Times They Are a-Changin’ c’est 1964. Donc si c’est censé faire 80s, c’est loupé. Et je ne parle pas de Wagner au Vietnam, qui mérite un smiley “tête dans les mains”. Les combats ultra chorégraphiés sont mal foutus aussi.
Bref, je conçois que ça plaise aux non lecteurs et forcément puisque c’est directement calqué sur une des meilleurs BD au monde. Le lecteur que je suis a trouvé ça sympathique mais je ne suis jamais rentré dans le film. Snyder échoue là où Peter Jackson réussit avec le Seigneur des Anneaux : il est inventif tout en restant respectueux. Les seuls moment où Snyder tente de l’être, c’est pour enfoncer le clou et faire comprendre au spectateur débile ce qui se passe (je pense à la scène de sexe, manifestement rallongée pour faire vraiment comprendre l’image du lance flamme sortant du vaisseau).
Ca reste cependant à voir quand on a lu la BD, ne fusse que par curiosité.

 

La longue critique de Basile
Semi échec.
Étant donné mon cas personnel (Watchmen est mon sujet de mémoire), je dois scinder ma critique en deux parties. Et je commencerai avec la plus désagréable, l’adaptation en elle même. Je n’attendais pas de miracles, c’est raté. Si on se contente d’une lecture rapide de Watchmen (ou de lointains souvenirs), cela semble absolument parfait. Nul doute que le film plaira aux geeks qui brandissent l’œuvre de Moore et Gibbons comme un totem de légitimité pour les lettres de noblesse du comic book.
Hélas, la seule façon de restituer et de transmettre la richesse de Watchmen, c’est bien de lire la bande dessinée. Le diable est dans les détails mais le génie aussi et toutes ces petites omissions, qui sont nécessaires lorsqu’on se lance dans une adaptation, affaiblissent la structure initiale et privent le film de la substance si dense et si riche que l’on trouve dans la bd.
Un casting rajeuni de 10 ans et toute la thématique de la crise de la quarantaine (et plus généralement du vieillissement) passe à la trappe. Le script et certains acteurs aboutissent à de véritables contre sens sur des personnages clés comme Ozymandias (qui n’a plus rien du superbe héros solaire).
Snyder avait martelé son désir d’ancrer le film dans les années 80 mais voilà qu’il modifie un des points de l’uchronie et en fait pratiquement le pivot scénaristique du film : crise du pétrole, que viens-tu faire là ?!? Bien sûr, il fallait s’y attendre mais cela en devient presque rageant lorsque le film arrive, au détour d’un dialogue inédit entre Ozymandias et le Hibou, à mettre le doigt sur une question essentielle présente dans le livre. Hélas, cet instant fugace n’arrive pas à effacer le vide consternant de cette coquille de 2h40.

Parlons en maintenant de la coquille. Car il s’agit avant tout d’un film, et donc destiné à être jugé en tant que tel. Sur cet aspect, je serai plus indulgent : il n’y a rien de véritablement honteux. L’ouverture du film (par le biais de la télévision) et le générique sont même de très bonnes idées, pertinentes sur la forme et bien exécutées.
Après cela se gâte. Toutes, je dis bien, toutes les scènes d’action usent et abusent de slow-motion. C’est bien simple, on est revenu dans le 300 de Snyder. Et là où la bd offraient des scènes d’action sobres et concises (car l’essentiel n’était pas là), le film fait durer les bastons avec insistance. On doit faire exploser un caisson de basses à chaque coup de poing. Rajoutons à cela que Snyder s’efforce de chercher les plans iconiques au lieu de raconter son histoire : et hop on veut reproduire à l’identique une case de la bd, ou bien on s’acharne à faire du Hibou un poseur de première, pour flatter les bas instincts.
Poseur, le film l’est résolument, et pour le coup c’est une trahison complète avec l’esprit du scénario. J’en reviens à ce que je disais sur l’adaptation ratée mais il est important de souligner que le respect de la symbolique en prend un coup. On tombe parfois dans le ridicule, avec cette scène de coït entre Laurie et Dan dont certains plans se trouvent à l’identique dans 300, le tout étant sublimé par une chanson dont la présence me semble douteuse. La bande son du film, voilà un autre gros morceau. Le choix des chansons donne l’impression d’avoir affaire à un étudiant en première année de cinéma. Snyder voulait à tout prix restituer une ambiance 80s mais on finit par frôler la parodie en entendant ces morceaux usées jusqu’à la moelle (La Chevauchée des Walkyries sur une scène pendant la guerre du Viêtnam…) ou tout simplement trop iconiques pour être intégrés sur des segments parfois anecdotiques. J’adore absolument toutes les chansons entendues dans le film mais il n’y a guère que celles de Nat King Cole et de Dylan au début qui sont utilisées avec intelligence. Le reste forme un patchwork peu original qui suggère que Snyder n’a pas su discipliner son envie de mettre toutes les chansons qui lui plaisaient.

Que faut-il retenir de ce déversement de fiel ? Watchmen le film n’est pas la monstruosité absurde à laquelle je m’attendais. Je n’en veux pas à Snyder, même si pour moi l’adaptation était une mauvaise idée, il y a un amour sincère pour l’œuvre originale derrière ce film (avec des maladresses évidentes comme le découpage parfois artificiel qui veut restituer l’exacte structure des chapitres 5 et 6). Je ne peux pas fermer les yeux sur ce qui s’avère être une lecture superficielle d’un chef d’oeuvre qui m’est cher mais en termes cinématographiques, c’est tout de même moins imbécile que The Dark Knight. Le film ne fait preuve d’aucune subtilité (scènes d’actions, de sexe et bande son) mais il n’en demeure pas moins honnête, en tant que solide divertissement. Disons que ça vaut la moyenne. Mais ça n’est pas Watchmen, pas même quelque chose d’approchant, car Watchmen n’est pas un simple divertissement

4 commentaires

  • Misutsu mercredi 9 septembre 2009 14 h 43 min

    Ooooh nooon pas Watchmen, pas encore, nooooooon !!! ….. vais quand même m’intéresser à ces Contes du Vaisseau Noir tiens.

  • The_Geek59 mercredi 9 septembre 2009 20 h 54 min

    Moi je veux le détail et les visuels de l’édition ultimate qui sort en décembre…

  • cloneweb jeudi 10 septembre 2009 9 h 15 min

    Pas en France.
    Si ?

  • Sir_carma jeudi 10 septembre 2009 16 h 34 min

    Très bonnes les critiques. J’approuve !

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